Dossier Egypte 9
11-02-25 - Comédie
11-02-12 - Le Figaro -- Les Egyptiens ont fêté toute la nuit le départ de Moubarak
Les Egyptiens ont fêté toute la nuit le départ de Moubarak
Par Le Figaro
Publié le 11/02/2011 à 14:45, Mis à jour le 12/02/2011 à 14:46
MINUTE PAR MINUTE - Après plus de deux semaines de contestation, le président égyptien a remis vendredi le pouvoir à l'armée. Les militaires commencent samedi à enlever les barricadesautour de la place Tahrir au Caire.
#8226; Le vice-président Souleiman annonce qu'Hosni Moubarak quitte la présidence et remet le pouvoir à l'armée.
#8226; L'armée salue la mémoire des martyrs et assure qu'elle ne veut pas se substituer à «la légitimité voulue par le peuple»
#8226; Un haut responsable confirme qu'Hosni Moubarak et sa famille ont quitté le Caire pour la station balnéaire de Charm el-Cheikh
#8226; La Suisse annonce avoir gelé des avoirs qui pourraient appartenir à Hosni Moubarak
13h47 : 600 prisonniers se sont échappés samedi d'une prison du Caire après des émeutes, et plusieurs personnes ont été tuées ou blessées. Il s'agit de la deuxième évasion en masse de la prison de Marg depuis les premiers jours de la révolte populaire qui a débuté le 25 janvier, au cours desquels des postes de police et des prisons ont été attaqués.
13h33 : Des centaines de policiers égyptiens ont manifesté à Ismaïliya, grande ville située sur le canal de Suez, pour protester contre la corruption dans leurs rangs et en accusant leurs supérieurs de leur avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants.
13h03 : Le départ d'Hosni Moubarak «ouvre une page nouvelle pour l'Egypte», a estime François Fillon, qui salue une «décision courageuse qui répond aux fortes aspirations du peuple égyptien à la démocratie, à la liberté, à la dignité»
12h45 : L'armée égyptienne, en charge de la gestion du pays depuis la démission vendredi du président, aallège de quatre heures le couvre-feu en vigueur au Caaire, à Alexandrie et à Suez. Le couvre-feu commence à minuit au lieu de 20 heures. L'armée a également interdit aux ex-ministres, à plusieurs hauts responsables et dirigeants de sociétés de prendre l'avion et quitter le pays sans autorisation du procureur de l'Etat ou des forces armées. L'ouverture d'enquêtes en corruption contre des caciques du régime faisait partie des revendications des manifestants.
8h08 : L'armée égyptienne enlève les barricades et barbelés autour de la place Tahrir au Caire, épicentre de la révolte qui a fait tomber le président Hosni Moubarak. Elle est aidée dans ses efforts par des civils qui nettoyaient la place. Ce début de normalisation a provoqué un débat parmi la foule. «Il y a plusieurs camps. Certains disent qu'il faut rester, d'autres disent qu'on a obtenu ce qu'on voulait et qu'il faut rentrer chez soi. D'autres encore disent qu'il faut partir, et que l'on pourra revenir si nécessaire», a expliqué un médecin travaillant dans les Emirats, revenu au Caire pour participer aux manifestations.
Quelques milliers d'Egyptiens euphoriques étaient toujours rassemblés à l'aube sur la place Tahrir. Crédits photo : Emilio Morenatti/AP
6h27 : Quelques milliers d'Egyptiens euphoriques étaient toujours rassemblés à l'aube sur la place Tahrir. Certains avaient la voix enrouée tellement ils avaient crié de joie après l'annonce du départ du président égyptiens. Un groupe de jeunes dansaient, arborant des drapeaux égyptiens et arrêtant les voitures pour féliciter les conducteurs. «Ô matin de la victoire», s'écriait l'un d'eux avec un grand sourire.
5h27 : Réaction prudente de la Chine. Pékin espère un retour de «la stabilité et de l'ordre public aussi vite que possible» en Egypte. La presse officielle chinoise a également insisté sur la nécessité de «restaurer la stabilité» dans le pays.
21h15 : L'Egypte «ne sera plus jamais la même» car le peuple a parlé et réclame «une démocratie authentique», déclare Barack Obama. Le président américain appelle l'armée à assurer une transition «crédible aux yeux du peuple égyptien». Il invite également les nouvelles autorités à honorer les accords de pais avec Israël.
21h : Le gouvernement tunisien «salue la lutte et les sacrifices» du peuple égyptien et «le rôle de l'armée égyptienne dans la protection du pays et des Egyptiens au cours des difficiles dernières semaines».
20h26 : Des milliers de Yéménites descendent dans les rues de Sanaa la capitale pour célébrer le départ de Moubarak. En Cisjordanie, des centaines de Palestiniens manifestent leur joie en arborant des drapeaux égyptiens et palestiniens.
» La chute du raïs fêtée dans tout le monde arabe
20h18 : Le Hezbollah libanais félicite les Egyptiens pour leur «victoire historique». La démission du chef de l'État égyptien a été saluée dans les rues de Beyrouth par des concerts de klaxons et des feux d'artifice.
Des feux d'artifice ont été tirés place Tahrir. Reuters
20h15 : Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen salue le départ du président égyptien et se dit convaincu que le pays demeurerait «une force pour la stabilité et la sécurité» dans la région.
19h52 : Le bilan des affrontements entre manifestants et policiers à El-Arich, dans le Sinaï, est désormais de cinq morts et une quarantaine de blessés. Cet après-midi, plusieurs centaines de personnes armées de bombes incendiaires avaient pris d'assaut le commissariat de police local afin de libérer des prisonniers.
19h42 : L'allocution de Barack Obama, prévue à 19h30, a été repoussée à 21h, heure de Paris.
19h40 : La tension monte en Algérie, à la veille d'une grande marche pour «changer de système». Plusieurs personnes ont été blessées et 10 interpellées à Alger alors qu'il saluaient «spontanément» la chute du président égyptien Hosni Moubarak.
19h33 : Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy «salue le moment historique que vit l'Égypte». «La France rend hommage à (la) décision courageuse et nécessaire» de Hosni Moubarak. «Elle espère ardemment que les nouvelles autorités égyptiennes prendront les mesures conduisant à l'établissement d'institutions démocratiques issues d'élections libres et transparentes», ajoute le chef de l'Etat.
«La France appelle tous les Égyptiens à poursuivre sans violence leur marche vers la liberté, qu'elle soutient avec amitié et à laquelle elle est prête à apporter tout son concours. Elle espère ardemment que les nouvelles autorités égyptiennes prendront les mesures conduisant à l'établissement d'institutions démocratiques issues d'élections libres et transparentes.»
19h30 : Dans une allocution télévisée, un représentant du conseil suprême des forces armées salue «la mémoire des martyrs qui sont tombés». L'armée «assure qu'elle ne sera pas une alternative à la légitimité voulue par le peuple», indique l'armée. «Tenant compte des revendications de notre grand peuple qui souhaite des changements radicaux, le conseil suprême des forces armées étudie (ces revendications) et publiera plus tard des communiqués qui préciseront les mesures qui vont être prises».
19h24 : A Paris, plusieurs centaines de personnes, la plupart des jeunes d'origine égyptienne, sont toujours rassemblées sur l'esplanade des Invalides pour célébrer la démission du président égyptien Hosni Moubarak. Ils dansent, sautent de joie, s'embrassent et brandissent des drapeaux égyptiens.
19h21 : Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, salue le «changement historique» en Egypte et appelle au «consensus national».
19h20 : La ministre espagnole des Affaires étrangères Trinidad Jimenez appelle à une transition «rapide et pacifique» vers la démocratie en Egypte.
19h12 : «La voix du peuple égyptien a été entendue», se félicite le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon après la démission du président égyptien.
19h11 : Dans un communiqué, le conseil suprême des forces armées reconnaît «la gravité et le sérieux» de la situation.
Feu d'artifice dans le ciel de la place Tahrir. Crédits photo : MARCO LONGARI/AFP
18h50 : Les scènes de liesse se poursuivent place Tahrir. Des feux d'artifice ont été tirés. Devant le siège de la télévision publique, où des manifestants s'étaient rassemblés dans la journée, les révolutionnaires serrent les mains des soldats qui avaient été déployés pour protéger le bâtiment.
18h44 : Le premier ministre britannique David Cameron estime qu'il faut «aller vers un gouvernement civil et démocratique» en Egypte. L'Elysée, deux heures après l'annonce de la démission de Hosni Moubarak, n'a toujours pas réagi.
18h42 : Les réactions se succèdent. Les Frères musulmans, principale force de l'opposition en Egypte, saluent «l'armée qui a tenu ses promesses» et le «combat» des Egyptiens. De son côté, Mohamed ElBaradei estime que «la vie recommence pour nous».
18h40 : La Suisse annonce avoir gelé des avoirs qui pourraient appartenir à Hosni Moubarak.
18h33 : Le ministre de la Défense, Mohamed Tantaoui, salue la foule amassée devant le palais présidentiel.
18h25 : Beyrouth accueille avec des concerts de klaxons et des feux d'artifice l'annonce de la démission de Hosni Mouabarak. Le Hezbollah félicite le peuple égyptien pour sa «victoire historique»
18h22 : Le vice-président américain Joe Biden salue «un jour historique» en Egypte et affirmé que la démission du président Hosni Moubarak devait mener à terme à la démocratie dans ce pays.
18h09 : La démission du président égyptien constitue «un changement historique», déclare Angela Merkel. La chancelière allemande attend de l'Egypte le respect du précise traité de paix avec Israël.
18h02 : L'Iran estime que les Egyptiens ont obtenu une «grande victoire».
» Lire toutes les réactions
17h56 : L'informaticien de Google Waël Ghonim, devenu un cybermilitant icône du soulèvement en Egypte, écrit sur son compte Twitter: «Félicitations à l'Egypte, le criminel a quitté le palais».
17h55 : Des dizaines de personnes sont rassemblées place des Invalides, à Paris,pour célébrer le départ de Moubarak.
17h50: Barack Obama s'exprimera à 19h30 heure de Paris sur la situation en Egypte. «Le président a été informé de la décision du président Moubarak de démissionner alors qu'il était en réunion dans le Bureau ovale. Il a alors suivi les événements à la télévision», a indiqué la Maison blanche.
17h43 : Les scènes de liesse se multiplient à travers la bande de Gaza. Le Hamas a salué la démission du président égyptien comme «le début de la victoire de la révolution».
17h40 : Une explosion de joie a retenti à Tunis quelques minutes après l'annonce du départ du président égyptien. Toute l'avenue Bourguiba, haut-lieu des manifestations qui ont fait tomber le président Ben Ali, retentissait de cris de joie et des petits groupes de gens se mettaient spontanément à danser à l'annonce de la nouvelle.
17h37 : Israël espère que la période de transition qui s'ouvre en Egypte se fera «sans secousse».
17h29 : La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton salue la démission du président égyptien qui «a écouté la voix du peuple égyptien» et ouvre ainsi la voie à des «réformes plus rapides et plus profondes».
Omar Souleiman annonce à la télévision le départ de Hosni Moubarak. Crédits photo : -/AFP
17h20 : «C'est le plus beau jour de ma vie», réagit Mohamed ElBaradeï. «Le pays a été libéré de décennies de répression», a-t-il ajouté, disant espérer une «belle» transition.
17h03 : Le vice-président Omar Souleiman annonce la démission de Hosni Moubarak. Les manifestants ont explosé de joie à l'annonce du départ du président. «Le peuple a fait tomber le régime! le peuple a fait tomber le régime!», scande la foule. Certaines personnes se sont évanouies sous le coup de l'émotion.
16h39 : Le secrétaire général du parti au pouvoir en Egypte, Hossam Badrawi, nommé il y a à peine quelques jours, va démissionner, indique l'un de ses proches. Sur la chaîne de télévision privée Al Hayat, il a jugé indispensable l'apparition de nouvelles formations politiques correspondant au changement des mentalités et à l'évolution des idées.
16h27 : Un haut responsable américain assure que le départ du président Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh constitue «une première étape positive».
16h22 : Un manifestant a été tué lors d'un échange de tirs avec les policiers à Al-Arich dans le Sinaï . Un millier de manifestants ont lancé des bombes incendiaires sur un poste de police et mis le feu à des véhicules. Leur objectif était apparemment de libérer des détenus.
16h08 : Deux hélicoptères décollent du palais présidentiel d'Ittihadia.
15h46 : La présidence égyptienne va diffuser sous peu un communiqué «important et urgent», annonce la télévision d'Etat.
15h28 : Ils sont désormais plus de 3000 amassés devant le palais présidentiel d'Itthadia, à Héliopolis, dans la banlieue du Caire. Il s'agit de la principale résidence de Hosni Moubarak.
15h03 : Une source officielle confirme la présence d'Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh, sur les bords de la mer Rouge. Il a été accueilli à l'aéroport par le gouverneur local. Il y possède une résidence secondaire et y séjourne régulièrement.
14h50 : Plus d'un million de personnes manifestent à travers l'Egypte. Au Caire, des milliers de manifestants se dirigent vers le palais présidentiel et le siège de la télévision d'Etat.
14h35 : Le député travailliste israélien Benjamin Ben Eliezer affirme que Hosni Moubarak lui a dit, au cours d'une conversation téléphonique jeudi soir peu avant son allocution télévisée, qu'il cherchait «une porte de sortie honorable». «Il sait que c'est fini, que c'est la fin de la route», a dit Ben Eliezer à la radio militaire. Ce dernier est considéré comme le responsable israélien le plus proche de Moubarak.
14h15 : Hosni Moubarak aurait quitté Le Caire pour une destination inconnue avec sa famille. C'est ce qu'a affirmé à l'Agence France-Presse une source proche du gouvernement, sous le couvert de l'anonymat. Cette source a refusé de préciser s'ils avaient quitté l'Égypte ou gagné la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï, où le président a une résidence.
13h15: Près de 300 Jordaniens et Egyptiens se rassemblent devant l'ambassade d'Egypte à Amman en signe de soutien au peuple égyptien. Au centre-ville, 150 universitaires jordaniens se sont également rassemblés après la prière pour soutenir «la révolution égyptienne». Ils réclament en outre la chute du gouvernement jordanien.
11h19 : Le service en persan de la BBC-télévision est brouillé depuis jeudi soir depuis l'Iran, annonce la chaîne britannique. Elle attribue cette interruption à sa couverture de la crise politique en Egypte.
11h18 : Trois soldats de l'armée ont abandonné leurs armes et leurs uniformes pour se joindre aux manifestants anti-régime dans le centre du Caire, selon des témoins. «Ils se sont joints à la foule en souriant et ont chanté des slogans pour que le régime tombe».
10h51 : Dans un communiqué lu à la télévision d'État, l'armée affirme qu'elle se porte garante des réformes promises par Hosni Moubarak. Elle promet d'organiser une élection présidentielle libre et juste d'ici à la fin de l'année. Dans son communiqué, le conseil suprême des forces armées «souligne la nécessité d'un retour au travail dans les établissements de l'Etat et le retour à la vie normale».
Au moment où le communiqué des militaires était lu sur la télévision d'Etat, un colonel de l'armée égyptienne a lu le même message à voix haute devant le palais présidentiel au Caire. Les manifestants rassemblés devant le palais lourdement gardé, dont la plupart espéraient obtenir le ralliement de l'armée, ont laissé éclater leur colère en apprenant la position des militaires, et l'un d'entre eux a arraché le micro des mains de l'officier pour protester.
9h42 : Un ouvrier égyptien travaillant pour le compte de l'ambassade américaine au Caire a été tué durant les violences qui ont émaillé les manifestations antigouvernementales dans le pays, annonce la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton. Un diplomate américain basé au Caire affirme que la famille du menuisier, porté disparu le 28 janvier, l'a retrouvé à la morgue. «Ils pensent qu'il a été tué après avoir été atteint de trois balles», précise le diplomate.
9h33 : Le Proche-Orient sera «bientôt débarrassé des Etats-Unis et d'Israël», affirme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un discours célébrant le 32e anniversaire de la révolution islamique de 1979.
8h56: Les manifestants affluent par dizaines de milliers place Tahrir au Caire pour faire de vendredi une journée de mobilisation massive contre le président Moubarak.
8h30 : La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie propose sur France 2 que la France accompagne l'Egypte dans sa période de transition. Interrogée sur les appels à la démission implicites émanant de Washington, la ministre a souligné qu'il fallait «être respectueux». «La démocratie, le respect de l'autre, ce n'est pas de dire 'voilà qui doit vous diriger ou voilà comment cela doit se faire'», a-t-elle insisté. À la question de savoir si c'est ce que font les Américains, elle a répondu: «C'est en tout cas ressenti comme tel dans certains pays».
8h22 : Le conseil suprême des forces armées égyptiennes va adresser un «important communiqué au peuple», annonce l'agence officielle Mena.
7h55 : Le discours de Moubarak n'a pas répondu à la crise en Égypte, estime Human Rights Watch. «Le discours de Moubarak est loin de la rupture nécessaire avec le système abusif de ces 30 dernières années», a affirmé Kenneth Roth, le directeur exécutif de l'ONG basée à New York qui accuse l'armée de défendre un régime «répressif».
1h54 : Barack Obama estime que le transfert de pouvoirs annoncé par Hosni Moubarak n'est pas «suffisant», appelant le Caire à tracer un chemin «sans équivoque» vers la démocratie. Dans un communiqué au ton très ferme, dans lequel le nom de Moubarak n'est pas cité une seule fois, le président américain a aussi mis en garde contre tout recours par les autorités du Caire à la violence.
(Avec agences)
Les faits marquants de la journée de jeudi :
Hosni Moubarak a annoncé le transfert de ses pouvoirs au vice-président Omar Souleiman, sans pour autant annoncer sa démission. Ce dernier a à son tour pris la parole pour demander aux manifestants de rentrer chez eux. L'annonce du maintien de Moubarak a provoqué jeudi soir la fureur des manifestants, place Tahrir, au Caire.
Barack Obama estime que ce transfert de pouvoirs n'est «pas suffisant» et juge que Moubarak ne s'est pas adressé clairement à l'Egypte et au monde, alors que d'autres capitales appelaient à une transition immédiate du pouvoir.
L'ambassadeur égyptien aux Etats-Unis Sameh Choukri a affirmé sur CNN qu'Omar Souleimane est désormais le «président de facto» de l'Égypte.
En France, Nicolas Sarkozy a brièvement commenté les événements égyptiens, déclarant qu'il était «inéluctable que l'Égypte change et trouve la voie de la démocratie», et a assuré que «la France l'y aidera».
11-02-12 - Le Figaro -- 600 prisonniers s'évadent au Caire
600 prisonniers s'évadent au Caire
AFP
12/02/2011 | Mise à jour : 13:54 Réactions (5)
Quelque 600 prisonniers se sont échappés d'une prison du Caire après des émeutes, et plusieurs personnes ont été tuées ou blessées, a-t-on appris auprès des service de sécurité égyptiens.
Ces sources n'ont pas précisé le nombre des victimes, ni indiqué s'il s'agissait de gardes, de prisonniers ou d'attaquants venus de l'extérieur. Il s'agit de la deuxième évasion en masse de la prison de Marg depuis les premiers jours de la révolte populaire qui a débuté le 25 janvier, au cours desquels des postes de police et des prisons ont été attaqués.
Les forces armées et la police ont pu arrêter plus d'un millier de personnes qui s'étaient échappées, selon ces sources.
11-02-12 - Libération -- Fêtes de départ de Tunis à Sanaa
Fêtes de départ de Tunis à Sanaa
Des manifestations ont salué la chute de Moubarak dans le monde arabe.
Par MARC SEMO
Les Tunisiens, qui donnèrent le coup d’envoi à ce printemps arabe en renversant Ben Ali, ont fêté dans la rue de la capitale le départ du raïs égyptien. «C’est formidable, deux dictateurs sont tombés en moins d’un mois», exultait un étudiant sur l’avenue Bourguiba, envahie d’une foule hérissée de drapeaux tunisiens et égyptiens et dansant de joie au milieu des concerts de klaxon. «Ô peuple d’Algérie, révolte-toi contre Bouteflika», criaient des groupes de manifestants alors même que plusieurs mouvements d’opposition ont appelé à manifester samedi dans les rues d’Alger, où ont été déployés plus de 30 000 policiers.
Liesse. Mais déjà, vendredi soir, la police a dispersé violemment des petits groupes qui saluaient «spontanément» la chute du président égyptien devant le siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie. Dans l’est du pays, près de la frontière tunisienne, un chômeur de 36 ans, qui s’était immolé par le feu il y a dix jours, est mort hier. C’est le quatrième en un mois.
«Le monde arabe connaît un tournant historique et nous espérons que les peuples arabes partout pourront vivre comme des citoyens et non plus comme des sujets», a déclaré Ahmed Brahim, le ministre tunisien de l’Enseignement supérieur du gouvernement de transition. Victoire de la démocratie pour les Tunisiens, comme pour nombre d’intellectuels, la fin de Moubarak, allié privilégié de Washington et garant d’une paix réelle même si froide avec Israël, est célébrée avec autant de liesse par les capitales les plus radicales du monde arabo-musulman. Irréductible adversaire du raïs, le Hamas a salué sa démission comme «le début de la victoire de la révolution», tandis que des scènes de liesse se déroulaient à travers toute la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste palestinien. Il a aussi appelé les nouvelles autorités égyptiennes «à lever immédiatement le siège de Gaza». Au Liban, alors que des feux d’artifices zébraient la nuit de Beyrouth dans les quartiers sud, fief du Hezbollah, le mouvement islamiste chiite saluait «la victoire historique» du peuple égyptien.
A Téhéran, les dirigeants de la République islamique exultent. «On verra bientôt un nouveau Proche-Orient sans les Américains et sans le régime sioniste, et dans lequel les oppresseurs n’auront aucune place», avait lancé le président Mahmoud Ahmadinejad dans un discours messianique prononcé dans la matinée, avant la démission du raïs égyptien, devant une foule rassemblée à Téhéran pour commémorer le 32e anniversaire de la révolution.
Chute. L’onde de choc des révolutions tunisienne puis égyptienne continue à parcourir le monde arabe. En Jordanie, 300 Jordaniens et Egyptiens se sont rassemblés devant l’ambassade d’Egypte à Amman aux cris de «Moubarak, l’histoire te maudira». Au centre-ville, 150 universitaires jordaniens se sont également rassemblés après la prière pour soutenir «la révolution égyptienne». Ils ont en outre réclamé la chute du gouvernement jordanien.
Au Yémen, des milliers de personnes ont célébré à Sanaa le départ du président égyptien, demandant à leur tour «la chute du régime».
11-02-12 - Libération – Tahrir, l'Egypte démocratique avant l'heure
Tahrir, l’Egypte démocratique avant l’heure
Reportage
Dix-huit jours durant, les occupants de la place cairote, déterminés, ont eu un comportement exemplaire.
Par LUC PEILLON Envoyé spécial au Caire
Le lieu est assez laid, mais depuis deux semaines, c’est le plus bel endroit d’Egypte. Midan Tahrir, ou la «place de la Libération», au centre du Caire, est devenue, depuis sa conquête le 28 janvier par les opposants au régime, le cœur géographique et intellectuel de la révolution. Une microsociété, régie par ses propres règles.
C’est sur cette esplanade, débarrassée des voitures, qu’ont débarqué au fil des jours tous ceux qui ont abandonné leur travail, leur famille, certains venus de Louxor ou du Delta, leur couverture sous le bras et quelques billets en poche, avec la ferme intention de «rester jusqu’au départ de Moubarak». C’est sur son rond-point central recouvert de pelouse que sont dressées les tentes et posés les tapis de ceux qui y dorment, mangent, s’engueulent, s’embrassent, rient et pleurent depuis dix-huit jours. C’est sur son sol que se tiennent, du matin au soir, les débats permanents et les meetings sauvages qui ont forgé l’esprit de la contestation. C’est sur son bitume, enfin, que sont tombés les morts - une dizaine - et qu’ont été blessés les centaines d’Egyptiens qui se sont battus pour défendre «leur» place, symbole de leur mouvement.
Tolérance. Peuplée de petites gens, de gosses des rues, mais aussi et surtout de médecins, d’architectes, d’ingénieurs, d’avocats, de profs et d’étudiants, l’esplanade est un havre de paix et de tolérance. Un lieu où se côtoient athées et religieux, femmes voilées et filles branchées, militants de gauche et Frères musulmans, et, de plus en plus ces jours-ci, des familles entières, se déplaçant par sympathie ou curiosité.
A chaque prière qui ponctue la journée, une partie de la foule s’agenouille, tandis que l’autre, dans un profond respect, vaque à ses occupations. «Les islamistes font partie de la société, ils ne nous font pas peur, explique Ahmed, étudiant au look occidental. Qu’ils participent au gouvernement, qu’ils prennent éventuellement le pouvoir, et nous les arrêterons s’ils ne respectent pas la Constitution.» Naïveté, ou au contraire réalisme : les Egyptiens, issus des différentes sensibilités rassemblées sur la place Tahrir, se considèrent avant tout comme des compatriotes. Pas forcément d’accord, mais tous unis autour d’un objectif, atteint en partie vendredi : le départ du Président et la fin du régime du PND (le parti au pouvoir), synonyme de corruption et d’autoritarisme.
Politesse. Pour le non-Egyptien, la frontière est tout aussi nette. Pourchassés à l’extérieur par la police et les militaires, les Occidentaux y sont, dès leur arrivée, remerciés pour leur présence et bombardés de «welcome in Egypt» par les «barbus» comme par les autres. Une politesse presque obséquieuse quand, aux différents barrages, les militants n’en finissent plus de s’excuser de vous fouiller. Les seules bagarres qui éclatent sont celles qui suivent l’interpellation d’un présumé pro-Moubarak infiltré sur la place.
Autre symbole, et pas seulement anecdotique, de cette nouvelle société que veulent bâtir les communards de Tahrir : le ménage. Alors que dans l’ensemble du pays s’accumulent un peu partout les déchets, que sont ignorées sans complexe les poubelles, les insurgés ont mis un point d’honneur à briquer la place. Jusqu’à balayer la poussière de cette immense esplanade, comme un symbole du coup de balai qu’ils réclament à la tête de l’Etat. Même à l’espace «pipi», les résidents urinent - autant que faire se peut - dans des bouteilles en plastique, alignées les unes à côté des autres. Le civisme va également jusqu’à rapporter, à un bureau des objets trouvés installé en plein air, toutes les affaires perdues sur l’esplanade. Le plus souvent des téléphones, des passeports, des portefeuilles, des corans ou des lunettes. Tout ou presque, également, est gratuit dans cet espace protégé. L’eau et la nourriture, mais aussi les soins, assurés par des bénévoles, médecins ou étudiants, répartis sur la place.
Tolérance, entraide, pluralisme : Tahrir est le laboratoire d’une société idéale que les insurgés aimeraient voir développée à l’échelle du pays. Le symbole d’un nouveau modèle qu’il sera difficile de transposer dans son intégralité, mais qui aura prouvé à l’Occident, qu’entre dictature et islamisme, un avenir est possible en Egypte.
11-02-13 - Cris d'Egypte -- Egypte Pour une démocratie universelle, participez!
13/02/2011
Egypte: Pour une démocratie universelle, participez! Le Caire, 13 février 2011.
Deux jours après la démission d'Hosni Moubarak… accélération. Les questions concernant l'avenir de l'Egypte fusent et s'entrechoquent. Les priorités soulevées par les uns, sont ensevelies par celles revendiquées par les autres.
Une priorité à ne pas oublier: des centaines de manifestants sont portés disparus. Nous devons savoir où ils se trouvent, comment ils se portent et quel est leur statut légal.
Chacun suit avec attention les déclarations de l'armée désormais au pouvoir, secondée par un gouvernement de transition nommé par Moubarak avant sa démission. Ce gouvernement, dont le premier ministre est Ahmed Shafik, est très loin d'emporter l'adhésion des manifestants qui demandent sa dissolution.
Le Conseil Supérieur des Forces Armées a fait plusieurs déclarations rassurantes:
- interdiction faite à tous les anciens ministres de quitter le territoire national
- la constitution actuelle est déclarée caduque et illégitime
- l'Assemblée du Peuple va être dissoute
- le Conseil d'Etat va être dissout
- l'Equipe Gouvernementalle actuelle va être maintenue
Le juge Zakaria Abdel Aziz et d'autres groupes et personnalités demandent la mise en place d'un Conseil Présidentiel représentatif, composé de plusieurs personnes issues de plusieurs courants politiques. Cette demande, pour l'instant, peine à se faire entendre.
Les efforts se poursuivent via Internet pour collecter les demandes exprimées par le peuple et les réunir afin que celles-ci soit soumises au gouvernement de transition. Une Coalition des jeunes à vu le jour. Des groupes sur Facebook également.
Le blogueur @Sandmonkey (Mahmoud Salem) propose de mettre en place un GoogleDoc qui permette à chacun de proposer ses idées. A peine le GoogleDoc mis en ligne, il reçoit une centaine de propositions, mais un saboteur visite la page et efface toutes les propositions.
En réponse, nous avons mis en ligne cette page et invitons les lecteurs de Libé à y déposer leurs idées avec le plus de concision possible. La langue dans laquelle vous vous exprimerez importe peu. Si vous écrivez l'arabe, ce serait bien sûr formidable. Et surtout, faites passer.
Pendant que les tweets reprennent de plus belle, la rue se vide. En fin de matinée, il n'y avait plus que quelques centaines de personnes dans cette place Tahrir complètement nettoyée par les manifestants, et dont les trottoirs ont été également reconstruits et repeints par des volontaires. Vers 12h00, un millier de personnes se dirige à nouveau vers la place. La cause? Une déclaration douteuse de l'armée sur le maintien du gouvernement actuel. Sur Twitter on se veut rassurant: «On sait maintenant comment se rendre à Tahrir et il y a un vendredi toutes les semaines» (en référence aux 3 vendredis précédents qui virent la mobilisation de millions de personnes).
A la télévision les langues se délient, mais la liberté de parole est encore un peu rouillée, les speakers se lancent puis s'auto-censurent. Beaucoup d'entre nous ont du mal à croire que la "vérité" se dit maintenant sur la première et la deuxième chaîne de la télévision nationale. Règlements de comptes, indignation. Ça balance pas mal à Cairo.
De tweets en tweets, on apprend que l'Iran se réveille et prépare une grande marche le 14 février 2011, qu'il y a 8 morts et 800 blessés en Algérie: : gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc. Amer déjà vu. La rue Yéménite demande la chute du système, Khadafi annonce qu'il se joindra aux manifestants libyens. La Syrie autorise enfin l'utilisation des réseaux sociaux.
A suivre.
11-02-13 - Libération -- Egypte l'armée suspend la Constitution et dissout le Parlement
13/02/2011 à 10h07
Egypte: l'armée suspend la Constitution et dissout le Parlement
Récit de la journée de dimanche
Le Premier ministre, Ahmad Chafic, a par ailleurs assuré qu'Hosni Moubarak se trouvait toujours en Egypte, dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh.
Par LIBÃRATION.FR
Le point, ce dimanche: Un pouvoir de transition, avec l'armée aux commandes et un gouvernement gérant les affaires courantes, prend ses marques en Egypte où la vie revient à la normale. L'armée, dépositaire du pouvoir après la chute du président Hosni Moubarak, a, dans l'après-midi fait plusieurs annonces sur l'organisation de cette période transitoire politique qui durera six mois. Une «transition pacifique» vers «un pouvoir civil élu», avait-elle promis samedi.
Lire notre récit de la journée de samedi.
15h35. Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, est confiant pour les relations à l’avenir, avec l’Egypte et écarte, sur la chaîne américaine ABC, une évolution à l'iranienne du pays voisin: «Je pense qu'aucun risque ne pèse sur les relations entre Israël et l'Egypte et qu'aucun risque opérationnel quelconque ne nous attend au coin de la rue.»
15h20. Le Premier ministre, Ahmad Chafic, assure, au cours d'une conférence de presse, que le président égyptien déchu, Hosni Moubarak (photo), se trouve toujours en Egypte, dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, au bord de la Mer Rouge, niant ainsi les rumeurs d'une fuite de M. Moubarak à l'étranger. «La première priorité de ce gouvernement est de restaurer la sécurité et de faciliter la vie quotidienne de la population», ajoute le chef du gouvernement de transition.
15 heures. Le conseil suprême des forces armées, dans un communiqué lu par une présentatrice à la télévision d'Etat, annonce «la dissolution de l'Assemblée du Peuple et de la Choura», les deux chambres du Parlement largement dominé par des membres du Parti national démocrate (PND) de l'ex-président Moubarak. La dissolution du Parlement, après des élections l'an dernier accusées d'être marquées par une fraude massive, et la révision de la Constitution, accusée de limiter les conditions de candidature à la présidence, font partie des principales revendications des manifestants. Est aussi annoncée la «suspension de la Constitution» et la création d'une commission pour l'amender et organiser un référendum sur ces changements. Le conseil suprême, instance formée d'une vingtaine de généraux, ajoute qu'il «prend en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu'à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République».
13h20. La Grande-Bretagne demande une «action internationale concertée» sur les éventuels avoirs à l'étranger du président égyptien déchu. «Cela n'a pas de sens pour un gouvernement d'agir tout seul, mais nous devons absolument nous pencher sur la question. Cela dépend aussi de la manière dont ont été acquis ces avoirs», ajoute le ministre britannique du Commerce, Vince Cable, sur BBC1.
13 heures. Quelque 400 membres de la police égyptienne, dont l'attitude à l’égard des manifestations a été très critiquée, manifestent pour leur honneur au Caire. Ils réclament aussi des hausses de salaires et l'exécution de leur ancien ministre, Habib el-Adli, révoqué fin janvier sous la pression de la rue. Des incidents ont lieu avec les soldats présents, qui tirent des coups de semonce en l'air.
La police égyptienne, accusée de brutalité et de corruption, est méprisée par une grande partie de la population, à l'inverse de l'armée, dont les manifestants ont apprécié la retenue.
11h25. Le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, signale le vol de huit pièces d’une très grande valeur, dont une statue de Toutankhamon, au Musée égyptien du Caire. Des vols découverts pendant un inventaire effectué après que des inconnus ont pénétré dans le bâtiment le 28 janvier, profitant du rassemblement de manifestants antigouvernement sur la place Tahrir, qui jouxte le musée.
8h25. Le Maroc se félicite des «engagements clairs» de l'armée égyptienne d'assurer une transition vers un «pouvoir civil élu». Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Rabat «espère vivement que l'Egypte continuera à jouer pleinement son rôle primordial, sur la scène régionale et internationale». L’armée, s’est aussi engagée, samedi, à respecter les traités internationaux signés par l'Egypte, dont les accords de paix avec Israël.
8 heures. La circulation reprend sur la place Tahrir au Caire, épicentre de la révolution, où quelques centaines de personnes restent rassemblées. Les manifestations qui ont secoué ce rond-point pendant 18 jours avaient paralysé le centre-ville d'ordinaire bouillonnant d'activité de la capitale. Les tanks de l'armée, postés dès le début des manifestations aux entrées de la place, sont toujours présents, mais ne bloquent pas les accès. Quelques brèves échauffourées ont eu lieu entre des soldats et quelques dizaines de protestataires irréductibles.
Les opérations de nettoyage de la place, entamées la veille, se poursuivent. Des soldats démontaient des tentes, jettent les bâches en plastique et autres matériaux dans une benne, aidés par des civils qui empilent les couvertures et balaient le sol.
11-02-14 - Libération -- La contestation sociale se poursuit en Egypte
14/02/2011 à 17h36
La contestation sociale se poursuit en Egypte
Après la révolte politique, les mouvements sociaux se multiplient en Egypte, amenant l'armée, qui détient les pleins pouvoirs depuis la chute du président Hosni Moubarak, à appeler lundi à l'arrêt des grèves pour ne pas entraver la reprise économique.
Des arrêts de travail et des manifestations ont lieu dans les transports, la banque, le pétrole, le textile et même des médias officiels et certains organismes gouvernementaux, pour demander des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail, selon des sources syndicales et associatives.
Le conseil suprême des forces armées a déclaré dans un communiqué lu à la télévision d'Etat que "les Egyptiens honorables voient que ces protestations en ce moment délicat" ont des "conséquences négatives" pour le pays.
La Bourse du Caire, fermée depuis plus de deux semaines, a fait savoir qu'elle ne reprendrait pas ses activités avant dimanche (premier jour ouvré de la semaine en Egypte) en raison des perturbations dans le secteur bancaire.
Au pied du sphinx et des célèbres pyramides de Guizeh, plusieurs centaines de guides touristiques égyptiens, au chômage technique faute de clients, ont organisé un rassemblement pour appeler les visiteurs à revenir.
"Reviens, komm wieder, come back, vuelve!": ils se sont succédés à la tribune pour appeler dans toutes les langues les vacanciers à reprendre le chemin de l'Egypte.
(Source AFP)
11-02-14 - Libération -- L'armée égyptienne appelle à la fin des grèves
14/02/2011 à 15h15
L'armée égyptienne, aux commandes du pays depuis que le président Hosni Moubarak a démissionné et lui a remis le pouvoir, a appelé lundi citoyens et syndicats à cesser les grèves, au moment où les mouvements sociaux prenaient de l'ampleur.
Le Conseil suprême des forces armées "appelle les citoyens et les syndicats professionnels et ouvriers à assumer leur rôle de la meilleure manière".
"Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu'à ce qu'elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple", a poursuivi le Conseil dans un communiqué lu par un militaire à la télévision d'Etat.
(Source AFP)
11-02-14 - Libération -- Place Tahrir, une révolution de balais
14/02/2011 à 00h00
Place Tahrir, une révolution de balais
De notre envoyé spécial
Deux jours après la chute de Moubarak, les habitants du Caire n’en finissent plus de nettoyer ce lieu symbole du mouvement égyptien. Comme une allégorie de la lutte contre la corruption de l’ancien régime.
Par JEAN-PIERRE PERRIN Envoyé spécial au Caire
Deux armées. L’une, puissante, pesante, faite de chars lourds à l’arrêt le long de la chaussée, comme des bataillons de sphinx d’aciers, que, parfois, les manifestants interrogent mais qui ne répondent jamais, leurs longs canons demeurant pointés sur un triste horizon d’immeubles, avec dans les tourelles des soldats comme en léthargie, plus ou moins assoupis. L’autre est aux pieds de la première : elle est vibrionnante, souple, dynamique, colorée, armée de balais, de brosses et même de pinceaux. Un bataillon de fourmis, vives et déterminées. Et, sur la célèbre place Tahrir, comme dans nombre de rues du Caire et sur les berges du Nil, elle s’est donnée hier pour mission de rendre la ville propre. Car, la propreté, c’est la métaphore de la révolution égyptienne, une allégorie de la lutte contre la corruption systématique qui régnait sous Hosni Moubarak.
«Nous nettoyons les rues avant de nettoyer le régime», dit un étudiant en pharmacie, un sac de détritus à la main. Balayeuses et balayeurs, en solitaire ou par petits groupes, dessinent donc comme une avant-garde à cette révolution. Ils traquent le papier, le plastique mais aussi le moindre mégot. Ahmed, 34 ans, enseignant et père de deux enfants, n’est même pas rentré chez lui après le départ de Hosni Moubarak. Il a pris aussitôt un sac et un balai : «Regardez ma chemise comme elle est sale. Cela fait dix-huit jours que je la porte.» D’autres jeunes remettent en place les pavés arrachés lors des événements de la semaine passée. Il y a aussi ceux qui préfèrent manier le pinceau et repeindre les bordures de trottoirs, les flèches de circulation imprimées sur le bitume et, même les guérites des policiers. Et pour éviter que la moindre chaussure ne vienne souiller l’enduit tout frais, ils sont des centaines à se tendre la main pour former des haies et tenir la foule à distance le temps que l’enduit sèche. Ce que fait Chirin, 23 ans, une jeune fille sans emploi, qui rêvait de rejoindre le mouvement dès le premier jour et que les parents, apeurés, viennent seulement d’accepter de laisser sortir : «On est là pour protéger notre pays et, là, c’est le trottoir que l’on protège. C’est mon devoir, ma contribution à la grande révolution. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à croire à ce qu’il se passe.»
Drapeaux. C’est samedi, au premier jour de cette révolution qui ne porte pas encore de nom, que cette frénésie de nettoyage a vraiment commencé et elle n’avait pas faibli hier. Ce grand ménage a aussi ses slogans que l’on peut lire, en anglais et en arabe, sur les tabliers : «Désolé pour le dérangement, nous construisons l’Egypte.» Une variante : «Hier, j’étais manifestant, aujourd’hui je construis l’Egypte.» Mohsen Atan, un architecte, est ému par ce spectacle : «Ce sont nos enfants qui ont fait la révolution. Maintenant, ils ont le devoir de rendre la république égyptienne plus belle et plus propre qu’avant. Malgré le manque de liberté, ils ont gardé le sentiment d’être les héritiers de sept mille ans de civilisation. La nouvelle Egypte, ce sera la propreté.» C’est comme si cette propreté nouvelle, symbole de la lutte contre la corruption, était devenue une valeur nationale.
D’ailleurs, les trottoirs sont repeints avec les couleurs du drapeau. Les trois couleurs nationales se retrouvent d’ailleurs un peu partout. Appliquées en maquillage sur les joues et le front des filles et les garçons, sur les bandeaux et serre-têtes que même des femmes vêtues du niqab (le voile intégral) se hasardent à porter, ce qui leur moule le visage, sur les maillots des garçons comme sur les foulards des filles. «On est en train de s’éveiller à une citoyenneté. C’est un sentiment qu’on avait perdu. On ne se sentait plus égyptien. Maintenant, les gens se découvrent à nouveau fiers d’appartenir à ce pays. Et cela on le doit à de très jeunes gens qui sont nés après que Moubarak est arrivé au pouvoir et n’ont donc aucune expérience de cette citoyenneté», explique Ayman Khoury, un photographe et réalisateur de documentaires, visiblement très ému. «Avant, on vivait sans la liberté et dans la corruption. C’est fini ! Maintenant, on peut vivre avec l’honneur», ajoute Saber Elmi, un camionneur. Mais la révolution n’a pas qu’une dimension patriotique, elle a aussi une dimension familiale. D’ailleurs, les pères en félicitent ouvertement leurs enfants. «C’est grâce à eux qu’elle s’est faite. Nous, on aurait bien voulu, mais on avait peur. On a dû attendre trente ans», reconnaît Mohammed, un vieux chauffeur de taxi. «Notre génération n’a pas eu ce courage, renchérit le réalisateur. Nous, on avait peur de manifester, peur de parler, que celui à qui tu t’adresses soit de la police, peur d’être dans la rue, peur des affrontements, peur d’exercer notre propre droit de citoyen, peur que le ministère de l’Intérieur te pose un problème. Pendant trente ans, on a dû passer par une période d’humiliation, qui faisait que, même si tu avais des droits, tu devais t’abaisser devant ceux qui étaient plus puissants que toi.»
C’est donc en famille que la révolution a été célébrée, dans la nuit de samedi à dimanche, une fois le départ du raïs confirmé. Le Caire a donné alors l’impression de précipiter tous ses habitants dans les grandes artères de la ville, comme les flots d’un barrage qui cède subitement. Cette fois, ce n’était plus seulement les jeunes des jours précédents qui étaient venus prendre la rue, mais l’immense peuple des familles qui, pour celles qui le pouvaient, bourraient leurs modestes voitures d’enfants, même les nourrissons, et de drapeaux pour aller se jeter dans les monstrueux embouteillages, toute la nuit durant. Une nuit de folie qui pouvait faire aussi penser à une victoire à une Coupe du monde de football : les conducteurs avaient le doigt sur le klaxon, les femmes et les enfants faisaient flotter les couleurs par la vitre des passagers et les adolescents mitraillaient l’événement avec leurs téléphones portables.
Barrages. Mais, à présent, les jeunes ne font pas que chasser l’immondice. Ils ont aussi démantelé ce qu’il restait de barricades, dont ils ont jeté les vestiges dans des camions sous les vivats de la foule. «Il faut partir. Car, plus on reste, plus le pays demeure bloqué. Il faut retourner au travail, il le faut, certains travailleurs sont payés à la journée…» approuve Ahmed Wadi, un étudiant en première année de médecine. Même si les soldats n’ont pas regagné leurs casernes ? «L’armée et le peuple, c’est la même chose.» Ailleurs, la foule scande : «L’armée, le peuple, les doigts d’une seule main.»
Dès hier matin, le retour à la normalité se faisait déjà sentir sur la place Tahrir, l’épicentre de la révolution. La foule s’amenuisait, et il était à nouveau possible de circuler, certes difficilement en raison des barrages de l’armée, dans les avenues voisines. «Il faut quitter la place pour reconstruire le pays. Car, la demande du peuple, c’était que le régime tombe, que l’occupation que nous subissions, et qui était pire que celle des Anglais, cesse. La tête de la pyramide est tombée. Tout le reste va donc suivre», insiste Ahmed Mohgammed Afiq, qui étudie l’anglais à l’université d’Al-Azhar. Tout le monde n’est pas d’accord. Ahmed, 25 ans et membre des Frères musulmans, insiste : «Il y a des demandes qui ne sont pas satisfaites. On veut récupérer l’argent de Moubarak déposé en Suisse, que soit mis fin à la loi d’urgence, que tous les prisonniers politiques soient libérés. Non, il faut encore rester sur la place jusqu’à ce que nous ayons des garanties.»
11-02-14 - Yahoo! -- Strikes spread after Egypt uprising, worrying army
Strikes spread after Egypt uprising, worrying army
By TAREK EL-TABLAWY and SARAH EL DEEB, Associated Press Tarek El-tablawy And Sarah El Deeb, Associated Press Mon Feb 14, 4:56 pm ET
CAIRO – Thousands of state employees, from ambulance drivers to police and bank workers, protested on Monday demanding better pay, in a growing wave of labor unrest rekindled by the democracy uprising that ousted Hosni Mubarak's regime. Egypt's military rulers asked for an end to the protests in what could be a final warning before an outright ban.
The military said it needed calm to implement what it promises will be an eventual handover to civilian rule under a new, more democratic system. It has set a swift timetable, saying it aims to have constitutional amendments drawn up within 10 days and a referendum to approve them within two months ahead of elections for a new parliament and ultimately a new civilian government, according to youth activists who met two of the top generals.
The coalition of young activists who organized the unprecedented protest movement pressured the military for new steps to ensure the autocratic system that has pervaded Egypt for the past 30 years is dismantled. Protesters welcomed the military's takeover after Mubarak's resignation, but many remain wary of its ultimate intentions.
In a list of demands Monday, they called for the dissolving of Mubarak's National Democratic Party and for the creation of a Cabinet of technocrats within 30 days. They want it to replace the current caretaker government, appointed by Mubarak after the protests erupted Jan. 25.
"It is unacceptable that the same government which caused this revolution with its corrupt ways oversees the transitional period," said Ziad al-Oleimi, a member of the coalition.
A number of youth organizers met Sunday with two generals from the Armed Forces Supreme Council, now the country's official ruler. They called the meeting positive and were further encouraged by the military's dissolving of parliament and suspending of the constitution, two of their top demands. The activists' coalition has called off its protests centered at Tahrir Square for now as a gesture, and their camp has been cleared away by soldiers.
The military's patience with the strikes, which are independent of the activists, may be running out as it struggles to restore stability and get Egypt's economy functioning again, after being hit heavily by three weeks of turmoil.
Egypt's dusty streets were transformed Monday into fertile ground for anyone with a grievance against anything.
Employees of the National Bank of Egypt, the largest government-owned bank, went on strike, a day after hundreds of them massed outside its headquarters.
The strike there and at other government banks forced the Central Banks to order all banks closed Monday, with the next day a religious holiday. It also forced Egypt's stock exchange to delay its reopening until next week at the earliest — it had been due to resume operations Wednesday after a nearly three-week halt.
"It's part of the revolution," NBE chairman Tarek Amer said of the strike. "They believe that it's an opportunity — if they had any complaints and demands — and that there's a higher probability of getting them answered." The strike was by the bank's many temporary workers demanding permanent contracts.
Outside the Nile-side TV and state radio building, hundreds of public transport workers demanded better pay.
Several hundred also protested outside the state-run Trade and Workers Federation demanding the dissolving of its board, which they accuse of corruption. They traded volleys of bottles, stones and bricks with board supporters inside, smashing windows, until soldiers separated the two sides.
Hundreds of ambulance drivers demanding better pay lined up their vehicles on a road along the Nile in the capital's Giza district. Workers at a key Cairo traffic tunnel threatened to shut down the route if their salaries weren't raised.
Dozens of graduates of archaeology schools demonstrated outside the office of Antiquities Minister Zahi Hawass, seeking jobs. They denounced Hawass, whose "Indiana Jones"-style hat made him an iconic figure the world over, as a "showman" who neglects graduates unable to find work. Hawass reportedly beat a hasty retreat from his offices.
Striking employees at EgyptAir, the national commercial carrier, succeeded in getting their boss fired. About 500 employees of the Opera House demanded the dismissal of the facility's chairman, accusing him of corruption.
Demonstrations also occurred in Aswan, Egypt's southernmost city, and its northernmost, Alexandria on the Mediterranean. In Minya province, south of Cairo, police and soldiers foiled an attempted prison break, killing four inmates and wounding 11, according to Egypt's official news agency.
In Beni Sweif, an impoverished city south of Cairo, thousands demanded the distribution of promised state-built, low-cost apartments that are often awarded on the basis of nepotism. Some tired of waiting have moved on their own, seizing 60,000 empty units of such housing in the provinces of Cairo, Beni Sweif and Qalioubiya, police officials said.
A strike was called at the Sukari gold mine near the southern Red Sea coastal town of Marsa Alam, one of the largest in the world. Strike organizers warned that some of the gold in the mine was in danger of being taken away and urged workers to protect it. One employee, speaking on condition of anonymity for fear of repercussions, told The Associated press that an armored car was at the site, taking some of the gold.
The military's statement Monday was gently worded but reflected its exasperation.
It said the country needed quiet so the military can run the nation's affairs at this "critical stage" and eventually hand power to an elected and civilian administration.
It warned that strikes and protests hurt security and the economy and give an opportunity for "irresponsible parties" to commit "illegal acts."
The strikes worsen the blow Egypt's economy has already taken from 18 days of mass protests. During the crisis, hundreds of thousands of tourists fled, wrecking a main foreign currency source. Analysts and economists expect a drop in foreign investment as well.
The stock market had lost almost 17 percent in two consecutive sessions before it closed early on in the crisis. Egypt's currency, the pound, took a pummeling last week before the Central Bank stepped in to prop it up.
EgyptAir is flying only about 30 percent of its scheduled domestic and international flights, in part because demand for seats was sharply down amid the crisis.
The finance minister lowered the country's economic growth forecast by over 2 percentage points, to under 4 percent for the year.
Egypt's ambassador to the United States, Sameh Shoukry, said Mubarak, 82, was "possibly in somewhat of bad health," providing the first word about him since being ousted Friday.
Speaking Monday on NBC's "Today" show, the envoy said he had received the information about Mubarak but could not be more specific. Two Cairo newspapers said Mubarak was refusing to take medication, depressed and repeatedly passing out at his residence in the Red Sea resort of Sharm el-Sheikh. There was no immediate confirmation of the reports. Mubarak had surgery in Germany last year to remove his gallbladder.
Momentum was building to move against international assets of Mubarak, his family and regime officials.
The United States is examining requests from Egypt's new government to freeze the assets of top Mubarak aides, but not the president himself, a senior U.S. official said. The European Union will also discussed the request, said British Foreign Secretary William Hague. Luxembourg's prime minister said the EU should follow Switzerland's lead in moving to identify and freeze the deposed president's assets.
Protest organizers warned that the strikes likely would not end without a reassuring signal from the military that change will be real — specifically, replacement of the Mubarak-picked government.
Hague also said he had been told by Egyptian Prime Minister Ahmed Shafiq that the current government would be reshuffled by next week to bring in opposition figures.
Al-Oleimi, also of the protest coalition, said this did not go far enough.
Coalition members who attended the Sunday meeting with the military said another sit-down with leaders of the armed forces is slated for later this week.
But the activists are still looking to see whether the generals "are planning to listen to us or just sit with us," said Shady Ghazali, a coalition member.
The group's ranks came from the Muslim Brotherhood, supporters of Nobel Laureate and democracy advocate Mohamed ElBaradei, members of the activists group of April 6, and the liberal Democratic Front. Among those attending was Wael Ghonim, the Google executive who has become a poster child of the revolution.
Sunday's session was "reassuring from one side and worrying from another," said Abdul-Rahman Samir, one of the activists who attended.
"It was clear that the army men were determined to purge the old symbols of corruption. But I was worried because I can see they have limits on who they will get rid of," he said. "We felt that there were wings in the army had sensitivies about total reform."
He said he sensed the generals realize the youth are a force to be reckoned with because of their street strength and that they sincerely wanted help from them.
But the generals were eager to stress their own weight, pointing out the achievements of the military as an institution owned by all Egyptians, Samir said. The meeting took place in the Military Intelligence headquarters, which the generals noted to the activists was where the officers who carried out Egypt's 1952 coup that removed the monarchy used to meet.
The generals told protest organizers they were forming a new committee to draw up constitutional amendments within 10 days, to be headed by Tarek el-Bishri, a pro-opposition former judge and expert in Islamic law, and including a Muslim Brotherhood figure.
Tahrir Square, the heart of the 18-day revolt, was almost entirely cleared of demonstrators. By early afternoon, a few dozen stalwarts remained in one corner, saying they won't leave until all those detained during the uprising are released.
Hundreds of police entered the square demonstrating for a second day for better pay. They also want to clear their reputation: Police opened fire on protesters early in the uprising, cementing the loathing many Egyptians feel for the security forces over widespread bribe-taking, abuse and torture.
The police protesters carried portraits of officers killed in clashes with protesters. "These are victims of the regime too," declared one placard. Some called for the prosecution and even execution of their former boss, ousted Interior Minister Habib El-Adly.
The Interior Ministry says 33 policemen were killed and 1,109 wounded in the clashes. Several hundred protesters are thought to have been killed, but no exact figures are available.
Military police tried to herd the protesting police to the side of Tahrir, shoving them when they resisted.
"Of course the police are part of the people," said lawyer Khalid Abdel-Alim, who was among the remaining democracy protesters in Tahrir. "But it will take 30 more years (for them) to regain the trust of the people. "
"How can they come out after it's all over and act like they didn't do anything?"
11-02-15 - Jura Libertaire -- Luttes de classes en Égypte
Luttes de classes en Égypte - 15 février
Publié le 15 février 2011 par la Rédaction
Les récupérateurs de la Coalition des Jeunes de la Révolution, après avoir rencontré les militaires dimanche soir, déclaraient qu’un gouvernement civil serait mieux à même de mettre fin aux grèves. «Je pense que beaucoup de ces grèves seront résolues en nommant un gouvernement de coalition rapidement», a dit Shadi El Ghazali à la presse. (Traduit par nos soins.)
Egypt After Mubarak: Labor Strikes Escalate
Employees of the bank, transport, tourism and police sectors, as well as factory workers, demonstrated today to demand better wages, contracts and benefits. As waves of labor strikes escalated across Egypt, the new military government took additional steps to subdue protesters while urging all stripes of demonstrators to go home.
The labor unrest continued to shut down parts of the country, thwarting the return to normal urged by the now all-powerful military, which took control of the country when President Hosni Mubarak stepped down Friday.
The armed forces have taken steps to control and appease the population, including opening a dialogue with youth activists who organized the initial demonstrations that continue to send shock waves throughout the Middle East.
The Coalition of the Youth of the Revolution, a self-selected alliance of pro-democracy groups that organized the Jan. 25 protests, said today it met with military leaders Sunday night to discuss reforms.
Today, the coalition issued its demands for a transition to civilian rule by establishing a technocratic government within 30 days, saying a new legitimate government would better stop job walkouts.
“I think a lot of these strikes will be solved by changing the government, which I stressed on about the coalition government and how it should be quickly met,” Shadi El Ghazaly, a leading member of the youth coalition, told reporters.
The group said the army had taken steps in the right direction by opening a dialogue with the coalition, but urged a 12-point reform program for the next six to nine months. The demands include a timeline for the end of a transitional period, the release of all political detainees and removing the three-decade-old emergency law.
The coalition set a 30-day deadline for a civilian technocratic council to replace the current cabinet, a remnant of Mubarak's time in office. It threatened continued demonstrations if its demands are not met.
“We are asking the government to choose them, but they know who we trust and we know who we don't trust,” El Ghazaly told AOL News. “We're telling them [the military] the kind of people that we want, and we hope they will respect that.”
A military statement read on television said Egypt needed a calmer climate in this “critical stage” to eventually transfer power to an elected civilian administration. It did not specify a date. It also warned that continued demonstrations would hurt the country's security and economy, giving power to “irresponsible parties” to commit “illegal acts,” according to The Associated Press.
The youth coalition said it was planning on meeting the army again this week to continue to press demands, calling the first meeting a “zero point” to establish a dialogue. The group acknowledged that it does not represent everyone who demonstrated in Cairo's Tahrir Square but is a “channel” for dialogue with the new military government.
The coalition includes members of the April 6 Youth Movement, the Muslim Brotherhood Youth, supporters of Nobel Peace laureate Mohamed ElBaradei and independent activists. In a sign of the youth-led revolt, the group's demands also included lowering the age for parliamentarian candidates to 25 and for presidential candidates to 35. Currently, parliamentarian candidates must be at least 30 and presidential candidates 40.
On Sunday, the army suspended the constitution and dissolved parliament, both welcome moves to demonstrators who have been calling for new elections and a new constitution. The armed forces pledged that free and fair elections would be held under a revised constitution, but did not give a timetable.
The army also promised to lift the country's draconian state of emergency, but again did not specify a deadline, and said the cabinet, appointed by Mubarak last month, would remain in power.
The spontaneous protests initially drew strength from their disparate members, but with Egypt in transition, disagreement over the negotiation process with the military continues to emerge. Some doubt the sincerity of the army, which formed the backbone of Mubarak's 30-year regime, and disapprove of negotiating with the top of the command chain.
“Now the military junta are making more or less useless statements which do not really say anything, except that they are the ones in charge, giving us promises about the transition to democracy,” said Hossam El Hamalawy, a journalist and prominent blogger on workers' movements. “They are now warning against so-called chaos instigated by industrial actions. However, let's remember … the working class are the ones who toppled Mubarak.
“Those striking Egyptian workers are not going home anytime soon. They cannot go home to their starving children to tell them the military promised us that they will solve our problems within X number of months. These are both economic and political demands by the working class that have to be met immediately,” El Hamalawy said. “These strikes constitute our only hope that we have a revolution that's unfinished, to be completed.”
Leur presse (Sarah A. Topol,
AOL News), 14 février 2011.
Les ouvriers demandent la dissolution de la Fédération syndicale étatique
Workers demand dissolution of state-run trade union federation
Around 500 workers and labor activists congregated outside the state-controlled Egyptian Trade Union Federation (ETUF) on Monday to demand the federation’s dissolution. Protesters gathered at 4 PM and chanted slogans calling for the right to conduct peaceful labor strikes, the trial of ETUF leaders, and the right to establish independent unions.
“The federation is a den of thieves; the federation is a group of thugs,” protesters chanted. Dozens attempted to storm and occupy the ETUF headquarters at around 5 PM. ETUF security responded by beating protesters out of the building, which led to rocks being thrown back and forth. ETUF employees and security began to hurl bottles, sticks and rocks from the floors above, injuring a number of protesters and journalists.
An army jeep drove up to the shattered gates of the ETUF headquarters, and a soldier and officer brandishing guns stepped out and pushed the opposing factions away from each other. Three ETUF employees involved in the melee were detained for questioning.
The officer called on three representatives from among the protesters to spell out their demands. Meanwhile, protesters chanted, “The people demand the removal of the federation,” while others held up signs reading, “Put on trial those responsible for profiteering from privatization.” The largest number of workers in attendance were those from the independent Union of Real Estate Tax Authority Employees (RETA Union).
RETA Union President Kamal Abu Eita grabbed a megaphone and spelled out the demands. “We demand the dissolution of the federation. We call on general prosecutor to freeze the accounts of [ETUF President] Hussein Megawer and all other federation officials. We demand the right to establish independent trade unions and official recognition of these free unions.”
Megawer and his finances are currently being investigated by the general prosecutor's office. The ETUF president has been prevented from leaving the country until these investigations are concluded.
On February 6, the independent Center for Trade Union and Workers' Services (CTUWS) filed a lawsuit against Megawer on charges of misappropriating funds and misrepresenting workers and unions. CTUWS Director Kamal Abbas told protesters outside the ETUF that “this Federation no longer represents Egypt's workers or unions.” He demanded the swift investigation of Megawer's finances and those of other ETUF officials.
Abbas added: “On January 30, a new independent federation was established including the Unions of the Real Estate Tax Authority, the Egyptian Health Technologists' Syndicate, the independent Teachers' Syndicate, and the Pensioners' Syndicate. This is the only legitimate trade union federation in Egypt.”
All of the aforementioned unions and syndicates were established over the course of the last two years, independent of the ETUF. Egypt's trade unions have been under state control since 1957. Since then, only two labor strikes have been authorized, while independent trade unions have been harassed and their activities obstructed. The federation has 24 general unions, 22 of which are presided over by members of ousted president Hosni Mubarak's ruling National Democratic Party.
The ETUF had planned to postpone its elections this year in order to support the re-election of President Mubarak, and so as not to overlap with presidential elections slated for later this year.
Leur presse (Jano Charbel,
Al-Masry Al-Youm), 14 février.
Quatre morts et 65 blessés dans des combats à Port Saïd — opposant «ex-détenus» et «voyous» d’après leur presse —, où le gouverneur Mostafa Abdel Latif a dû fuir ses bureaux pour trouver refuge dans une station touristique. À l’hôpital de la ville, on dit que le bilan doit être plus lourd, les évadés évitant évidemment d’aller se faire recenser à l’hôpital.
À Beni Suef, la police a ouvert le feu et arrêté 5 personnes lors de l’incendie de deux locaux municipaux. Les pillards se sont enfuis avec du matériel informatique et des meubles.
À Minya, deux prisonniers ont été tués et 11 autres blessés lors d’une tentative d’évasion. L’attaque de la prison, menée de l’extérieur, a duré deux heures.
Traduit par nos soins.
Armed clashes erupt between citizens in several Egyptian cities
Due to the absence of police security, armed clashes erupted between citizens in three cities, killing six people and wounding 80 others.
In the city of Port Said, four people died and 65 were wounded in a fight between ex-convicts and thugs. The City General Hospital said casualties could be more, as ex-convicts typically do not seek treatment in hospitals, fearing they would be arrested by police.
Governor Mostafa Abdel Latif evacuated his office and relocated to a tourist resort. He asked the armed forces to increase its presence and restore order or declare a curfew in the city.
In the city of Beni Suef, thugs set fire to two warehouses of the local council, seizing computers and furniture. Police arrested five of them after an exchange of gun fire.
In the city of Minya, two convicts died and 11 others were wounded in clashes lasting two hours with police as thugs tried to storm the city’s jail to free prisoners inside.
Leur presse (Al-Masry Al-Youm), 14 février.
Dans le métro du Caire, le peuple a rebaptisé
la station «Moubarak» en station des «Martyrs»
Mouvement de grogne sociale en Égypte, que l'armée appelle à cesser
Des milliers de fonctionnaires égyptiens se sont mis en grève et ont manifesté lundi au Caire et dans d'autres villes du pays pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, dans la foulée du soulèvement qui a poussé au départ le président Hosni Moubarak. L'armée désormais au pouvoir a rapidement réagi, appelant les contestataires à cesser le mouvement de grogne.
Des centaines de salariés des transports publics ont défilé près du bâtiment de la radio publique, alors que ceux de l'Organisation gouvernementale de la Jeunesse et des Sports manifestaient sur la désormais célèbre place Tahrir. Sur l'autre rive du Nil, dans la capitale, des centaines de conducteurs d'ambulance se sont également rassemblés avec des revendications similaires.
La Banque centrale d'Égypte, de son côté, a décidé de fermer ses bureaux dans tout le pays en raison de la grève des employés de la Banque nationale et de plusieurs autres institutions bancaires du pays. Un mouvement de grève affecte aussi la compagnie aérienne nationale EgyptAir, qui a programmé seulement 31 vols internationaux et 12 dessertes intérieures ce lundi, contre au total 145 liaisons quotidiennes. L'agence officielle Mena a fait état de manifestations dans d'autres villes, dont Assouan (sud) et Alexandrie (nord).
Pour la deuxième journée consécutive, par ailleurs, plusieurs centaines de policiers ont manifesté lundi devant le ministère de l'Intérieur, pour réclamer de meilleurs salaires mais aussi plaider leur cause. Nombre de ces policiers affirment ne pas être responsables de la répression qui a coûté la vie à de nombreux manifestants fin janvier. «C'est dur pour nous de retourner au travail, parce que les gens nous détestent», expliquait un capitaine. La police est honnie en Égypte, pour sa brutalité et sa corruption durant les années Moubarak.
«C'est dur pour nous de retourner au travail,
parce que les gens nous détestent»
Aux commandes du pays depuis la démission du président Moubarak, l'armée a rapidement fait comprendre qu'elle ne tolérerait pas que le mouvement de grogne prenne de l'ampleur. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, un porte-parole du Conseil suprême des forces armées en a appelé à la responsabilité de chacun pour qu'en cette «période cruciale» de l'Égypte, un climat apaisé puisse permettre la transition promise par les militaires vers un gouvernement civil élu.
La poursuite des grèves et manifestations, avertit l'armée, mettrait en péril l'économie du pays et permettrait à des «éléments irresponsables» de perpétrer des «actes illégaux». Le communiqué ne fournit pas d'autres détails.
Parallèlement, les généraux au pouvoir ont rencontré dimanche des représentants des groupes de jeunes et cyber-militants à l'origine du soulèvement.
Wahel Ghonim, qui a émergé comme un des porte-parole du mouvement, a jugé cet entretien encourageant. Les militaires, a-t-il expliqué sur sa page Facebook lundi, ont annoncé que des amendements à la Constitution — suspendue dimanche — seraient préparés dans les dix jours par un comité indépendant, puis soumis à référendum dans deux mois. «Nous avons senti un désir sincère de protéger les gains de la révolution et un respect sans précédent pour le droit des jeunes Égyptiens à exprimer leurs opinions», a déclaré Wahel Ghonim.
Les guides et professionnels du tourisme ont eux aussi manifesté lundi devant les pyramides, à Gizeh près du Caire, pour appeler les touristes à revenir en Égypte. «Dites à tout le monde que l'Égypte est sûre. Nous sommes prêts à accueillir des millions et des millions de gens comme avant. S'il vous plaît, revenez», a lancé Shahindar Adel, un guide.
Leur presse (AP), 14 février.
Assiut workers protest living conditions
Thousands of workers and employees from the Upper Egyptian city of Assiut protested today, calling for better living conditions and higher pay, and condemning corrupt officials who headed government bodies under the ousted regime.
Approximately 1500 employees from a local businessmen's association staged a sit-in for the second consecutive day to demand permanent contracts, higher pay and better working conditions.
Mohamed Zaki, one of the protesting employees, said that after working with the association for several years he receives a monthly salary of only LE250. Meanwhile top-ranking managers receive much higher salaries, he added.
Around 4000 workers from the Assiut Cement Company also staged a sit-in to demand permanent contracts and to call for a profit-sharing system as well as to express their rejection of the daily-wage basis for work.
The workers also called for returning the company to its former Egyptian owners instead of the current Mexican owner, who they say purchased the factory at an extremely low price.
Another 2000 workers from the Assiut Fertilizer Factory organized a sit-in to demand better compensation and permanent contracts and called for the departure of the general manager of the factory.
Leur presse (Al-Masry Al-Youm), 14 février.
Grève des travailleurs du gaz et du pétrole
Manif devant le ministère à Nasr City, le 13 février
Des milliers de travailleurs de plusieurs entreprises du gaz et du pétrole sont en grève, manifestant devant le ministère du Pétrole à Nasr City le 13 février. Parmi leurs revendications économiques et sociales : la fin des pratiques managériales abusives concernant les licenciements, la réintégration des ouvriers licenciés, la hausse des salaires à 400 LE, la création d’un syndicat indépendant, la destitution du ministre corrompu Sameh Fahmy, et l’arrêt de l’exportation de gaz vers Israël.
Les porcs reprennent la rue
Hypocrisy of Police Protests in Cairo
I was having lunch with a fellow journalist friend at Cilantro, a small cafe on a side-street off Tahrir Square, when all of a sudden we spot a couple of thousand police on strike marching towards us and headed for Tahrir Square. From my vantage point on the second-floor balcony I was able to record the entire thing. As we watched the police flood by, a number of other Egyptians at the cafe joined us on the balcony to watch the spectacle.
The sentiment among each of them was the same… they commented on how the police officers who just last week were breaking bones in Tahrir Square, looting across the city and joining the baltagia (pro-Mubarak thugs-for-hire who violently attacked protestors on Feb 2nd), were now protesting in an attempt to fix their tarnished image among Egyptians. The hypocricy of the protesting police — chanting slogans crafted by Jan25 protestors and occupying the same square which they violently attempted to empty last week — was not lost on any of the spectators at the cafe.
As the police marched by, hair glossed up and aviators shining, I couldn't help but remember that after Ben Ali fled Tunisia, the Tunisian police who had cracked down on #sidibouzid protestors, staged a simmilar march in the aftermath of the revolution complaining that they had been maligned by the media. Ha!
Lesson for the history books… if you stand on the wrong side of history, no shallow symbolism will correct your error. The people's collective memory runs deep, and i imagine it will be long before the Egyptian people forgive the police for their heinous crimes during #Jan25.
Assia Boundaoui, 14 février.
Interior Ministry counts losses
The Egyptian Interior Ministry has started identifying human losses and other damage it sustained during the 25 January revolution, in order to rebuild and restore the police apparatus.
Six officers, 11 policemen and 15 recruits were killed during clashes with protesters, while 342 officers, 167 policemen and 570 recruits were injured, according to a statement issued by the ministry on Monday.
Ninety-nine police stations, six prisons and a number of civil protection units and police vehicles were burned across Egypt. Some prison fences collapsed.
Necessary measures are being taken, according to the ministry, to restore the role of the police under a new slogan “The police serve the people.”
Leur presse (Al-Masry Al-Youm), 14 février.
La victoire d'un mouvement sans leader
L'absence de direction unifiée s'est avérée être une force pour une opposition défendant un agenda simple et radical, sur qui le pouvoir ne pouvait avoir aucune prise.
C'est un nouveau type de révolution qui a eu raison du régime de Hosni Moubarak. Une contestation menée à grand renfort de Facebook et de Twitter, mais aussi privée de l'appui d'institutions établies. Fédérant des groupes sociaux aux agendas objectivement différents, mouvements de jeunes, Frères musulmans, partis laïcs traditionnels, la contestation était dépourvue de toute direction collégiale ainsi que de porte-parole charismatiques à qui les manifestants auraient pu s'identifier. Ce qui pouvait apparaître comme une faiblesse rédhibitoire s'est révélé au contraire une force.
Ahmed Essily, un célèbre blogueur et animateur de télévision explique que «l'absence de direction mandatée empêchait le pouvoir d'avoir une prise sur nous. Des leaders peuvent être intimidés, manipulés, achetés, pris dans une négociation où le régime aurait fait quelques concessions pour se sauver». Au contraire, un mouvement sans tête et uni dans une revendication à la fois très simple et radicale — le départ immédiat de Hosni Moubarak — n'offrait aucune prise au pouvoir. Cette «stratégie de la savonnette» s'est avérée payante.
Toutefois, les manifestants n'étaient pas inorganisés. Une demi-douzaine de mouvements (le Mouvement du 6 avril de jeunes, ainsi que le Mouvement de la jeunesse en colère, les Frères musulmans, l'Alliance pour le changement de Mohamed ElBaradei) se consultaient informellement sur l'organisation de la vie place Tahrir. Les manifestants disposaient d'un «ministre de la Santé», de fournitures en boissons et couvertures.
Parce qu'il a déclenché la protestation le 25 janvier et qu'il n'appartenait pas au paysage politique traditionnel, le Mouvement du 6 avril a été sans conteste le plus influent durant les trois semaines de protestations. Il s'est inspiré du mouvement d'étudiants serbes Otpor (Résistance), qui avait lancé en 2000 les manifestations pacifiques ayant abouti, avec l'appui de l'armée, à la chute de Slobodan Milosevic. Otpor, qui a depuis été copié dans les «révolutions de couleur» en Ukraine, Géorgie, Kirghizstan, était soutenu par Freedom House, une association américaine de promotion de la démocratie créée en 1941 et partiellement financée par Washington. Le manuel d'action d'Otpor est le livre Les Politiques de l'action non-violente, publiée en 1973, du théoricien de la désobéissance civile Gene Sharp.
Pour autant, les témoignages recueillis place Tahrir indiquent que la contestation se serait peut être essoufflée sans les monumentales erreurs du régime, au premier rang desquelles la coupure d'Internet pendant cinq jours. «Internet fait partie de nos vies, désormais, c'est un droit fondamental, même pour les gens qui n'ont pas d'ordinateurs et ne s'en servent pas, souligne un jeune manifestant, voir notre pays ainsi coupé du monde pendant des jours a été vécu comme une punition humiliante, ce qui a mobilisé la population.»
Cette organisation sans leader s'avérera cependant bien moins adaptée à des négociations avec le nouveau pouvoir, lors desquelles les organisations traditionnelles devraient «reprendre la main».
Leur presse (Yves Bourdillon,
Les Échos), 14 février.
Abou El Rokab
Mubarak's folly: The rising of Egypt's workers
Rarely do our rulers look more absurd than when faced with a popular upheaval. As fear and apathy are broken, ordinary people — housewives, students, sanitation workers, the unemployed — remake themselves. Having been objects of history, they become its agents. Marching in their millions, reclaiming public space, attending meetings and debating their society’s future, they discover in themselves capacities for organization and action they had never imagined. They arrest secret police, defend their communities and their rallies, organize the distribution of food, water and medical supplies. Exhilarated by new solidarities and empowered by the understanding that they are making history, they shed old habits of deference and passivity.
It is this — the self-transformation of oppressed people — that elites can never grasp. That is what explains the truly delusional character of Egyptian President Hosni Mubarak’s speech on Thursday, February 10, where he prattled on in surreal disconnection from events. But while the aging dictator may be uniquely out of touch, he merely reflects the biases of his class. For it is a general characteristic of our rulers that they imagine those below them to be inherently stupid and deferential. They treat the downtrodden as laboring drones and cannon fodder for military adventures. They feed them lies and empty promises and send in the riot police when the subjugated get unruly. And most of the time they get away with it.
That is why popular revolutions are inexplicable to them. As ordinary people cast off resignation and obedience, as they take control of their communities and reclaim the streets, they become unrecognizable to their rulers. This is the real “intelligence failure” of the ruling class. Contrary to the terms of debate in security circles, it is not that they missed some indicators of institutional change; it is rather that all their models are based on the presumption of popular passivity. “Ordinary Egyptians have a reputation as fatalists,” pronounced a former Canadian diplomat to Egypt in the early days of the revolution, explaining that Egypt would not go the way of Tunisia, where dictator Ben Ali was toppled only weeks earlier. [Michael Bell, “Will Egypt go Tunisia’s way?” Globe and Mail, January 27, 2011.] In so doing, the diplomat revealed not only his own foolishness, but also the tone deaf incapacity of elites to comprehend people’s power.
After all, revolutions are not just about changing institutions. Most profoundly, they are about the dramatic remaking of the downtrodden. Revolutions are schools of profound self-education. They destroy submission and resignation, and they release long-repressed creative energies — intelligence, solidarity, invention, self-activity. In so doing, they reweave the fabric of everyday life. The horizons of possibility expand. The unthinkable — that ordinary people might control their lives — becomes both thinkable and practical.
All of this eludes bosses, bureaucrats, generals, politicians, and the vast majority of journalists because they do not understand the inner heart of a genuinely revolutionary process — that having taken to the stage of history, oppressed people are never again the same.
It is this error that explains the frantic tacking and turning of rulers confronted with mass insurgency. One moment they make concessions, the next moment they send in the goons — all in the belief that ordinary people can be beaten back into submission, or bribed with crumbs from the tables of the rich. But the longer they do this, the more they force the mass movement to broaden its base and deepen its struggles. President Ben Ali made this mistake in Tunisia; Mubarak keeps making it in Egypt. And by clinging to power in the face of mass opposition, they give the lowest layers of society the time and space to enter the political sphere. The result is that popular revolutions open the doors to great upsurges of working class struggle.
That has been Mubarak’s greatest folly. It is why Egyptian capitalists, parts of the Egyptian regime and the U.S. state have concluded that he has to go. But the genie of the Egyptian workers having now been awakened, it will be very hard to put it back in the bottle.
THE BIRTH OF POPULAR POWER
Philosopher Peter Hallward is among those few commentators who have grasped the inner workings of the Egyptian Revolution. Writing in the Guardian of London, he observes:
“Every step of the way, the basic fact of the uprising has become more obvious and more explicit: with each new confrontation, the protestors have realised, and demonstrated, that they are more powerful than their oppressors. When they are prepared to act in sufficient numbers with sufficient determination, the people have proved that there's no stopping them.
Again and again, elated protestors have marvelled at the sudden discovery of their own power.” [Peter Hallward, “Egypt’s popular revolution will change the world,” Guardian, February 9, 2011.]
Participants repeatedly describe how their fear has lifted. “When we stopped being afraid we knew we would win,” Ahmad Mahmoud told a reporter. “What we have achieved,” proclaimed another, “is the revolution in our minds.” The significance of such a revolution in attitudes is inestimable. But such shifts do not happen at the level of consciousness alone; they are inextricably connected to a revolution in the relations of everyday life — by way of the birth of popular power. And these new forms of people’s power and radical democracy from below have emerged as steps necessary to preserve the Revolution and keep it moving it forward.
So, when violently attacked, as they were on February 2, 2011, by undercover police and goons of the ruling party wielding guns, knives, Molotov cocktails and more, the insurgents held their ground and fought back, holding Tahrir Square in downtown Cairo. In the process, they extended their grassroots self-organization. As reporters for the Washington Post noted, the rebels of Tahrir Square created popular prisons to hold undercover security forces, and people’s clinics to care for the wounded:
“Refusing to end their 10-day old demonstration, protesters set up makeshift hospitals in alleyways off the square to treat their wounded, and fashioned a holding cell in a nearby travel office to detain those they suspected of inciting the violence. Organizers said they had captured more than 350 ‘thugs of the government’ among the pro-government demonstrators, some carrying police identification cards, and turned them over to the Egyptian army.” [Leila Fadel, Will Englund and Debbi Wilgoren, “5 shot in 2nd day of bloody clashes; amid outcry Egyptian PM apologizes,” Washington Post, February 3, 2011.]
In the same spirit, the movement has formed Peoples Protection forces, staffed by both women and men, to provide safety and security in neighbourhoods and in the mass marches and assemblies. In some towns, like El Arish, the biggest city in the northern Sinai, official police and security forces have melted away only to be replaced by armed Popular Committees, which have maintained the peace. [Tobias Buck, “Palestinians hope for change and resumption of border trade,” Financial Times, February 8, 2011.]
Developing alongside these forms of popular self-organization are new practices of radical democracy. In Tahrir Square, the nerve center of the Revolution, the crowd engages in direct decision-making, sometimes in its hundreds of thousands. Organized into smaller groups, people discuss and debate, and then send elected delegates to consultations about the movement’s demands. As one journalist explains, “delegates from these mini-gatherings then come together to discuss the prevailing mood, before potential demands are read out over the square’s makeshift speaker system. The adoption of each proposal is based on the proportion of boos or cheers it receives from the crowd at large.” [Jack Shenker, “Cairo’s biggest protest yet demands Mubarak’s immediate departure,” Guardian, February 5, 2011.]
Tahrir Square and public spaces in Alexandria, Suez and dozens of smaller cities, are now sites of ongoing festivals of the oppressed. Describing the popular security services and people’s “food supply chains,” demonstrator Karim Medhat Ennarah proclaims, “We have already created a liberated republic within the heart of Egypt.” [Quoted in Hallward.]
ENTER THE WORKERS
Years of courageous struggle by Egypt’s workers were decisive in creating the conditions for the popular uprising. And now, mere weeks into the upsurge, tens of thousands of workers are mobilizing, raising both economic and political demands as part of a rising wave of strikes. The consequences could be momentous.
Social movements generally have been on the move recently in Egypt. The years 2002-3 saw important stirrings of political protest in solidarity with the Palestinian Intifada and in opposition to the U.S. invasion of Iraq. Shortly after this, the Kefaya (Enough) movement organized for democratic reform and the feminist group, We Are Watching You (Shayfenkom) came out in defence of women’s rights.
But by 2004 it was strike action, sit-ins and demonstrations by workers that comprised the most determined and persistent oppositional activity — most of it illegal under the emergency edicts and laws that deny workers the right to form independent unions. Over the past six years or so, more than two million workers engaged in thousands of direct actions. Most importantly, they regularly won significant concessions on wages and working conditions. The result was a growing confidence among workers — so much so that genuinely independent unions began to emerge in a society where the official unions are effectively extensions of the state.
In 2006-7 mass working class protest erupted in the Nile Delta, spearheaded by the militant action of 50,000 workers in textiles and the cement and poultry industries. This was followed by strikes of train drivers, journalists, truckers, miners and engineers. Then 2007-8 saw another labor explosion, with riots at the state-owned weaving factory in Al-Mahla Al-Kobra. The youth-based April 6th Movement emerged at this point in support of workers’ strikes. Meanwhile, workers began to address the general interests of all working people, particularly the poorest, by pressing the demand for a substantial increase in the minimum wage.
Now, workers are again throwing their collective power onto the scales of the political struggle in Egypt. And Mubarak and his cronies will live to regret it.
In the course of a few days during the week of February 7, tens of thousands of them stormed into action. Thousands of railworkers took strike action, blockading railway lines in the process. Six thousand workers at the Suez Canal Authority walked off the job, staging sit-ins at Suez and two other cities. In Mahalla, 1,500 workers at Abul Sebae Textiles struck and blockaded the highway. At the Kafr al-Zayyat hospital hundreds of nurses staged a sit-in and were joined by hundreds of other hospital employees.
Across Egypt, thousands of others — bus workers in Cairo, employees at Telecom Egypt, journalists at a number of newspapers, workers at pharmaceutical plants and steel mills — joined the strike wave. They demands improved wages, the firing of ruthless managers, back pay, better working conditions and independent unions. In many cases they also called for the resignation of President Mubarak. And in some cases, like that of the 2,000 workers at Helwan Silk Factory, they demanded the removal of their company’s Board of Directors. Then there were the thousands of faculty members at Cairo University who joined the protests, confronted security forces, and prevented Prime Minister Ahmed Shariq from getting to his government office. [My sources on workers’ protests include Aljazeera, Al-Masry Al-Youm, the Center for Trade Union and Workers Services, newsocialist.org, and socialistworker.org. Special thanks to Jack Hicks for documents and reports.]
What we are seeing, in other words, is the rising of the Egyptian working class. Having been at the heart of the popular upsurge in the streets, tens of thousands of workers are now taking the revolutionary struggle back to their workplaces, extending and deepening the movement in the process. In so doing, they are proving the continuing relevance of the analysis developed by the great Polish-German socialist, Rosa Luxemburg. In her book, The Mass Strike, based on the experience of mass strikes of 1905 against the Tsarist dictatorship in Russia, Luxemburg argued that truly revolutionary movements develop by way of interacting waves of political and economic struggle, each enriching the other. In a passage that could have been inspired by the upheaval in Egypt, she explains,
“Every new onset and every fresh victory of the political struggle is transformed into a powerful impetus for the economic struggle… After every foaming wave of political action a fructifying deposit remains behind from which a thousand stalks of economic struggle burst forth. And conversely. The workers condition of ceaseless economic struggle with the capitalists keeps their fighting spirit alive in every political interval…”
And so it is in the Egyptian Revolution. Tens of millions of workers — in transportation, healthcare, textiles, education, heavy industry, the service sector — are being awakened and mobilized. They are fusing demands for economic justice to those for democracy, and they are among the hundreds of thousands building popular power and self-organization. Moreover, should the rising of the workers move toward mass strikes that paralyze the economy, the Egyptian Revolution would move to a new and more powerful level.
What the coming weeks will bring is still uncertain. But Mubarak’s folly has triggered an upsurge of workers’ struggle whose effects will endure. “The most precious, because lasting, thing in this ebb and flow of the [revolutionary] wave is … the intellectual, cultural growth of the working class,” wrote Rosa Luxemburg.
In Tahrir Square and elsewhere thousands of signs depict Mubarak accompanied by the words “Game Over.” For the workers of Egypt it is now, “Game On.”
David McNally, 13 février.
David McNally teaches political science at York University, Toronto and is the author of the recently published, Global Slump: The Economics and Politics of Crisis and Resistance (PM Press).
11-02-16 - Le Monde -- A Zamalek, la bourgeoisie du Caire défend ses biens et prend ses distances avec le régime
A Zamalek, la bourgeoisie du Caire défend ses biens et prend ses distances avec le régime
Le Monde | 31.01.2011 à 12h07 • Mis à jour le 16.02.2011 à 17h20 | Par Benjamin Barthe - Le Caire Envoyé spécial
Il y a encore une semaine, Samer Ahmed, vingt-six ans, travaillait comme analyste financier, spécialisé dans le risque-crédit, au sein de la Banque d'Alexandrie. Mis au chômage technique par la révolte qui embrase son pays, il traite toujours de question de risque, mais dans un contexte radicalement différent. Avec quelques amis, il gère un barrage routier sur la corniche de Zamalek, l'un des bastions de la bourgeoisie cairote.
Leur mission consiste à empêcher toute intrusion indésirée dans les rues de cette île verdoyante, qui abrite une pléiade d'ambassades, de restaurants chics et d'immeubles résidentiels, juste en face de la place Tahrir, l'épicentre du soulèvement. Comme eux, des centaines d'habitants de Zamalek ont dû s'improviser vigiles afin de pallier la disparition de la police des rues de la capitale et de refouler les éventuels pillards, attirés par le lustre de leur quartier.
"C'est très simple, on demande aux conducteurs leur carte d'identité et s'ils n'habitent pas Zamalek, ils ne passent pas", dit Samer, déjà rompu à la sévérité exigée par sa nouvelle fonction. Après avoir récupéré ses papiers, la conductrice d'une Mercedes blanche, enveloppée dans un manteau de fourrure, lance par la fenêtre: "Que Dieu vous bénisse, jeunesse d'Egypte!" Pour filtrer le trafic, Samer et ses nouveaux collègues disposent d'une barrière sur roulettes, qu'ils ont empruntée à une ambassade des environs. En guise d'armement, ils ont un simple bâton de bois au bout duquel ils ont accroché un couteau effilé. Les rares automobilistes qui se risquent dans les rues de Zamalek, en cette fin d'après-midi du dimanche 30 janvier, se plient de bonne grâce au contrôle.
"Tout le monde souffre de cette situation, ils savent que l'on fait ça pour eux", dit Samer. Lui-même ne se plaint pas de sa reconversion forcée. "Nous voulons un changement, dit-il. Cette révolution n'est pas seulement celle des pauvres, qui n'ont rien à manger. Elle est aussi celle de la classe moyenne, qui souffre des bas salaires, de l'inflation et des passe-droits dont bénéficient les favoris du régime. Ceux-là sont exaspérés par ce qui se passe. J'en avais d'ailleurs quelques-uns pour client. La corruption, je l'ai vue défiler sur mon écran d'ordinateur."
Un policier à scooter, armé d'une kalachnikov, stoppe devant le barrage. Il appartient aux forces spéciales, une unité épargnée par le discrédit qui touche la plupart des agences de sécurité. Il donne son numéro de téléphone avec la consigne de l'appeler au moindre pépin. "C'est une exception, dit Youssef, un étudiant en journalisme qui vient prendre son quart sur le barrage. La quasi-totalité des forces de police a disparu de la circulation après l'intervention de Moubarak à la télévision, vendredi. Ils cherchent à nous faire peur, à semer le chaos pour discréditer la révolution."
"ECHANGES DE COUPS DE FEU"
La tactique d'ailleurs n'est pas complètement inefficace. Une angoisse diffuse plane sur les rues désertes de Zamalek, le long des jardins du club Gazira, haut lieu de rencontre de l'élite cairote. Au volant de sa voiture couverte de poussière, Chénouda Badawi, vingt ans, étudiant ingénieur, confie son malaise. "Ma mère et ma sœur sont terrifiées. Il faut que le calme revienne. Le message a été entendu. Moubarak doit rester au pouvoir le temps que l'opposition se structure. Sinon ce sera le chaos." Membre de la minorité copte, une communauté ébranlée par l'attentat d'Alexandrie, qui a fait 23 morts dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, le jeune homme est sensible à la propagande des autorités, qui ne cessent d'agiter l'épouvantail islamiste. "Les Frères musulmans sont en train de s'emparer de la place Tahrir. On y voit de plus en plus de barbus", affirme Chénouda contre toute évidence.
Deux kilomètres plus loin, sur l'avenue du 26-Juillet, l'artère principale de Zamalek, jalonnée de restaurants, de joailliers et de boutiques de souvenirs, un autre barrage est dressé. Essam Kamel, 52 ans, vêtu d'un pull-over en laine sur une chemise à carreaux vichy, s'y est porté volontaire. Dans la vie d'avant la révolution, Essam était consultant en management. Aujourd'hui, armé d'une pompe à vélo, il est la sentinelle de Zamalek.
"Nous demandons aux conducteurs leurs papiers, même la carte grise du véhicule, car il y a eu beaucoup de voitures volées ces derniers jours, dit-il tout pénétré de l'importance de sa mission. Hier soir, plusieurs voitures remplies d'individus louches ont été refoulées. Il y a même eu des échanges de coups de feu." Des insurgés de la place Tahrir, Essam n'a que du bien à dire. "Ils veulent la démocratie, comme moi, comme lui, comme tout le monde ici. Si Moubarak avait un gramme de dignité, il serait déjà parti. Depuis trente ans, il dit qu'il travaille pour le bien du peuple. Alors qu'il le prouve et qu'il dégage. Même Souleiman [le patron des services secrets nommé vice-président samedi], je n'en veux pas. C'est trop tard, il est trop lié à Moubarak".
Hussein Chafic, la cinquantaine élégante, est également descendu dans la rue, avec une tringle à rideau en guise de hallebarde. Vêtu d'une polaire beige, ce gynécologue aux tempes argentées est prêt à donner une chance à M. Souleiman, l'homme apprécié d'Israël et des Etats-Unis, mais seulement le temps que des élections libres soient organisées. "Dans quelques jours, la nourriture viendra à manquer, fait-il remarquer. Les salaires n'ont pas été payés. La Bourse a fermé. Il ne faudrait pas que cette situation de chaos perdure trop longtemps", ajoute-t-il.
Dans la patrouille de guetteurs auquel il s'est joint, il y a un bawab (concierge) nubien, deux fils de famille, un employé de station-service et un petit fonctionnaire. Une phalange hétéroclite à l'image de cette révolution sans leader, qui semble galvaniser le peuple tout entier. "C'est normal, dit Hussein. Ce régime s'est attiré la haine de tous les milieux sociaux. La corruption, les violences policières ou la destruction du système éducatif, tout le monde en pâtit." Il est 20 heures. Le silence règne sous le halo des lampadaires. Samer, Youssef, Essam et les autres veillent sur les nuits de Zamalek.
Benjamin Barthe - Le Caire Envoyé spécial
11-02-16 - Libération -- L'armée égyptienne incapable d'endiguer les appels à la grève
16/02/2011 à 13h06
L'armée égyptienne incapable d'endiguer les appels à la grève
Les Egyptiens testaient leur nouvelle liberté acquise depuis le départ d'Hosni Moubarak en poursuivant mercredi les mouvements de grève entamés pour réclamer des augmentations de salaires, même si l'armée maintenant au pouvoir leur a demandé de reprendre le travail.
Des arrêts de travail et des rassemblements étaient signalés mercredi dans de nombreux endroits, en particulier dans le delta du Nil, les villes le long du canal de Suez, au Caire et dans la deuxième ville du pays, Alexandrie.
Nombre de ces conflits ont débuté ces derniers jours, avant d'être su pendus mardi, jour férié marquant l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. Le secteur bancaire était également perturbé, obligeant la Bourse du Caire à rester fermée jusqu'à dimanche au moins.
Après avoir suspendu leur grève dimanche, les employés de la plus grande usine d'Egypte ont repris leur mouvement mercredi pour réclamer hausses de salaires et meilleures conditions de travail, au lendemain d'une mise en garde de l'armée contre les conséquences "désastreuses" de nouveaux mouvements sociaux.
Faiçal Naoucha, un des organisateurs de la grève, a précisé à l'AFP que le personnel de l'entreprise publique Misr Filature et Tissage, qui emploie quelque 24.000 personnes à Mahallah, dans le delta du Nil, demandait aussi le départ de deux des directeurs de l'usine.
40% de la population vit sous le seuil de pauvreté
Une grève était aussi en cours dans un autre grande usine textile, à Helwan, dans la banlieue sud du Caire. A Ismaïliya, sur le canal de Suez, des employés des services publics de l'irrigation, l'éducation et la santé ont protesté devant le gouvernorat pour demander de meilleurs salaires, ont indiqué des témoins.
Cette situation sociale difficile s'ajoute à la crise du tourisme, au point mort depuis plusieurs semaines alors que cette période de l'année correspond à la haute saison. Le tourisme rapporte environ 13 milliards de dollars par an au pays. Il représente 6% du PIB et, directement ou indirectement, près de 10% de l'emploi.
L'armée "est consciente des conditions sociales et économiques que traverse la société, mais ces problèmes ne peuvent pas être résolus avant la fin des grèves et des sit-in", a-t-elle dit mardi, selon l'agence officielle Mena.
Environ 40% de la population égyptienne vit en dessous du seuil de pauvreté, établi à deux dollars par jour et par personne. Le salaire minimum, fixé l'an dernier à environ 70 dollars par le gouvernement, est proche de ce seuil de pauvreté.
L'Egypte a appelé mardi la communauté internationale à soutenir son économie, durement affectée par la crise. Au plus fort de la révolte, l'économie égyptienne perdait au moins 310 millions de dollars par jour, selon une note du Crédit Agricole, qui a abaissé ses prévisions de croissance 2011 pour l'Egypte de 5,3% à 3,7%.
(Source AFP)
11-02-18 - Jura Libertaire -- Luttes de classe en Égypte
Luttes de classe en Égypte - 18 février
Publié le 18 février 2011 par la Rédaction
Égypte : les manifestants de nouveau place Tahrir pour maintenir la pression
Une semaine après le départ de Hosni Moubarak, des milliers de manifestants sont revenus vendredi place Tahrir au Caire pour fêter la chute de son régime et maintenir la pression sur l'armée pour qu'elle libère les détenus et assure de vraies réformes démocratiques.
Les manifestants agitant des drapeaux égyptiens ont commencé à se rassembler dans une atmosphère de fête dans ce haut lieu de la révolte populaire qui a forcé M. Moubarak à mettre un terme à trois décennies de pouvoir sans partage.
«C'est une fête, nous sommes très heureux, Moubarak est parti. Je pense que nous allons revenir toutes les semaines, tous les vendredis», déclare Nasser Mohammed, 50 ans.
La place était toutefois entourée de chars et un cordon de militaires vérifiait les identités aux différents points d'accès. Des membres de comités populaires composés de manifestants assuraient aussi des contrôles.
Mais l'armée participait aussi à la fête, avec un orchestre militaire en grand uniforme jouant des airs patriotiques devant une foule ravie.
M. Moubarak a quitté le pouvoir le 11 février après 18 jours de manifestations massives sans précédent qui ont fait au moins 365 morts selon un bilan officiel.
Il a remis le pouvoir à l'armée qui a suspendu la Constitution et dissous le Parlement tout en s'engageant à préparer un retour à un pouvoir civil élu dans un délai indicatif de six mois.
La «Coalition des jeunes de la révolution», un groupe de militants pro-démocratie qui a participé au déclenchement de la révolte le 25 janvier, a demandé que la manifestation de vendredi soit l'occasion «de se souvenir des martyrs de la liberté, de la dignité et de la justice».
Dans un message sur Facebook, elle réclame aussi «la libération immédiate de tous les détenus» arrêtés lors des manifestations anti-Moubarak, et le remplacement de l'actuel gouvernement, formé dans les derniers jours au pouvoir de M. Moubarak, et chargé par l'armée d'expédier les affaires courantes.
Selon Gamal Eid, un avocat du Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'Homme, «des centaines de personnes sont détenues», certaines par l'armée, «mais leur nombre exact n'est pas connu».
«Si les personnes arrêtées ne sont pas libérées, sans parler des prisonniers politiques plus anciens, cela montrerait que l'armée n'est pas sincère dans ses promesses de réformes politiques», a déclaré à l'AFP Mohamed Waked, un des organisateurs de la manifestation.
Les organisations Amnesty International et Human Rights Watch ont fait état de témoignages de manifestants torturés par des militaires.
L'armée, qui fut l'épine dorsale du régime Moubarak, continue toutefois d'être populaire en Égypte où elle est saluée pour ne pas avoir tiré sur les manifestants.
Jeudi, trois anciens ministres dont celui de l'Intérieur Habib el-Adli, et Ahmad Ezz, un influent homme d'affaires proche du fil de l'ancien président, Gamal Moubarak, ont été arrêtés pour malversations financières et placés en détention provisoire.
Le départ de Habib el-Adli, honni par une grande partie de la population, avait été réclamé avec insistance par les manifestants antirégime. L'armée a également confirmé une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites, alors que le pays connaît une vague de grèves et de mouvements sociaux.
À l'étranger, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a annoncé que son pays allait offrir une aide de 150 millions de dollars à l'Égypte pour soutenir la transition politique et l'économie. William Burns, sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, et David Lipton, conseiller de la Maison Blanche chargé de l'économie internationale, sont attendus en Égypte la semaine prochaine.
Paris a de son côté levé ses restrictions sur les voyages en Egypte du fait d'un «quasi-retour à la normale» dans le pays.
Leur presse (Agence Faut Payer), 18 février 2011.
Les ouvriers du textile à Mahalla en voie de constituer un syndicat indépendant
Mahalla employees calls for independent syndicate
Workers start petition after three-day pause in strikes
The workers of Ghazl El-Mahalla, the largest public-owned spinning and weaving factory in Egypt, have announced plans to create an independent syndicate separate from the Egyptian Trade Union Federation, known to be controlled by the government.
Employees have started to collect signatures for the creation of the new syndicate. More than 3,000 of the factory's 20,000-strong workforce having signed a petition in favour of the move.
Ghazl El-Mahalla workers relaunched their strike yesterday after a three-day break but trouble arose after the army prevented a second shift of protesters from entering the factory premises and closed the enterprise for three days.
Leur presse (Marwa Hussein,
Ahram Online), 17 février.
Égypte : Les jours d’après
Près de 24 heures de fête ont suivi la chute de Moubarak. Démantèlement du camp de la place Tahrir. Premières mesures «institutionnelles» du Conseil suprême des forces armées concernant la dissolution du Parlement, la suspension de la Constitution, la nomination d’une commission chargée de réviser cette même Constitution… Une liste de 43 personnes de l’ancien régime a été dressée avec interdiction de quitter le pays et gel de leurs avoirs financiers.
Si certains «Jeunes révolutionnaires» de la place Tahrir ont été reçus par les nouveaux maîtres de l’État égyptien, c’est sur le «front social» que les choses vont se déplacer, en particulier chez les fonctionnaires, les salariés des entreprises d’État et les travailleurs des plus grandes entreprises où les revendications portent sur la démission des membres des directions, les salaires, la couverture maladie, l’embauche des salariés précaires dans des contrats fixes…
Comme cela était prévisible, l’armée a appelé à la fin des grèves. Il n’est pas sûr qu’elle soit entendue. L’enjeu des prochains jours et semaines est de voir comment la rébellion sociale naissance, multiforme mais pas généralisée, va utiliser cette situation nouvelle à son profit.
Après la gueule de bois… il reste encore beaucoup à faire
Samedi 12 février 2011
12:25 heure du Caire
Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés dans un pays plus libre. Dans un monde plus libre. Un tyran a été abattu par la ferme détermination de la volonté populaire.
L’Égypte s’est levée avec une gueule de bois consécutive d’une longue nuit de fête qui, en fait, ne semble pas s’être encore terminée dans de nombreux endroits. Sur la place, cette chanson n’a cessé d’être écoutée.
Comme cela a déjà été l’accent dominant jusqu’à présent, les révolutionnaires égyptiens nous donnent une nouvelle leçon. Des centaines de membres des brigades populaires de nettoyage de Tahrir se sont mises à la collecte des ordures, avec l’aide des nettoyeurs de l’entreprise sous-traitante de la municipalité du Caire.
Les balais et les sacs sont distribués pour achever le travail aussi rapidement que possible. Apparemment, ce type d’intervention a également lieu ailleurs dans le pays. Sur la place, pendant ce temps, des appels depuis la radio se font entendre de se concentrer un peu, d’essayer de faire que l’euphorie de la victoire d’hier ne fasse pas perdre de vue la lutte engagée. Il faut se souvenir qu’aucun membre de l’armée, qui a formellement soutenu le pouvoir aujourd’hui, ne s’est encore adressé aux groupes de l’opposition pas plus qu’aux rebelles de Tahrir. Il y a encore beaucoup de choses à changer. L’avenir de la Constitution, les deux chambres du parlement, les élections présidentielles ou l’état d’exception sont probablement les questions les plus importantes. Bien qu’il semble clair que la plupart des rebelles n’ont pas l’intention de lever le camp de la place, on peut entendre quelques discussions sur la nécessité de continuer de se battre de la même façon. La plupart de ceux qui appellent à la levée du camp sont des gens qui n’y ont pas été dormi. «Tu n’as pas ce que tu voulais ? Maintenant qu’est-ce qui manque ?», demande un homme… «Des garanties», répond un révolutionnaire cairote. Il semble donc que le camp se poursuivra jusqu’à la satisfaction des exigences de la révolution. Reste à voir comment cela va se traduire dans la pratique. Personne ne sait encore si la place va être ouverte à la circulation même si la maintenir fermée pourrait finir par créer des confrontations inutiles avec certains citoyens.
12:56 heure du Caire
Preuve que ce n’est pas fini, nous parviennent des informations de mobilisations dans la ceinture ouvrière du Caire. La plupart viennent du blogueur Hossam El Hamalawy. 5000 travailleurs de l’entreprise sucrière de Hawamdiya viennent à l’instant de se déclarer en grève. Les travailleurs temporaires de la métallurgie à Helwan ont aussi arrêté les machines. Des travailleurs des transports publics sont aussi semble-t-il en train de manifester au Caire.
15:13 heure du Caire
L’armée vient de faire une nouvelle déclaration. Ils assurent qu’ils transfèreront le pouvoir à un gouvernement civil, mais n’ont pas précisé ni quand ni comment exactement. Pendant ce temps, déclarent-ils, ils garderont le gouvernement actuel, c’est à dire les mêmes ministres qu’avait nommé Moubarak au cours de la première semaine de la rébellion. Ils disent faire cela pour ne pas paralyser le pays.
00:48 heure du Caire
Il devient très difficile, voire impossible, de décrire l’explosion de bonheur qui a accompagné la chute du régime dans le pays. Une nouvelle Égypte est née et a voulu sortir dans la rue pour le célébrer. Plus de 30 heures après que Soleiman ait mis fin à un règne de 30 années de Moubarak, on peut encore entendre les klaxons dans les rues, sous un couvre-feu toujours en vigueur et dans une partie de la ville assez éloignée du centre névralgique de cette révolution. L’Égypte est sortie faire la fête, dans les formes les plus diverses, à travers tout le pays. Elle a extériorisé une joie de construire un nouveau pays, un processus dont tout le monde est conscient qu’il sera long et difficile. Mais le premier pas a été fait et l’espoir a rempli les rues. Des milliers de jeunes ont pris des balais et des pelles et ont rendu la ville plus propre que jamais. D’autres se sont dédié à nettoyer les tanks qui avaient été recouverts, au cours de la révolte, des slogans de la révolution réclamant la chute du régime. D’autres encore ont décidé de traduire sur les murs l’optimisme que la Révolution du 25 Janvier a entraîné chez un peuple resté prostré pendant trois décennies. Musique, fête et honneur pour tous ceux qui sont tombés dans la place Tahrir, transformée pendant un jour et demi en un véritable festival.
L’information exprimée par l’armée au début de l’après-midi, assurant que les chambres du parlement seront dissoutes, que le pouvoir sera transféré à un gouvernement civil élu avec des garanties démocratiques et la fin de l’état d’urgence semble avoir convaincu la majorité de la population. Ce qui va se passer avec les manifestants de la place Tahrir est une question où il y a encore de nombreux facteurs en jeu. Alors que beaucoup ont été satisfaits des déclarations de l’armée cet après-midi et sont rentrés chez eux, d’autres disent qu’ils resteront sur la place pour «défendre la révolution», c’est-à-dire pour s’assurer qu’elle se déroulera comme convenu. Il est encore difficile de prévoir quels seront ces effets au quotidien. À ce stade, il semble assez difficile pour les manifestants de maintenir la place fermée à la circulation et en contrôlant les accès, de sorte qu’il faudra voir comment maintenir l’occupation. Certains parlent déjà de former une plateforme politique, y compris sous la forme d’un parti politique, afin d’engager des poursuites contre la corruption.
L’armée a commencé à bouger et à quitter la ville. J’imagine que cela va se faire lentement, mais il y a quelques minutes j’ai été témoin d’au moins 7 tanks en train d’être remorqués hors de la ville. Le couvre-feu, bien que très réduit, est toujours en vigueur et il faudra voir comment les policiers vont revenir dans leurs locaux après le divorce total avec la population suite aux événements du 28 janvier.
Les choses ne se sont pas calmé non plus à Suez, l’un des points les plus chauds lors du soulèvement populaire. Il semble que des grèves sont en cours dans des usines de divers secteurs, la plupart avec un arrière-fond lié à la corruption. Cela s’ajoute aussi à l’exigence populaire d’en finir avec le gouverneur de la ville, à qui il est reproché, en sus de la corruption, les crimes de sang commis au cours de la dure répression contre les manifestants. Dans d’autres grèves en cours actuellement dans le pays, l’armée a tenté d’intercéder, la plupart du temps sans succès. Les travailleurs des transports publics à Alexandrie semblent suivre les traces leur collègues du Caire et sont en grève. Des grèves ont été annoncées dans le secteur du pétrole pour demain, entre autres, en demandant de cesser de vendre du gaz à Israël.
Nous allons voir comment tout cela va évoluer. Il y a encore un long chemin à parcourir. Mais aujourd’hui nous vivons un peu plus libres. Avec la preuve évidente de la force du pouvoir du peuple.
L’armée essaie de démanteler le camp de Tahir
Dimanche 13 février 2011
12:22 heure du Caire
L’armée tente de démanteler le camp Tahrir, mais les manifestants disent qu’ils ne partiront que lorsqu’ils auront l’assurance que les promesses sont tenues. Il semble que, à l’instant, la police militaire aurait ouvert la place à la circulation. Il semble que les tentes ont également été enlevées. Diverses manifestations ont lieu dans tout le pays, la plupart pour des questions du travail, augmentations de salaires ou bien dénonciations des directions corrompues, ou les deux. La police, en dépit de sa popularité au plus bas niveau depuis la répression sévère qu’elle a exercé au début de la révolution, se manifeste dans tout le pays exigeant des augmentations de salaire. Certains appellent également à la poursuite de l’ancien ministre de l’Intérieur Habib El Adly, qui est responsable de la répression brutale exercée contre la population. Habib El Adly est également poursuivi, entre autres, pour sa participation apparemment directe dans l’attaque terroriste contre une église copte à la fin de l’année dans la ville d’Alexandrie.
14:16 heure du Caire
Il semble que des manifestations sont en train de se produire dans tout le pays. La Transition, en lettres capitales, semble avoir démarré très fort.
La grève des transports publics
Lundi 14 février 2011
Il semble que la grève des travailleurs des transports publics est une de celles qui a eu le plus de force ces derniers jours. Voici un bref résumé : 15'000 travailleurs des transports publics sont actuellement en train de manifester devant le bâtiment de la radio-télévision (dans le centre du Caire). Leurs revendications sont :
— Destitution du président du Service, Saleh Farag,
— Hausse du salaire minimum à 1200 livres (150 euros environ),
— Engagement pour le paiement immédiat de la Sécurité sociale,
— Inclusion de l’Autorité des transports publics au sein du ministère des Transports,
— Résoudre le problème de la Fédération générale des syndicats d’Égypte (le syndicat vertical du Régime),
— Augmentation de 7% des heures supplémentaires.
En dehors de ce qui s’est passé en Algérie, il apparaît également que pour la première fois il y a de l’agitation politique pour le changement à Bahreïn, en plus de celle déjà en cours depuis plusieurs jours au Yémen. Le Soudan, la Jordanie et la Mauritanie ont également connu des manifestations. En Libye des manifestations contre le régime ont également été appelées pour le 17, et dans une de ses excentricités classiques, Kadhafi a dit qu’il y participera. La Syrie, où ont échouées quelques tentatives précédemment, ou le Maroc pourrait en vivre sous peu.
Les luttes sociales continuent pendant que l’armée dissout le Parlement
Deux jours après la chute du régime, il y a des signes qui montrent clairement que la route sera longue et difficile. Un grand nombre de mouvements de lutte de travailleurs, qui ont été essentiels au moment de faire tomber le dictateur, sont en cours. Particulièrement importants pour leurs positions stratégiques semblent être ceux touchant le pétrole et le gaz. Les travailleurs des entreprises pétrolières publiques sont actuellement devant le ministère du Pétrole à Nasr City, et exigent l’amélioration des conditions de travail et l’arrêt de la vente de gaz à Israël. Un grand rassemblement s’est déroulé hier, aussi, devant le centre de communications Ramsès, au Caire et il y a eu d’autres manifestations dans plusieurs usines. Il y eu aussi des protestations de la police pour l’augmentation des salaires et exigeant même que soit jugé l’ancien ministre Habib el Adly, qu’ils rendent responsable de toute la répression.
Pour sa part, l’armée a dissous le Parlement, en assurant qu’elle se maintiendra au pouvoir jusqu’à la tenue des élections, dans une période qui pourrait durer environ 6 mois. Cela ne semble pas satisfaire les principaux défenseurs du noyau de la révolution, qui demandent également l’abrogation de l’état d’urgence. Hier, la police militaire a forcé l’ouverture de la place à la circulation et a démantelé le camp, contre l’avis des personnes présentes. Quoi qu’il en soit il y a beaucoup de mouvement politique sur la place.
Bataille à la Fédération générale des syndicats d’Égypte
Une centaine de manifestants, membres des trois seuls syndicats libres à ce jour dans le pays, a tenté hier manifester au siège de la Fédération générale des syndicats d’Égypte, la «branche ouvrière» du syndicat vertical du régime. Les manifestants demandaient la liberté d’association syndicale et l’éviction du président de la fédération, le pro-Moubarak Hussein Megawer. Ils ont essayé de pénétrer dans le bâtiment, où ils se sont heurtés à un groupe de gros bras qui les ont attaqués, causant des dégâts matériels et plusieurs blessés. Cet incident intervient dans une atmosphère remplie d’exigences de salariés qui ne cessent pas.
En fait des représentants de la «Jeunesse de la Révolution», un ensemble regroupant des révolutionnaires de la place Tahrir, ont rencontré dimanche les chefs de l’armée. Le groupe reconnaît que des progrès ont été réalisés, mais demande instamment l’adoption de 12 points jugés essentiels. Parmi ceux-ci, le plus important serait la cession d’urgence, dans les 30 jours, du pouvoir à un gouvernement civil technocrate qui ait une plus grande légitimité. Ils mettent en avant également la libération de tous les prisonniers et la fin de l’état d’urgence qui régit le pays depuis l’arrivée de Moubarak au pouvoir. Ils assurent que l’application de ces demandes calmera momentanément la situation dans le pays et surtout l’agitation dans le monde du travail.
Informations complémentaires
El-Arish
Ce sont finalement dix personnes qui auraient été tuées et 35 autres blessées vendredi dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité dans la ville égyptienne d’El-Arish, selon des sources de sécurité locales. Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour dissiper les manifestants qui avaient afflué dans les rues pour se joindre à la vague de contestation nationale qui réclamait le départ du président égyptien Hosni Moubarak. Les milliers de manifestants n’étaient pas satisfaits du discours qu’avait prononcé jeudi soir M. Moubarak, qui, selon eux, n’a pas répondu à leurs aspirations (afriscoop.net). Selon d’autres sources (Reuters), les manifestants auraient attaqué le poste de police avec des cocktails Molotov pour libérer les prisonniers. Les mouvements sociaux touchent tous les secteurs.
Le Caire
Tarek Amer, président de la banque d’État National Bank of Egypt, la principale banque commerciale du pays, a été contraint de démissionner dimanche après que 2000 employés en colère l’aient empêché d’atteindre son bureau. Le nombre d’employés mobilisés n’a cessé de croître tout au long de la journée. Un peu plus loin, même scène devant la Bank Misr, second établissement du pays. En tête des revendications : la démission des membres du conseil d’administration. «Ils ont embauché la nièce de l’ancien Premier ministre Nazif comme conseiller média auprès du président. Elle gagne 200'000 livres par mois [env. 25'000 euros]. Elle est dentiste. Qu’est-ce qu’un dentiste peut conseiller dans une banque ?» interroge un directeur de succursale parmi les manifestants (Ahram Online). Du coup, les bureaux de la Banque centrale d’Égypte sont restés fermés. Tout comme la Bourse. La télévision a annoncé que la Banque centrale resterait fermée jusqu’à jeudi à cause des grèves dans le secteur bancaire.
Au Caire, des milliers de fonctionnaires se sont mis en grève et ont manifesté à plusieurs reprises, tandis que les grèves se poursuivent ailleurs, notamment chez les dockers de Suez (où le gouverneur de la ville est en fuite) et de Port Saïd.
Les employés du ministère de l’Éducation, de même que ceux de l’Autorité des services vétérinaires, sont en grève et demandent la démission de leur directeur ainsi que des augmentations de salaires.
Le personnel du ministère du Travail a également protesté pour exiger le départ de la ministre Aïcha Abdel Hadi, membre du parti de Moubarak, tandis que les fonctionnaires de l’Organisation gouvernementale de la Jeunesse et des Sports manifestaient sur la place Tahrir.
Des centaines de conducteurs d’ambulances se sont également rassemblés sur l’autre rive du Nil avec des revendications similaires. Les archéologues et les journalistes étaient aussi dans la rue, dans des manifestations séparées. La différence de salaires entre la direction et les employés est l’un des principaux thèmes soulevés par les grévistes. Les travailleurs demandent en outre une couverture médicale et leur titularisation.
Au Caire, plusieurs centaines de travailleurs ont manifesté devant la Fédération des travailleurs égyptiens, syndicat vertical contrôlé par l’État, pour exiger la démission de son président Hussein Megawer, très impopulaire, ainsi que les membres de son conseil d’administration, accusés de complicité avec le régime de Moubarak et de corruption.
Les travailleurs de l’industrie touristique ont organisé lundi une manifestation devant l’entrée de la Grande Pyramide. Environ 150 salariés (dont beaucoup de guides) se sont rassemblés sur le plateau de Gizeh, en dehors du Caire, pour exiger des augmentations de salaires et aussi pour appeler les touristes à revenir en Égypte.
Un mouvement de grève affecte aussi la compagnie aérienne nationale EgyptAir, qui a programmé seulement 31 vols internationaux et 12 dessertes intérieures ce lundi, contre au total 145 liaisons quotidiennes. L’agence officielle Mena a fait état de manifestations dans d’autres villes, dont Assouan (sud) et Alexandrie (nord).
Les travailleurs chargés du nettoyage d’un tunnel routier très important du Caire ont dressé des barricades à l’entrée et réclament comme partout, des augmentations de salaire, des contrats en fixe (certains ont des contrats temporaires depuis onze ans), une assurance-maladie.
La direction de la Arafa Holding, le plus grand exportateur de vêtements d’Égypte, a décidé de fermer ses usines de Ramadan City jusqu’au 17 février en raison de la grève de ses usines situées à la périphérie du Caire regroupant 6000 travailleurs.
À Alexandrie, deuxième ville du pays, des milliers de travailleurs du secteur bancaire, des hôpitaux, des magasins d’État et de l’industrie étaient en grève pour la troisième journée consécutive.
À Kerdassa, au sud de la capitale, plus de 5.000 ouvriers d’une grande entreprise textile ont entamé un sit-in pour réclamer de meilleures conditions de travail et réclamer des contrats permanents et non plus provisoires.
À Assiout plusieurs entreprises, cimenterie (4000 travailleurs de l’Assiut Cement Company), chimie (2000 de l’Assiut Fertilizer Factory) ont organisé des sit-in et sont en grève pour des salaires plus élevés et des contrats fixes.
Pétrochimie, textile, aluminium, raffinage du sucre, postiers… les mouvements de lutte et de grève se poursuivent depuis maintenant trois jours… ce qui n’est pas vraiment ce que la junte militaire au pouvoir peut accepter longtemps.
L’armée contre les grèves
Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Égypte, a critiqué lundi ces grèves. Dans un «communiqué numéro 5» diffusé par la télévision publique, les militaires soulignent que «les nobles Égyptiens voient que ces grèves, dans cette période délicate, produisent des résultats négatifs». L’armée «appelle les citoyens, les organisations professionnelles et les syndicats à jouer pleinement leur rôle». «À présent, tous les citoyens doivent conjuguer leurs efforts pour garantir la sécurité de la patrie», a indiqué l’armée.
Selon les militaires, les grèves et les actions de protestation dégénèrent souvent en désordres qui portent atteinte à la sécurité nationale et privent les autorités de la capacité d’approvisionner les citoyens en biens de première nécessité.
«Le Conseil suprême des forces armées appelle les citoyens et les syndicats à assumer leur rôle, chacun à sa place. Nous espérons que tout le monde participera à la création d’un climat propice à la gestion des affaires du pays jusqu’à ce qu’elle soit remise au pouvoir civil, élu par le peuple», dit la déclaration.
L’armée a prévenu que les actions de protestation entravent la vie quotidienne des Égyptiens et «portent atteinte à l’économie nationale».
Armée égyptienne, armée du peuple ?
L’armée égyptienne qui a pris le contrôle de l’appareil d’État, se veut le garant de la transition démocratique de l’après-Moubarak.
Mais cette armée n’est pas seulement une structure essentielle du pouvoir politique depuis un demi-siècle, un appareil militaire, une institution représentative et symbolique de la nation et de l’État. Elle est aussi devenue une véritable puissance économique, sans doute la première du pays, représentant la majeure partie de ce qui reste du capitalisme d’État hérité de l’ère nassérienne, nationaliste et socialisante. Contrôlant à l’origine une industrie d’armement naissante à l’époque de Nasser (1954-1970), comportant une vingtaine d’unités de production de blindés, de munitions…, l’armée égyptienne a diversifié ses activités depuis la paix signée avec Israël en 1978. Accords de paix (dits de Camp David) qui lui ont en outre garanti une subvention étatsunienne annuelle de 1,3 milliard de dollars.
Les hauts dignitaires de l’institution militaire ont pu ainsi acquérir des intérêts dans divers secteurs civils, l’industrie du ciment, l’hôtellerie, la construction, l’immobilier, le pétrole, les eaux minérales, l’industrie alimentaire (conserveries), l’huile d’olive… Comme en Turquie, en Algérie, et dans beaucoup d’autres pays, il existe un complexe militaro-industriel puissant, contrôlant aussi l’import-export et se rémunérant sur les transactions commerciales les plus juteuses. Complètement opaque, cette économie est évaluée par certains à environ 25% du PIB.
Si Moubarak et sa clique ont été virés par la rue — mais aussi grâce au rôle décisif de l’armée — il est clair que cette «bourgeoisie-militaire» entend maintenir le cadre général dans lequel évolue la société égyptienne : sans doute prête à accepter certaines réformes répondant à l’effondrement du régime précédent, elle acceptera d’autant plus des réformes que ses intérêts et privilèges ne seront pas menacés.
La poursuite des grèves et des mouvements de rébellion dans tous les secteurs et de la part de toutes les figures sociales (ouvriers, paysans, fonctionnaires, mal-logés, chômeurs, prolétaires des ateliers de l’économie informelle, femmes de toutes ces catégories…) ne peut que se heurter à la clique des généraux qui, non contents de contrôler une partie de l’économie, se sont emparés directement des pouvoirs de l’État. Les illusions du type «l’armée et le peuple, c’est pareil», si, bien sûr, il est fait une distinction entre les conscrits et les généraux, ne devraient pas résister longtemps à l’épreuve des faits.
L’activité — et les mouvements sociaux qui vont avec — sont suspendus ce mardi, jour férié marquant l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet.
Mais rien n’indique qu’ils ne reprendront pas dès le lendemain.
La «Coalition de la Jeunesse Révolutionnaire» a appelé à une marche de la victoire vendredi prochain dans tout le pays pour maintenir une sorte de pression sur l’armée.
Le 15 février 2011
À suivre…
P.-S. : Source Egiptebarricada, et autres informations.
Organisation Communiste Libertaire, 16 février.
Le chaudron de la révolte
Egypt’s Cauldron of Revolt
It was striking workers that first inspired the Egyptian uprising. And they're still at it.
In the sprawling factories of El-Mahalla el-Kubra, a gritty, industrial town a few hours' drive north of Cairo, lies what many say is the heart of the Egyptian revolution. “This is our Sidi Bouzid,” says Muhammad Marai, a labor activist, referring to the town in Tunisia where a frustrated street vendor set himself on fire, sparking the revolution there.
Indeed, the roots of the mass uprising that swept dictator Hosni Mubarak from power lie in the central role this dust-swept company town played years ago in sparking workers' strikes and grassroots movements countrywide. And it is the symbolic core of the latest shift in the revolution: a wave of strikes meant to tackle social and economic inequities, which has brought parts of Egypt to a standstill.
Here in Mahalla's smog-beaten, faded yellow factories and textile mills, a series of workers' strikes demanding better pay and benefits erupted in 2006. The actions, in a country where large demonstrations were rare and independent labor organizing remains illegal, galvanized a youth movement that played a key role in eventually toppling Mubarak.
More than 24,000 workers at dozens of state-owned and private textile mills, in particular the mammoth Egypt Spinning and Weaving plant, went on strike and occupied factories for six days in 2006, winning a pay raise and some health benefits. Similar actions took place in 2007.
Then, on April 6, 2008, thousands joined protesting workers in one of the town's central squares, a frenetic array of vegetable stalls and shouting street vendors. “At first, there were only a few of us,” said Marai. “We chanted ‘Down, down with Hosni Mubarak!’ and people started joining us.”
Within hours, the protest had grown to thousands and riveted the country. Incredibly, demonstrators pulled down a poster of Mubarak and stomped on it; some clashed with the police and torched vehicles. Such images had not been seen in Egypt for almost 30 years and shook the government to its core, according to former officials.
The workers immediately won concessions — as they had in the strikes of 2006 and 2007 — including bonuses and pay hikes. The success spawned a Facebook group, the April 6 Youth Movement, which has played a prominent part in the current uprising, and inspired a strike wave over the next two years.
“After Mahalla in 2008, the first weaknesses in the regime appeared,” says Gamal Eid of the Arabic Network for Human Rights Information. “Nothing was the same in Egypt after that.”
Perhaps most importantly, the Mahalla strikes birthed a new opposition movement as socialists, left-wing lawyers, and Internet activists forged lasting links with labor leaders and facilitated connections between factories. The U.S. Embassy observed at the time that “in Mahalla, a new organic opposition force bubbled to the surface, defying current political labels, and apparently not affiliated with the [Muslim Brotherhood]. This may require the government to change its script,” according to a classified document released by WikiLeaks.
In recent weeks, Mahalla workers joined a nationwide general strike that started on Feb. 9 and likely tilted momentum in favor of the Tahrir Square protesters and hastened Mubarak's fall two days later. “The workers have tremendous power to change society,” says Kamal al-Fayumi, a labor leader who works at a power station and has been imprisoned a number of times for his activities. “When we entered the picture, it signaled the end for Mubarak.”
Once a symbol of the grandeur and vision of the country's economic nationalism, Mahalla was home to the first fully Egyptian-owned enterprise, the Egypt Spinning and Weaving plant, established in the 1930s. By the 1960s, the plant was the largest factory in the Middle East, employing tens of thousands.
But under Mubarak, a large number of state firms were privatized, including some in Mahalla, pushing thousands into relative job insecurity. And many state subsidies were slashed — food subsidies alone dropped by more than half during his rule.
After 2004, these changes accelerated with the appointment of a “reform cabinet” of business tycoons who pushed further liberalization of the economy along IMF-suggested lines. On the one hand, this produced robust growth rates and attracted investment; on the other it fostered official corruption and exacerbated woes for the poor, who faced soaring inflation and food prices.
By 2008, the U.S. Embassy was noting that the “fundamental unspoken Egyptians [sic] social pact — the peoples' obeisance in exchange for a modest but government-guaranteed standard of living — is under stress,” according to the document leaked by WikiLeaks.
Many in Mahalla say the reforms have put tremendous pressure on them. “I have five children and I can barely survive,” says Khala Muhammad, a striking worker. “I can't afford even basic things.”
Fayumi, who works at the power station, says he and his colleagues work double shifts or two jobs to make ends meet. He works from 7 a.m. to 12 a.m. every day and still finds it difficult to pay the rent.
Wages have not kept pace with rising staple prices. According to official statistics, the average base salary for employees in Mahalla is about $100 a month, a derisory sum that is nonetheless more than in many other towns, thanks to the previous strikes. Elsewhere, this could be as low as $50 a month.
Such pressures have fueled widespread labor actions across the country, buoyed by the anti-Mubarak protests and growing since his departure. There have been work stoppages and protests in government banks, the oil and gas ministry, the transportation sector, the telecommunications ministry, the health ministry and more, in dozens of cities across the country.
Many of the strikers are state employees or workers in public-sector factories who are concerned about privatization. “Privatization would make us like temporary workers who can be fired on whim,” says Yasser Ishaq Ahmed, who is on strike from Elegikt, a state-owned electricity company.
Most are also demanding raising (and enforcing) the minimum wage. “How can I support my children? I make 400 pounds a month,” about $65, he says. “All of the workers in the company make 135,000 pounds per month combined, but the CEO alone makes 180,000.”
A number of strikes have already won some or all of their demands, most notably at the Tawfiq al-Nour department store chain, when 5,000 employees from around the country descended on Cairo to demand shorter working hours and benefits. Strikers won a 12-hour day (down from 16) and a sizable pay raise.
The spread of strikes in the wake of Mubarak's resignation has alarmed Egyptian officials. On Feb. 14, citing economic instability, the Army urged strikers to “go back to work,” in what many took to be a thinly veiled threat. On state TV and radio the striking workers have been repeatedly denounced as selfish and upsetting the economy, even while the protesters who were in Tahrir are now praised.
But the two groups are not so easily separated — thousands of workers joined the demonstrations in Tahrir, and many say the political space provided by Mubarak's fall has emboldened them to strike. “This is the time to act. We want an overthrow of this whole system, not just the removal of one person,” says a labor leader from Mahalla, speaking on the condition of anonymity.
Still, labor organizers say they take the Army's threats seriously — the memory of a pair of striking workers hanged by the new government following the 1952 revolution, which brought Gamal Abdel Nasser to power, has not faded. And as economic instability continues, they risk losing the urban middle-class allies that helped make the revolution possible. “Dear Egyptians, go back to your work on Sunday,” tweeted Wael Ghonim, a Google marketing executive whose account of his detention by Egyptian security services galvanized protesters. “Work like never before and help Egypt become a developed country.”
In Mahalla's crowded coffee shops, where the air is thick with shisha smoke and the tea served in dirty glasses, labor activists are debating and planning their next move. Ironically, while the rest of the country is engulfed in labor unrest, there have been no strikes in Mahalla this week.
Instead, workers here are planning the launch of an independent labor union, a rarity in a country where most unions are tied to the state. Some see this as a move with clear political implications. “When you are fighting a state-controlled union, that is inherently a political demand, not just an economic one,” says Marai, the Mahalla labor activist.
In fact, many of the strikes assert political and economic demands simultaneously, in part because the CEOs of many firms are tied to the Mubarak regime. And with a few exceptions, such as steel magnate and National Democratic Party kingpin Ahmed Ezz, those CEOs are still in positions of power.
“A lot of us here in Mahalla are talking about democracy and political freedom alongside better wages and living conditions,” says Marai. “Some people felt that our mission was accomplished after Mubarak fell, but I think our revolution is just beginning.”
Leur presse (Anand Gopal,
Foreign Policy), 16 février.
11-02-18 - Cris d'Egypte -- Egypte REPRISE !
18/02/2011
Egypte: REPRISE !
Le Caire, 18 février, 2011. Au Caire, le 11 février, Moubarak démissionne. S'ensuivent deux jours de fête et de déclarations rassurantes de l'armée: dissolution de l'Assemblée du peuple, gel de la constitution. Cependant, au fil des jours, le sentiment d'avoir été trompés croît à vue d'œil.
Nous disions que les égyptiens, prudents, n'accordaient à ce gouvernement de transition qu'une confiance provisoire et conditionnelle.
Aujourd'hui, rien n'est plus vrai.
Certes, le président a démissionné, mais le "nizam" (le "système") est là, et bien là, avec sa corruption, sa torture, ses fonds détournés. D'anciens dignitaires du régime comme Safwat el Sherif (secrétaire général du Parti National "Démocratique" et président du Conseil d'Etat), Zahi Hawi Hawass récemment nommé "Ministre des Antiquités" ou le général Tantawi appelé "le caniche" du président Moubarak circulent librement et nul ne les inquiète.
Réponse du peuple en ce vendredi ensoleillé: "Le peuple demande la purge de son pays", "Ni Moubarak, ni ses semblables", "Ni Moubarak ni son entourage".
C'est par centaines de milliers que les manifestants se réunissent aujourd'hui au Caire et dans d'autres grandes villes. Il est clair que leur nombre dépasse de très loin le million de personnes.
La flamme de la détermination révolutionnaire est plus vive que jamais, malgré les provocations du gouvernement de transition et les campagnes de division populaire soutenues ces derniers jours par celui-ci. Sur ces campagnes, nous reviendrons bientôt.
11-02-18 - BFM -- Deux millions d'Egyptiens fêtent la victoire place Tahrir
Deux millions d'Egyptiens fêtent la victoire place Tahrir
Le 18/02/2011 à 15:13 | MAJ à 16:13
par Maroua Aouad et Dina Zayed LE CAIRE (Reuters) - Des millions d'Egyptiens ont fêté vendredi dans la liesse le succès de leur "Révolution du...
par Maroua Aouad et Dina Zayed
LE CAIRE (Reuters) - Des millions d'Egyptiens ont fêté vendredi dans la liesse le succès de leur "Révolution du Nil", qui a entraîné la chute, il y a une semaine jour pour jour, du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans.
Selon l'agence de presse officielle Mena, qui avait minimisé ou carrément ignoré la forte mobilisation populaire durant les 18 jours qui ont changé l'histoire de l'Egypte, deux millions de personnes se sont rassemblées place Tahrir et à ses abords.
Mais, en dehors de cette grande place du Caire, qui fut le coeur battant de la révolution, des centaines de milliers de personnes ont participé dans le reste du pays à cette "marche de la victoire" visant aussi à rendre hommage aux 365 victimes de la répression.
De nombreux manifestants ont assuré vouloir rester vigilants face à l'armée, auquel Hosni Moubarak a transmis le flambeau avant de se reclure dans sa résidence de Charm el Cheikh, sur la mer Rouge, afin de ne pas se faire voler leur mouvement démocratique.
Le Conseil suprême des forces armées dirigé par le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, ministre de la Défense, a suspendu la Constitution, très contestée, et le parlement, élu en novembre dans des conditions litigieuses, promettant de rendre le pouvoir aux civils après des élections libres dans les six mois.
Place Tahrir, toujours gardée par des chars et blindés et quadrillée par la police militaire, le prédicateur égyptien Youssef al Karadaoui a demandé à la foule, lors de la grande prière hebdomadaire, de faire preuve de patience envers l'armée.
Mais l'influent cheikh basé au Qatar, qui a soutenu dès le début le soulèvement égyptien dans ses prêches diffusés par la chaîne de télévision panarabe Al Djazira, a demandé à l'armée de débarrasser les Egyptiens du gouvernement nommé par Moubarak au début de la crise, début janvier.
"PROTÉGER LA RÉVOLUTION"
De source proche de la sécurité, on assure que le Premier ministre, Ahmed Chafik, lui-même un général, annoncera dimanche ou lundi un remaniement, où devraient entrer des personnalités de l'opposition, dans l'espoir de rassurer les manifestants et de remettre au travail le pays, en proie à une vague de grèves.
Dans son message hebdomadaire sur internet, Mohamed Badié, nouveau chef des Frères musulmans, le mouvement d'opposition égyptien le mieux structuré, a exhorté les Egyptiens à préserver leur révolution face aux "opportunistes" qui chercheraient à "la prendre en otage, elle et ses réalisations".
Karadaoui, dont le sermon a été acclamé par une foule qui brandissait des drapeaux égyptiens, a, lui aussi, demandé à la jeunesse à l'origine du soulèvement de "protéger la révolution et sa propre unité". "Prenez garde à ceux qui veulent diviser vos rangs et corrompre votre fraternité."
"Ceci est un message sérieux à l'adresse des militaires", a souligné Mohamed el Saïd, un jeune habitant de Port-Saïd venu au Caire pour cette "marche de la victoire", en désignant la marée humaine sur la place, dont un des slogans proclamait "l'armée et le peuple sont unis".
"A partir d'aujourd'hui, il leur sautera aux yeux que, s'ils ne protègent pas la révolution et ne répondent pas aux exigences du peuple, les gens viendront la prochaine fois place Tahrir non pas pour célébrer la victoire mais avec des couvertures comme auparavant."
Karadaoui a présenté le mouvement qui a campé sur la place Tahrir du 25 janvier au 11 février comme un triomphe contre le sectarisme. "Ici, les chrétiens et les musulmans se sont côtoyés. Ces maudites querelles sont terminées."
Environ 10% des quelque 82 millions d'Egyptiens sont des chrétiens coptes. Vingt et un de ceux-ci avaient été tués et une centaine d'autres blessés dans un attentat à la bombe contre une église d'Alexandrie durant la nuit du nouvel an.
La mosquée-université cairote d'Al Azhar, la plus haute autorité morale du monde sunnite, a rompu fin janvier le dialogue avec le Vatican parce que le pape Benoît XVI avait reproché à l'Egypte de ne pas protéger assez sa minorité chrétienne.
Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser
11-02-18 - CSM -- Egypt revolution unfinished, Qaradawi tells Tahrir masses
Egypt revolution unfinished, Qaradawi tells Tahrir masses
Leading Islamic theologian Yusuf al-Qaradawi returned from Qatar to rally hundreds of thousands at Tahrir Square today in his first public speech since 1981.
By Dan Murphy Staff writer
February 18, 2011 | Cairo
Editor's note: Updated on Feb. 18 at 11:49 a.m.
Yusuf al-Qaradawi, a leading Egyptian Islamic theologian popularized by Al Jazeera, returned to Cairo today to deliver a stirring but overtly political sermon, calling on Egyptians to preserve national unity as they press for democratic progress.
“Don’t let anyone steal this revolution from you – those hypocrites who will put on a new face that suits them,” he said, speaking to at least 200,000 who gathered for Friday prayers in Tahrir Square, the epicenter of Egypt's uprising. “The revolution isn’t over. It has just started to build Egypt … guard your revolution.”
The massive turnout and Mr. Qaradawi's warning that the revolution is not complete demonstrate that if the military drags its feet on reform, another uprising could begin. And while his sermon was nonsectarian and broadly political, the turnout was also a reminder that political Islam is likely to play a larger role in Egypt than it has for decades.
Waving flags under the afternoon sun, the protesters in Tahrir today vowed to press on, assembling a list of 35 demands for what they say is Part II of the revolution.
“Egyptian people are like the genie who came out of the lamp and who have been in prison for 30 years,” says Hoda Youssry, adding that only one of their demands – Mubarak's ouster – has been met so far. “We are not going back in until all our demands are met.”
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Qaradawi, a spiritual leader to the Muslim Brotherhood here, sought to reassure Egypt’s Coptic Christian minority saying “in this square sectarianism died” and praised Copts for linking hands to symbolically protect Muslims while they prayed during the uprising.
“The regime planted sectarianism here … in Tahrir Muslims and Christians joined hands for a better Egypt,” said the theologian, who has lived in semi-exile in Qatar for decades.
And while he praised Egypt’s new military rulers, he warned that they must quickly restore civilian rule.
“The real message here was, 'Don’t mess with us Egyptians,' " says Shadi Hamid, research director at the Brookings Institute’s Doha Center in Qatar, who joined the crowd at Tahrir today. “It’s a clear message to the military, warning them that people are still willing to come out in massive numbers and it’s going to continue indefinitely if needed.”
Qaradawi's demands
The devout crowd, many of whom turned out to hear Qaradawi give his first public speech since 1981, was also a reminder that huge sections of Egypt take their Islamic faith seriously – and that real and open democratic reform will almost certainly lead to a stronger role for the faith in the nation’s political life.
“Qaradawi is very much in the mainstream of Egyptian society, he’s in the religious mainstream, he’s not offering something that’s particularly distinctive or radical in the context of Egypt,” says Mr. Hamid. “He’s an Islamist and he’s part of the Brotherhood school of thought, but his appeal goes beyond the Islamist spectrum, and in that sense he’s not just an Islamist figure, he’s an Egyptian figure with a national profile.”
Qaradawi called for the immediate release of the thousands of political prisoners that remain in Egypt’s jails, an end to the feared state security services, the dissolution of the cabinet of Mubarak loyalists who have been retained by the country’s military junta, and an end to the economic blockade of the Gaza Strip.
After his speech, he read from the Quran, his voice cracking as he reached a verse on the fate of tyrants. Then the thousands settled into prayer amid a pin-drop silence before breaking out into shouts of “no to Hosni, no to his regime, no to his supporters.”
Protest movement still strong enough to pressure military
The throngs at Tahrir Square today for what’s been billed as a celebration of the revolution and a day of mourning for the hundreds killed in protests, demonstrated that Egypt’s protest movement still holds the power to generate mass demonstrations and pressure the military.
In recent days there have been emerging splits among the activists and protesters who drove Mubarak from power one week ago. Discussions with the broad coalition of activists who helped kick-start the uprising have revealed plans for at least five political parties with different purposes and ideological visions. The Muslim Brotherhood, too, is likely to start at least one party of its own.
There have been some signs of the military council now in charge of Egypt, led by Defense Minister Mohamed Tantawi, reaching out to the Brotherhood. The head of a constitutional reform committee that Mr. Tantawi appointed two days ago is ideologically simpatico with the Brothers.
But the senior military leadership is also deeply suspicious of political Islam. In a possible sign of their ambivalence about the role the Brothers might play in coming days, state television did not carry Qaradawi’s speech and the stirring events at Tahrir Square.
Scope of constitutional reform in doubt
And whether democratic demands are going to be met remains an open question. The constitutional reform committee answers to the generals, and was appointed with no obvious input from the groups that pushed Mubarak from power.
Wael Nawara, a spokesman for the Ghad Party – a small opposition group that was involved in the democracy protests – says he’s worried that constitutional changes are being drawn up without any real input from Egyptian civil society and opposition politicians.
“There were people who worked against all odds, carrying the flag of change, for seven years or so,” Mr. Nawara says. “Trying to bypass those groups and starting to talk to individuals, however well intentioned, would be a huge mistake.”
Qaradawi has often been a controversial figure in the West – he was banned from traveling to the US because of his support for attacks on US troops in Iraq, for instance – but is very much in the Sunni Islamic mainstream.
When former Monitor reporter Jill Carroll was kidnapped in Iraq in 2006, Qaradawi issued a religious ruling reiterating his position that the kidnapping and murder of civilians is sinful and called for her immediate release.
Sarah Lynch contributed reporting from Cairo.
11-02-18 - Libération -- Les policiers d'Alexandrie se font petits
18/02/2011 à 00h00
Les policiers d’Alexandrie se font petits
Reportage
Corrompues et violentes, les forces de l’ordre ont totalement disparu des rues de la deuxième ville d’Egypte depuis la chute de Moubarak.
Par JEAN-PIERRE PERRIN Envoyé spécial à Alexandrie
Pas l’ombre d’un uniforme, pas la pointe d’un képi, pas même l’un de ces fantomatiques agents de la circulation, omniprésents en Egypte, qui embrouillent le trafic au lieu de le faciliter. Alexandrie est une ville d’au moins 4 millions d’habitants, mais elle n’a plus de policiers depuis une dizaine de jours. Aux carrefours, ils ont été remplacés par de jeunes membres des «comités de quartier» qui, visiblement, prennent leur rôle au sérieux. Aucun flic en faction non plus devant le principal commissariat de la ville, dans le quartier de Sidi Gabel. Certains bâtiments ont été en partie incendiés lors des émeutes et on dirait l’endroit désert. «Je suis persuadée que les officiers responsables de la répression se cachent encore à l’intérieur, en particulier celui qui a tiré sur la foule et a tué deux personnes, dont une jeune fille qui regardait la manifestation depuis son balcon», croit savoir Moushira Saleh, une activiste qui a quitté un poste important chez Unilever en Inde pour revenir à Alexandrie et participer au «mouvement».
Mais impossible de s’approcher du commissariat. Tout autour, des chars lourds ont pris position et le gardent jour et nuit. «On l’appelait le commissariat de la torture. C’était vraiment l’enfer», indique un chercheur en économie du Caire, Mohamed Salah, originaire de la ville. C’est là que l’on conduisait les personnes appréhendées à la discrétion d’Amn el-Dawla, la terrible Sécurité d’Etat, à laquelle les policiers obéissaient au doigt et à l’œil. «Depuis que la police a disparu, j’ai observé que la circulation est devenue plus fluide et le nombre de crimes a diminué», assure Mohammed Abdel Karim, un responsable du Front démocratique, une formation qui représente surtout les milieux intellectuels : «Maintenant que les gens se sentent responsables de leur pays, ils ont cessé de voler.»
Racket. Depuis des années, la population d’Alexandrie, comme dans beaucoup de villes égyptiennes, craignait sa police. «Pour de nombreuses raisons, ajoute Abdel Karim. Les policiers rackettaient, allaient prendre leurs repas gratuitement dans les restaurants, s’emparaient de la drogue des trafiquants et la revendaient pour leur compte. En fin d’année, pour boucler leurs dossiers criminels, ils accusaient même des innocents, faute d’avoir trouvé des coupables.»
Mais le 6 juin 2010, le ressentiment antipolicier va prendre une ampleur sans précédent à cause de l’assassinat sauvage par deux agents de Khaled Saïd, âgé de 28 ans. Le meurtre, en plein jour, dans une petite rue commerçante du quartier de Cléopâtre, va cette fois saisir toute la ville, déborder via la Toile, atteindre Le Caire, et concerner toute l’Egypte. Au point que cet événement a sans doute été l’étincelle qui a mis feu à la mèche de la révolution.
Dans l’entrée de l’immeuble où s’est déroulé le meurtre, des ouvriers remplacent précisément la grille que la jeune victime a endommagée en tentant de fuir les coups. Amal, la femme du concierge, voit encore les images de Khaled Saïd, battu à mort devant elle : «Je n’avais jamais imaginé qu’une telle violence soit possible.» C’est au cybercafé tout proche que les deux flics en civil sont venus appréhender Khaled. Peut-être pour avoir diffusé sur Internet les images de policiers se partageant le bénéfice d’un coup de filet antidrogue. Hytham Misbah, le propriétaire du petit établissement, les a vus faire irruption et le menotter. «Lorsqu’il a demandé "pourquoi me faites-vous cela ?" les policiers lui ont frappé violemment la tête contre le comptoir de marbre. Puis, ils l’ont traîné jusqu’à l’immeuble d’à côté et ont continué à le battre, raconte-t-il. Il hurlait : "Arrêtez, vous allez me tuer." Les policiers répondaient : "Tu vas mourir de toute façon"», ajoute le patron du cybercafé, qui les a suivis. «J’ai crié : "Arrêtez, arrêtez !" Mais les autres passants m’ont empêché d’intervenir. Ils me disaient : "Laissez-les, c’est leur travail." Chacun avait peur. Les policiers avaient menacé de nous frapper comme Khaled.»
Une icône. Amal, la concierge, raconte qu’ils lui ont demandé de l’eau qu’ils ont jeté sur le visage du jeune homme, sans doute pour tenter de le réanimer. «Ils sont ensuite partis en voiture en emmenant son corps, et sont revenus dix minutes plus tard pour le jeter devant l’immeuble», poursuit-elle. Le visage de Khaled Saïd avait été écrasé par les coups. Surmontant sa peur, la concierge ira témoigner après le dépôt de plainte par la famille de la victime. «Je l’ai fait en pensant à mes enfants», explique-t-elle.
Khaled n’est pas le premier à avoir perdu la vie sous les coups de la police d’Alexandrie. Avant, il y a eu Ahmed Chaabel, 16 ans, retrouvé mort dans un canal après son arrestation ; puis, en décembre, Moustapha Ataya, appréhendé après le sanglant attentat du 31 décembre contre l’église des Saints, en compagnie de trois autres personnes, que l’on n’a plus revues depuis. «Mais cette fois, ce fut exceptionnel : le meurtre s’est passé dans la rue», précise Mohammed Abdel Karim. Et puis, Khaled ne faisait pas de politique, il ne trafiquait pas, il était juste un jeune homme sans histoire, quelqu’un d’ordinaire. D’où l’importance de l’événement qui va entraîner la formation du groupe social Facebook : «Nous sommes tous des Khaled Saïd», qui comptera au moins 500 000 membres et recrutera pour des distributions de tracts ou, tous les quinze jours, des manifestations de jeunes en tee-shirts noirs qui gagneront toute l’Egypte. Sur la Toile, la photo du visage défoncé de Khaled, devenu une icône de la contestation, contribuera beaucoup à la mobilisation.
«Morceaux romantiques». Sans police, Alexandrie n’hésite plus à faire la fête. Dans une rue du centre, devant le café Abou Rayhab, le groupe de rock oriental Massar Egbari («sens obligatoire») chante la liberté de se retrouver devant des dizaines de jeunes gens, garçons et filles ensemble, non loin d’une mosquée, malgré l’heure avancée de la soirée. «Aujourd’hui, on n’a plus peur. Celui qui veut créer un problème va être chassé», dit la chanson phare, le Chemin de la révolution.
Sameh el-Halawany, le producteur, se rappelle des interminables négociations avec les forces de l’ordre avant chaque spectacle du groupe : «Des fois, ils me téléphonaient au milieu du concert pour me demander de l’arrêter. Je devais sans cesse ruser avec eux.» Ayman Massoud, qui tient les claviers, se souvient des irruptions des flics, «accompagnés de barbus». Au programme du groupe : «Des chansons qui font bouger les choses.» Ayman Massoud ajoute : «Nous n’avons plus besoin de morceaux romantiques, l’Egypte en a déjà beaucoup trop donné.»
11-02-19 - Libération -- En Egypte, les islamistes à visage découvert
19/02/2011 à 00h00
Quelques centaines d’extrémistes ont défilé vendredi au Caire au milieu des démocrates qui célébraient la chute de Moubarak.
Par CLAUDE GUIBAL Le Caire, de notre correspondante
Au passage du fauteuil roulant, ils se jettent à genoux. Des mains se pressent pour embrasser avec dévotion les doigts de la vieille dame. En ce vendredi de fête, une semaine après la chute de Moubarak, la foule hallucinée, têtes voilées ou cheveux au vent, fait tanguer Tahrir au rythme des chants patriotiques. Mais eux ne voient qu’elle, la mère de Khaled al-Islambouli. «Mon fils a assassiné Sadate», dit-elle fièrement. Des hommes au visage mangé par la barbe se pressent pour être pris en photo à ses côtés.
«Impie». Au-dessus des têtes, des pancartes. Elles réclament la libération de cheikh Omar Abdel Rahman, le guide spirituel des Gama’at al-Islamiya, emprisonné aux Etats-Unis, qui voient en lui un des cerveaux de l’attentat contre le World Trade Center en 1993. Dans les années 90, les commandos armés des Gama’at al-Islamiya ont terrorisé l’Egypte, tuant des centaines de policiers, de civils, de touristes, dans une série d’attaques destinées à renverser le régime «impie», coupable à leurs yeux d’avoir signé les accords de paix avec Israël.
«Nous n’avions pas d’autre choix que la violence. Nous ne pouvions ni parler ni voter, nous étions arrêtés, torturés. Prenez un animal et maltraitez-le, vous verrez bien comment il réagit.» L’homme qui se justifie ainsi s’appelle Essam Derbala. C’est un des dix membres du maglis, le haut-conseil des Gama’at al-Islamiya. Si Essam Derbala parle librement, c’est qu’il fait partie de ces leaders repentis du mouvement qui ont négocié un accord avec le régime de Hosni Moubarak en 1997, en échange d’un arrêt des violences. Un régime qui a su régulièrement s’appuyer sur eux, les poussant à multiplier les actes de contrition, à dénoncer la lutte armée, afin de limiter l’influence du jihadisme international.
A ses côtés, les fils d’Omar Abdel Rahman opinent. Abdallah, le plus jeune, est le plus disert. Mohamed, son aîné, se tait. Capturé par les Américains en Afghanistan en 2003, il a été transféré en Egypte, où il raconte avoir été torturé. Derrière, une centaine de personnes sautent au son d’un tabla, brandissant des banderoles où se mêlent la croix et le croissant. «Nous n’avons rien contre les chrétiens, c’est le régime qui a cherché à nous diviser et à instiller entre nous le venin !» intervient Abou Islam, qui en veut pour preuve l’absence d’attaque contre les églises depuis le début de la révolution. Il y a quarante ans, étudiant, il fuyait l’Egypte de Nasser. Depuis le Canada, il a continué son combat. «C’est la fin du tyran», se réjouit-il, en poussant le fauteuil de la mère de Khaled al-Islambouli. «Nous voulons la justice, que chacun puisse se présenter aux élections», assène-t-il en référence à la Constitution, amendée en 2007 de façon à empêcher toute candidature non validée par le régime.
Repoussoirs. Essam Derbala le confirme : il voudrait que les Gama’at deviennent un parti politique. «N’ayez pas peur des Frères musulmans, ni d’aucun autre groupe, harponne encore un passant, un comptable tripotant sa barbe aux poils fins. Rassurez-vous, même si nous arrivons au pouvoir, nous ne voulons pas faire de l’Egypte un autre Iran !» L’Iran chiite, ici, tous le méprisent. A quoi ressemblerait donc l’Egypte de ses rêves ? A la Turquie ? «Oui, pas au Hamas !» A ses côtés, un homme à la casquette verte frappée d’une calligraphie à la gloire des Palestiniens, l’interrompt : «Mais si ! Nous voulons le Hamas !» La discussion s’enflamme. «Pas devant eux !» rétorque en arabe le comptable, désignant les journalistes.
Sur la place Tahrir, la foule jette un œil soit agacé, soit vaguement curieux à ces 200 à 300 extrémistes, trépignant sous le portrait du cheikh emprisonné. Repoussoirs évidents pour tous ceux qui inclineraient à autoriser la création de partis religieux, une des revendications des Frères musulmans, islamistes autrement plus nombreux et influents. Au mitan du jour, le silence s’est fait sur Tahrir, et des dizaines de milliers de dos se sont courbés à l’unisson. Sur l’estrade, le cheikh Youssef al-Qaradawi a mené la prière. A 85 ans, la popularité de ce prédicateur, très proche de la confrérie, est immense, décuplée par le succès des émissions qu’il anime sur Al-Jezira depuis le Qatar, sa terre d’exil. «N’arrêtez pas l’histoire. Le monde arabe a changé de l’intérieur», s’est-t-il adressé aux dirigeants arabes, sa voix répercutée sur les façades de Tahrir. Une place colorée de noir, blanc, rouge, aux couleurs d’une Egypte qui, pour grande partie, ne voudrait pas laisser les islamistes lui confisquer sa révolution.
11-02-22 - Le Monde -- Remaniement ministériel en Egypte
Remaniement ministériel en Egypte
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 22.02.11 | 18h57
Le maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du conseil suprême des forces armées, à qui le président Hosni Moubarak a remis ses pouvoirs en démissionnant, reste ministre de la défense.AFP/MARWAN NAAMANI
Plusieurs nouveaux ministres ont prêté serment mardi 22 février dans le cadre d'un remaniement ministériel en Egypte, une douzaine de jours apès la chute du président Hosni Moubarak, a annoncé la télévision d'Etat.
Onze ministères changent de mains, dont ceux du pétrole, de la culture, de la santé, du commerce et du tourisme. Le ministère de l'information, très controversé, disparaît. Un vice-premier ministre est nommé, Yahia Elgamal, un professeur de droit constitutionnel octogénaire réputé indépendant, au côté du premier ministre reconduit Ahmad Chafic, issu de l'armée.
TROIS MINISTRES NOMMÉS PAR MOUBARAK RESTENT EN POSTE
Nommés par l'ex-président Moubarak avant sa chute, le ministre des affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, celui de l'intérieur Mahmoud Wagdi et celui des finances Samir Radwane restent à leur poste. Le maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du Conseil suprême des forces armées, à qui le président Hosni Moubarak a remis ses pouvoirs en démissionnant le 11 février après dix-huit jours de révolte populaire, reste ministre de la défense.
Les militants démocrates, qui ont lancé le soulèvement populaire ayant abouti à la chute de M. Moubarak, avaient réclamé ces derniers jours que le gouvernement actuel, composé de nombreuses figures de l'ancien régime, soit remplacé par un cabinet de technocrates. L'armée, qui a suspendu la Constitution et dissout le Parlement, a promis dans les prochains mois une révision constitutionnelle et des élections législatives et présidentielle, en vue de constituer un gouvernement civil élu démocratiquement.
11-02-22 - Libération -- Au Caire, les jeunes veulent plus que la chute du raïs
22/02/2011 à 00h00
Au Caire, les jeunes veulent plus que la chute du raïs
Une partie de l’opposition, désormais divisée, demande le départ du Premier ministre, Ahmed Chafik, nommé par Moubarak.
Par CLAUDE GUIBAL Le Caire, de notre correspondante
Dans le métro, ils se sont acharnés au couteau. Effacé, le nom de la station Moubarak, rebaptisée d’un coup de marqueur rageur «Révolution du 25 janvier». Dans les rues noir-blanc-rouge, les autocollants aux couleurs de la révolution pullulent. C’est à peine si les Egyptiens évoquent le souvenir de leur ex-raïs, que la rumeur dit en état comateux après qu’il a cessé de prendre son traitement médical.
Mais à l’approche de la place Tahrir, le trafic, une fois de plus, est bloqué. Des centaines de manifestants, poings levés, s’égosillent après avoir hurlé devant le bureau du Premier ministre, Ahmed Chafik, tout proche. Policiers, ils réclament de meilleurs salaires et cherchent à sauver leur peau, associés qu’ils sont à l’image de Habib el-Adly, l’ancien ministre de l’Intérieur à la sinistre réputation. Sur l’avenue voisine, d’autres employés manifestent devant leur entreprise, et encore là, sous les fenêtres d’un ministère. «Le vieux a dégagé, mais le plus dur reste à faire», commente, un brin découragé, Sherif Ahmed, opposant de longue date. Aujourd’hui il devrait se rendre à Tahrir, où les Egyptiens sont à nouveau invités à se rassembler en masse pour réclamer la démission du Premier ministre, un ex-militaire nommé par Hosni Moubarak le 29 janvier.
Illusion. L’annonce d’un remaniement ministériel n’a en rien calmé la fronde des protestataires. Au contraire. Les collectifs de jeunes et une partie de l’opposition ne se satisfont pas du remplacement des ministres trop proches de l’ancien régime par quelques figures de l’opposition et de la société civile pourtant estimées, comme Yahia el-Gamal, un proche de Mohamed el-Baradei nommé vice-Premier ministre. Un geste pour donner l’illusion d’un gouvernement d’union nationale, dénoncent-ils, exigeant la démission du précédent cabinet, nommé alors que Hosni Moubarak s’agrippait encore au pouvoir. Car les postes des Affaires étrangères et de la Justice, notamment, restent aux mains de ministres ex-proches du raïs.
L’opposition réclame un gouvernement transitoire de technocrates pour au moins six mois, le temps imparti par les militaires pour la tenue d’élections. Un délai extrêmement court que certains voudraient voir allongé à neuf mois ou un an, le temps, entre autres, de procéder à l’élaboration d’une nouvelle Constitution, et non à de simples amendements. Modifié en 2007, le texte empêche de facto les candidatures indépendantes à la présidentielle qui ne seraient pas avalisées par le pouvoir, et interdit la création de partis sur une base religieuse.
Dirigé par Tarek el-Bishry, un intellectuel islamiste éclairé, le «comité des huit» chargé de réfléchir aux modifications constitutionnelles compte aussi un ancien député des Frères musulmans. Jouant de prudence depuis le début du soulèvement, la confrérie cherche à tirer les marrons du feu révolutionnaire. Sans jamais se mettre en première ligne, tout en offrant sa capacité organisationnelle et sa masse, elle attend de pouvoir se constituer au plus vite en parti politique légal.
Coalitions. Ce week-end, un tribunal a enfin signé, après quinze ans de procédure, l’acte de naissance d’Al-Wasat. Un parti «libéral islamique» fondé par Aboul-Ela Madi, un ancien Frère musulman en rupture avec la confrérie, très marginal bien que respecté, y compris par de nombreux coptes. «Mais si des élections avaient lieu demain, les Frères seraient les seuls à pouvoir y faire face», commentent les analystes.
C’est bien là le problème pour le reste de l’opposition qui doit encore se structurer avant un éventuel scrutin. Déjà divisée, scindée en diverses coalitions, elle débat encore, chaque nuit tombée, dans d’interminables réunions de comités, réfléchissant au futur de l’Egypte. Et où, à en croire l’activiste Ahmed Salah, très pessimiste, «le régime est toujours en place. Seule la tête a été coupée».
11-02-23 - Aina News -- Egyptian Armed Forces Demolish Fences Guarding Coptic Monasteries
Egyptian Armed Forces Demolish Fences Guarding Coptic Monasteries
By Mary Abdelmassih
Posted 2011-02-23 01:39 GMT
AINA) -- Egyptian armed forces this week demolished fences surrounding ancient Coptic monasteries, leaving them vulnerable to attacks by armed Arabs, robbers and escaped prisoners, who have seized the opportunity of the state of diminished protection by the authorities in Egypt to carry out assaults and thefts.
"Three monasteries have been attacked by outlaws and have asked for protection from the armed forces, but were told to defend themselves." said activist Mark Ebeid. "When the terrified monks built fences to protect themselves, armed forces appeared only then with bulldozers to demolish the fences. It is worth noting that these monasteries are among the most ancient in Egypt, with valuable Coptic icons and manuscripts among others, which are of tremendous value to collectors."
On Sunday February 20, armed forced stormed the 4th century old monastery of St. Boula in the Red Sea area, assaulted three monks and then demolished a small fence supporting a gate leading to the fenceless monastery. "The idea of the erection of the gate was prompted after being attacked at midnight on February 13 by five prisoners who broke out from their prisons," said Father Botros Anba Boula, "and were armed with a pistol and batons. The monks ran after them but they fled to the surrounding mountains except for one who stumbled and was apprehended and held by the monks until the police picked him up three days later."
Father Botros said after this incident they thought the best solution to secure the monastery was to erect a gate with a small fence of 40 meters long at the entrance of a long wiry road leading to the monastery, which would be guarded day and night by the monks, and advised the army of their plan. According to Father Boulos, the army came with armored vehicles to demolish the gate, but it was agreed the monastery itself would undertake the demolition of the gate in stages as army protection is reinstated. "We told the Colonel it would look ugly to the outside world if Egyptian army is demolishing a gate erected for the protection of the unarmed monks under the present absence of security forces. We gave them full hospitality but we had a feeling that they wanted to demolish the gate in a 'devious' way."
On Saturday morning, seeing that only three old monks were guarding the gate, the army returned. "When the army found that very few monks were present the soldiers, who were hiding in military vans, came out," said Father Botros, "bound the three monks, threw them to the ground and confiscated their mobile phones so as not to photograph the incident."
The monks were set free after the gate and the 40 meter fence were demolished." Only four soldiers were left to guard the huge monastery.
"The army was here not to protect the monastery as they claimed, but to carry out their agenda of demolishing the gate" said Father Botros to activist Ramy Kamel of 'Theban Legion' Coptic advocacy. "By removing the gate and the supporting small fence, the army is giving a message of encouragement to any thief or thug to break into the monastery."
On February 21, armed forces demolished the fence surrounding the 5th century old Monastery of St. Bishoy in Wadi al-Natroun in the western desert.
Father Bemwa Anba Bishoy said that after the January 25th Uprising, all the government security forces that were guarding the monastery fled and left the monastery unguarded. He said they were attacked by prisoners who were at large after escaping from prisons during that period.
"We contacted state security and they said there was no police available for protection," Said Father Bemwa,"So we called the Egyptian TV dozens of times to appeal for help and then we were put in touch with the military personnel who told us to protect ourselves until they reach us." He added that the monks have built a low fence on the borders of one side of the monastery which is vulnerable to attacks, on land which belongs to the monastery, with the monks and monastery laborers keeping watch over it 24 hours a day.
Although security officials welcomed this step., a fanatical Muslim officer at the district police headquarters named Abdo Ibrahim incited the Muslims in the neighborhood, but when the circumstances were explained to them and that the fence also secures the nearby mosque, they agreed. "Ibrahim then incited the army against us, so they came with heavy equipment and armored vehicles, insulted the monks, demolished the fence and left," said Father Bemwa. "Now the monks are left in the open, vulnerable to attacks from prisoners who are still at large or Muslim fanatics" (video demolished fence).
In a related incident, Father Boulos, a monk at the Monastery of Abu Magar, also called St. Makarios of Alexandria in Wady el-Rayan, Fayoum, said that on February 21 armed forces stormed the monastery and wanted to demolish its fence and gate. He explained that after the security vacuum during the January uprising, the Monastery was attacked by thugs and Arabs armed with automatic weapons, leading to the injury of six monks, including one monk in critical condition who is still hospitalized.
"The perpetrators took advantage of the fact that the monastery is a nature reserve and has no fence for protection. After the incident we have built a fence around the monastery to protect it, but the environmental agency rejected it and sent for the security forces and the army to remove the fence." He added that they were given 48 hours by the authorities to demolish the one-meter high fence, otherwise the army would be back to destroy it.
"If no authority is in a position to protect us," said Father Boulos, "then let us do it ourselves, the way we see fit."
11-02-24 - Aina News -- Egyptian Armed Forces Fire At Christian Monasteries, 19 Injured
Egyptian Armed Forces Fire At Christian Monasteries, 19 Injured
By Mary Abdelmassih
Posted 2011-02-24 02:06 GMT
(AINA) -- For the second time in as many days, Egyptian armed force stormed the 5th century old St. Bishoy monastery in Wadi el-Natroun, 110 kilometers from Cairo. Live ammunition was fired, wounding two monks and six Coptic monastery workers. Several sources confirmed the army's use of RPG ammunition. Four people have been arrested including three monks and a Coptic lawyer who was at the monastery investigating yesterday's army attack.
Monk Aksios Ava Bishoy told activist Nader Shoukry of Freecopts the armed forces stormed the main entrance gate to the monastery in the morning using five tanks, armored vehicles and a bulldozer to demolish the fence built by the monastery last month to protect themselves and the monastery from the lawlessness which prevailed in Egypt during the January 25 Uprising.
"When we tried to address them, the army fired live bullets, wounding Father Feltaows in the leg and Father Barnabas in the abdomen," said Monk Ava Bishoy. "Six Coptic workers in the monastery were also injured, some with serious injuries to the chest."
The injured were rushed to the nearby Sadat Hospital, the ones in serious condition were transferred to the Anglo-Egyptian Hospital in Cairo.
Father Hemanot Ava Bishoy said the army fired live ammunition and RPGs continuously for 30 minutes, which hit part of the ancient fence inside the monastery. "The army was shocked to see the monks standing there praying 'Lord have mercy' without running away. This is what really upset them," he said. "As the soldiers were demolishing the gate and the fence they were chanting 'Allahu Akbar' and 'Victory, Victory'."
He also added that the army prevented the monastery's car from taking the injured to hospital.
The army also attacked the Monastery of St. Makarios of Alexandria in Wady el-Rayan, Fayoum, 100 km from Cairo. It stormed the monastery and fired live ammunition on the monks. Father Mina said that one monk was shot and more than ten have injuries caused by being beaten with batons. The army demolished the newly erected fence and one room from the actual monastery and confiscated building materials. The monastery had also built a fence to protect itself after January 25 and after being attacked by armed Arabs and robbers leading to the injury of six monks, including one monk in critical condition who is still hospitalized.
The army had given on February 21 an ultimatum to this monastery that if the fence was not demolished within 48 hours by the monks, the army would remove it themselves (AINA 2-23-2011).
The Egyptian Armed Forces issued a statement on their Facebook page denying that any attack took place on St. Bishoy Monastery in Wady el-Natroun, "Reflecting our belief in the freedom and chastity of places of worship of all Egyptians." The statement went on to say that the army just demolished some fences built on State property and that it has no intention of demolishing the monastery itself (video of army shooting at Monastery).
Father Hedra Ava Bishoy said they are in possession of whole carton of empty bullet shells besides the people who are presently in hospital to prove otherwise.
The army attack came after the monks built a fence for their protection after the police guards left their posts and fled post the January 25th Uprising and after being attacked by prisoners who were at large, having escaped from their prisons during that period.
"We contacted state security and they said there was no police available for protection," said Father Bemwa," So we called the Egyptian TV dozens of times to appeal for help and then we were put in touch with the military personnel who told us to protect ourselves until they reach us." He added that the monks have built a low fence on the borders of one side of the monastery which is vulnerable to attacks, on land which belongs to the monastery, with the monks and monastery laborers keeping watch over it 24 hours a day.
The monks of St. Bishoy are now holding a sit-in in front of monastery in protest against the abuse of the army by using live bullets against civilians
Nearly 7000 Copts staged a peaceful rally in front of the Coptic Cathedral in Cairo, where Pope Shenouda III was giving his weekly lecture (video), after which they marched towards Tahrir Square to protest the armed forces attacks on Coptic monasteries.
11-02-24 - MiamiHerald -- Probe of violence, mass escapes from Egypt prisons
Probe of violence, mass escapes from Egypt prisons
By KARIN LAUB and BEN HUBBARD
Associated Press
It remains one of the many murky chapters of Egypt's uprising - how did one-fourth of the nation's prisoners manage to escape and at least 120 end up dead, most in a single chaotic weekend?
Some allege the mass prison break was engineered by an embattled regime trying to cling to power by creating anarchy, though other testimony suggests there may not have been a single guiding hand.
A few days after the revolt began on Jan. 25, police vanished from the streets and the military took over - a transition that was followed immediately by an explosion of looting, arson and lawlessness on the streets of the capital, Cairo. During a weekend of chaos, about 23,000 of the nation's 80,000 prisoners fled.
While security forces appear to have released inmates or abandoned posts at some prisons, guards elsewhere used live fire to put down riots or battled armed men trying to free prisoners, including by ramming a gate with a bulldozer. At one lockup, prisoners said they were left for days without food or water after the wardens fled and only armed guards manning watchtowers remained behind.
The military-led government has said it would investigate the "security breakdown"- the mysterious disappearance of police from the streets on Jan. 28, followed by violence and mass escapes at several prisons in and around Cairo. Habib al-Adly, the former Interior Minister who was in charge of police and prisons at the time, is now in detention.
"There really needs to be a public accounting at the highest level of what went on in Egyptian prisons," said Joe Stork of the New York-based Human Rights Watch.
Around 120 bodies from four prisons have arrived at Cairo's central morgue, a security official said. At one isolated desert lockup, guards used lethal force even after Hosni Mubarak's fall.
Hossam Bahgat, an Egyptian human rights activist following the probe, said that even three weeks later, the events are shrouded in mystery.
Of the 23,000 escaped prisoners, 12,000 remain at large while 11,000 either turned themselves in or were captured, according to the Interior Ministry. The government has run ads urging fugitives to surrender, offering benefits such as a possible reduction of their terms.
While information remains sketchy, testimony by prisoners suggests events differed from prison to prison.
At Abu Zaabal prison on the outskirts of Cairo, security forces fired tear gas and birdshot, then live rounds to put down unrest that began on Jan. 28 and lasted for about two days, said Yasser Mahmoud, an Egyptian journalist who said he interviewed several dozen inmates.
Some of the inmates had cell phones and began calling relatives for help, including Bedouin tribesmen who clashed with the security forces for several hours, he said, citing testimony.
Hassan Wishah, a Palestinian militant who escaped from Abu Zaabal, said that after the initial shooting, prisoners tried to break out of their cells.
"Inside the prison, we pounded on the doors and no one came, no guards, so we figured that they had fled because they were being shot at from outside," Wishah said in a telephone interview from his native Gaza. "We took anything we could find, chairs and fire extinguishers, and broke the doors."
Wishah said prisoners' families fired on prison guards from outside, then helped the prisoners open the main door after the guards fled.
At Al-Qatta prison in the Giza district, a 90-minute drive west of Egypt's capital, prisoners said guards fired birdshot and later live rounds, starting on Jan. 29. Prisoners denied they tried to escape, but the news website Al-Youm Al-Sabea quoted local officials as saying inmates ransacked the prison.
Mahmoud Ali, 58, said he spoke to his son Adil, 38, imprisoned at Al-Qatta, that day by cell phone and was told dozens of inmates had been killed. "I told him to keep away from the gunfire," the father recalled. "He said he would. That night, his friends from there called to offer their condolences."
An area prosecutor counted 23 bodies from Al-Qatta at a nearby morgue during a Feb. 9 visit, according to local media reports.
Magda Boutros, a researcher for the Egyptian Initiative for Personal Rights, said she believes the death toll is higher because some bodies in the morgue had not been identified at the time of the visit and some families had already retrieved bodies. She said prisoners from Al-Qatta had collected the names of 57 slain fellow inmates.
On Feb. 11, prisoners came under fire again after celebrating Mubarak's ouster earlier that day, and Boutros said two more inmates were killed over two days.
Cell phone footage smuggled out of the prison last week and obtained by The Associated Press showed several injured prisoners in a dark, crowded cell. Facing the camera, they pulled back clothing to display injuries, including bullet wounds, gashes and marks from birdshot. One man displayed a large bullet wound on his upper thigh, pulling back a crude bandage.
Amnesty said the prison authorities are not providing medical treatment, and that inmates receive basic care from fellow prisoners.
Detainees said guards had cut off water and electricity for several days, and fired on prisoners trying to get to a water hose in the courtyard. The prisoners said they were not given food for several days.
At Wadi Natroun prison, also in the greater Cairo area, guards initially fired tear gas into the wards on Jan. 29, said escaped prisoner Mahmoud Ramadan.
He said men then ran through the prison with keys, opening cells. He said they wore traditional robes often worn by Bedouin, though he said he saw khaki prison guard uniforms underneath when they ran.
"I know how the Bedouin speak and these weren't Bedouin," he said in a phone interview. "They were from the Interior Ministry."
Another escaped prisoner told Amnesty that masked gunmen attacked Wadi Natroun and broke down the main gate with a bulldozer.
Hafez Abu Saada of the Egyptian Organization for Human Rights alleged that prisoners were released intentionally in order to create chaos. "The idea was to spread fear and terror inside Egyptian society so that people would ask for help from the police, so that everything would go back to the way it was," he said.
11-02-25 - NYTimes -- Cairo Protests Resume in Tahrir Square
February 25, 2011
Egyptian Military Forces End to New Protest
By LIAM STACK
CAIRO — Tens of thousands of protesters returned Friday to Tahrir Square, the site of demonstrations that led to the ouster of President Hosni Mubarak two weeks ago, to keep up the pressure on Egypt’s military-led transitional government.
But by early Saturday, the military made it clear there would be limits to further dissent as soldiers and plainclothes security officers moved into the square, beating protesters and tearing down their tents, witnesses said.
In a day that had begun with equal parts carnival and anti-government demonstration, protesters’ called for the quick cancellation of the Emergency Law, which for three decades has allowed detentions without trial, and the resignation of Prime Minister Ahmed Shafiq, a former air force general appointed by Mr. Mubarak days before he stepped down.
But after night fell, the protest transformed into a tense standoff between protesters and the military, whose neutrality during the uprising, and unwillingness to fire on the protesters, had turned them into popular heroes.
The first sign of tension arose when hundreds of people rallied in the intersection in front of the prime minister’s office, barred from taking their protest any closer to the ornate building by armored personnel carriers and a line of soldiers armed with Tasers.
The crowd returned to a chant heard often in the days before Mr. Mubarak fell, replacing his name with the prime minister’s: “The people want the overthrow of Ahmed Shafiq!”
Military police surrounded the protesters and kept them from leaving until late at night, witnesses said, while in Tahrir about a thousand people began to pitch tents and settle in for the night.
After midnight, soldiers and police officers took over the square.
Salma Said was asleep in a tent when it began to fall down on top of her. Outside people were screaming, and she emerged to see people being beaten by soldiers and armed plainclothes security officers wearing masks.
“They had their faces covered like criminals,” she said, “They only showed their eyes.”
“One of the officers threatened to shoot us and said he was going to set our tent on fire,” she said.
During the day Friday, the atmosphere could not have been more different. Many protesters had brought their families and were resting on blankets spread out in a grassy traffic island. A man sold chopped liver grilled on a portable stove, vendors offered cheese sandwiches and cups of sweet tea and others sold revolution souvenirs like t-shirts and headbands.
Solidarity with the antigovernment protesters in Libya was also a major theme. Crowds circled the square carrying two massive flags more than 25 feet long, one Egyptian and one of the Libyan monarchy overthrown by Col. Muammar el-Qaddafi in 1969. Throughout the day protesters chanted “Long live free Libya.”
Protesters called on the military-led transitional government to fulfill demands made during the 18-day protest in Tahrir Square, including the release of political prisoners, the removal of all ministers appointed by Mr. Mubarak and the prosecution of the former president and high ranking members of his party for corruption and abuse of power.
The military has shown little interest in firing Mr. Shafiq, but many Egyptians see him as a proxy for the former president, who has been keeping a low profile in the resort town of Sharm el Sheik since his ouster on Feb. 11.
“We overthrew the President and now we want to get rid of the rest of this corrupt government,” said Ashraf Abdel Aziz, a businessman accompanied by two daughters, ages five and two, who wore tight pigtails and whose faces were painted in the colors of Egypt’s flag. He described the girls, who came to daily protests with him for 18 days earlier this month, as “revolutionaries.”
The spirit of the revolution, which had included people from all segments of Egyptian society, was still evident in the mix of secular leftists, members of the Islamist Muslim Brotherhood, and women wearing full Islamic veils with children in their arms.
Ismael Abdul Latif, 27, a secular writer, chatted with the religious women, only their eyes showing, as they drew revolutionary posters.
“I never dreamed in my wildest dreams that we would be talking to a munaqaba”— as women in full veils are called — “in Tahrir Square,” he said. “A secular artist is having a political debate with a fully veiled lady and having a meaningful conversation. What’s the world coming to?”
But after midnight that answer was less clear.
Ms. Said, after fleeing her tent, ran with a group of other protesters to a nearby plaza, where they began to plot their next move. “In the morning,” she said, “we are going back to Tahrir.”
11-02-25 - CSMonitor.com -- Egyptians protest in Tahrir, angry over new cabinet
Egyptians protest in Tahrir, angry over new cabinet
Egyptians say not enough has changed since Mubarak fell two weeks ago today. The protest shows that toppling a dictator is but the first step in the uprisings sweeping the Arab world.
By Kristen Chick Correspondent
February 25, 2011 | Cairo
Egyptians returned to Tahrir Square today to push for the fulfillment of the revolution that swept former president Hosni Mubarak from power two weeks ago.
Protesters say not enough has changed so far, and are particularly angry that the new cabinet sworn in this week is still headed by Prime Minister Ahmed Shafiq, a Mubarak loyalist who was appointed by the former president himself before he was toppled.
“This is not what hundreds of people died to achieve,” says Mahmoud Ahmed Metwaly, a curator at Mohamed Mahmoud Khalil museum who participated in the protests from the beginning and watched as some protesters were shot by snipers. “Ahmed Shafiq is a student of Mubarak. We have demanded a new beginning, and Ahmed Shafiq is not a part of it. We refuse him.”
The protest underlines that in Egypt, as in Tunisia, toppling the dictator is only the beginning. Erasing a deeply-rooted regime of corruption and injustice may prove the most difficult part.
A month after the popular uprising began, the emergency law that has severely curtailed civil freedoms since 1981 is still in effect. And the security apparatus of the state is still intact. The newly appointed cabinet features some new faces but retains veterans such as Mr. Shafiq in key posts. The military council now ruling the country has asked to the cabinet to remain until new elections are held.
The military council has vowed to end the emergency law, but has made no indication it will do so before it holds new elections, which it has said will be within six months. On Thursday the council released a statement on its Facebook page promising that there will be “no return to the past,” saying it is working to achieve the hopes and aspirations of the people. It also warned against attempts to create sectarian strife.
But many protesters voiced concern that Mubarak loyalists were trying to sabotage their movement. “Counterrevolution” was a buzzword among the crowd.
Solidarity with Libya
As Egyptians tried to finish what they started by holding rallies nationwide, protesters inspired by the success of Egypt and Tunisia gathered in Arab capitals across the region. Tens of thousands marched in Bahrain and Yemen to demand the resignation of their governments. Jordanians protested as well, and thousands of Iraqis staged a "Day of Rage" in Baghdad, clashing with security forces. A large protest was also held in Tunisia, where protesters have similar complaints to Egyptians.
And in neighboring Libya, fierce fighting moved closer to Muammar Qaddafi's stronghold in and around Tripoli. Egyptians expressed solidarity with Libyans at the protest Friday, with some waving the pre-Qaddafi Libyan flag that has become a symbol for the resistance.
Though the protesters in Cairo were firm in their demands, the gathering fell short of the hoped-for million attendees and the atmosphere was at times one of celebration. Vendors sold popcorn and ice cream, and thousands of Egyptian flags waved above the crowd. Children toddled through the crowd with Egyptian flags painted on their faces.
Keeping up the pressure
Protesters acknowledged they would need to keep up the pressure in order to be successful in forcing Shafiq and other Mubarak-era figures to resign. Much of their enmity is focused on Shafiq and the foreign and defense ministers, also from Mubarak’s regime. Interior Minister Mahmoud Wagdy is also attracting anger.
“It’s still a revolution in the making,” said analyst Ibrahim El Houdaiby, speaking in the middle of the square Friday. “I think Shafiq still doesn’t recognize the fact that a revolution took place.” He predicts it will take more pressure to force Shafiq and other Mubarak cronies out, as well as to dismantle the state security apparatus.
Egyptians protested in the suburb of Maadi Thursday, burning a police car, after a police officer shot a minibus driver during an altercation, illustrating the anger that is still present over the torture, abuse, and attitude of impunity perpetrated by police and security forces for years.
“This is the one area of consensus,” says Houdaiby. “No one wants to see the police acting the way they did.”
In Tahrir, the signs of the protests have been cleaned up, but the memories of what happened there are not gone. Abdullah El Fakharany, who participated in the protests from the very beginning, points to the spot where on Feb. 2 government thugs violently attacked the peaceful protesters, including him, charging the crowd on camels and horses and hurling chunks of concrete at them.
“That happened under Ahmed Shafiq’s government,” he said. “Ahmed Shafiq was chosen by Mubarak. We want a government chosen by the people through elections.”
11-02-26 - RFI -- En Egypte, l’armée présente ses excuses sur Facebook
En Egypte, l’armée présente ses excuses sur Facebook
L’armée égyptienne a présenté ses excuses ce samedi matin 26 février 2011 après les affrontements la nuit dernière qui ont opposé sur la place Tahrir au Caire des militaires et des manifestants. Le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays depuis le départ d'Hosni Moubarak, affirme qu'il « n'a pas et ne va pas donner l'ordre d'attaquer la jeunesse, et que des mesures vont être prises pour garantir que cela ne se reproduise plus ».
Publié le : 26/02/2011 - 14:38
Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti
C’est la première fois que l’armée égyptienne présente des excuses. Et pour bien se faire entendre des jeunes manifestants, elle l’a fait sur une page Facebook. Une manière de répondre aux appels sur le même site pour une manifestation de protestation contre la violence de l’armée.
Selon les témoins, l’armée avait demandé vendredi aux manifestants de quitter la place Tahrir en début de soirée. Quelques heures plus tard quelque deux mille irréductibles refusaient de partir avant le limogeage du gouvernement.
Les lumières de la place Tahrir ont été éteintes puis la police militaire a attaqué les manifestants. Les bérets rouges ont fait usage de matraques électriques pour les disperser. Plusieurs personnes ont été blessées.
Dans son communiqué sur Facebook, l’armée s’est engagée à prendre les mesures nécessaires pour empêcher la répétition de tels incidents. Des excuses qui semblent, pour l’instant, avoir porté leurs fruits puisqu’il n’y a pas eu de manifestation massive de protestation comme le réclamaient les jeunes contestataires de Facebook.
11-02-28 - Libération -- En Egypte, la police retrouve timidement son poste
28/02/2011 à 00h00
En Egypte, la police retrouve timidement son poste
La défiance de la population reste immense envers ce symbole du système sécuritaire de Hosni Moubarak.
Par CLAUDE GUIBAL Le Caire, de notre correspondante
Au centre du Caire, la rue est toujours barrée par un cordon de l’armée. Pourtant, il n’est pas un Egyptien qui ne connaisse la silhouette épaisse du QG d’Amn el-Dawla, la Sécurité de l’Etat. «Là où le régime broyait l’Egypte», dit Mahmoud Samir, 57 ans. Rencontré place Tahrir, il a hurlé, comme on crache, son dégoût d’Amn el-Dawla et d’Habib el-Adly, l’ex-ministre de l’Intérieur. Le 28 janvier, ce ministère a été la principale cible des manifestants. Lundi dernier, El-Adly a été déféré devant un tribunal pour corruption. «On ne pardonnera jamais à la Sécurité de l’Etat d’avoir tiré sur le peuple», dit Mahmoud.
Evanouie. Est-ce son vrai nom ? Grimace gênée. Vieux réflexe : «ils» sont encore là, dit-il, désignant ces civils aux lunettes de soleil, qui errent au milieu des badauds, téléphone portable à la main, filmant les visages, écoutant les conversations. Plus d’un million de personnes composent les deux bras du système, la Sécurité de l’Etat et la sécurité centrale (Amn el-Merkazi), qu’on voyait depuis des années déployées par milliers pour contrer les manifestations. Un appareil répressif dont les ONG de droits de l’homme ont longtemps dénoncé le recours systématique à la torture. Evanouie des rues du pays le 28 janvier au soir et remplacée par l’armée, la police a fait un retour discret depuis peu. Discrète au possible, quasi absente.
Les commissariats dévastés - près d’une vingtaine au Caire - ont été repeints à la va-vite. Mais la rumeur court : les policiers eux-mêmes auraient orchestré le désordre des premiers jours et les évasions de centaines de prisonniers. Un bouche à oreille qui affirme aussi que si la bataille a duré au ministère de l’Intérieur, c’était pour détruire les dossiers… et en sauver d’autres. Quelques jours après, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme accusait les forces de sécurité d’entretenir le chaos pour justifier le maintien au pouvoir de Hosni Moubarak. «Leur slogan était "au service du peuple".Ils n’étaient qu’au service du régime», accuse Mahmoud Samir. Derrière les uniformes, dit-il, il ne voit plus que le visage de Khaled Saïd, jeune Alexandrin battu à mort par deux policiers l’été dernier et dont le décès a suscité une vague d’indignation sans précédent. De quoi incarner la rage de la jeunesse, qui s’est massivement retrouvée sur la page Facebook «Nous sommes tous Khaled Saïd».
Réintégration. Pas de hasard si c’est un 25 janvier, fête nationale de la police, qu’a été organisée la première des manifestations qui a abouti à la chute deHosni Moubarak. Depuis le départ du raïs, peu de jours passent sans défilé de policiers en colère, qui exigent - pour ceux qui ont été limogés - leur réintégration ou qui demandent de meilleurs salaires, allant jusqu’à expliquer qu’ils étaient obligés de participer à la corruption généralisée, faute d’avoir de quoi vivre. La semaine dernière, certains ont jeté des cocktails Molotov devant le ministère de l’Intérieur, et mis le feu au bâtiment. Des documents auraient, dit-on, été «opportunément détruits».
Jeudi, au sud du Caire, cette défiance a dégénéré en émeutes quand un policier a tiré sur un chauffeur de minibus. Lynché par la foule qui a aussi incendié des véhicules, le policier est à l’hôpital, dans un état sérieux. Mais, dans les zones populaires, on rapporte aussi des règlements de compte entre civils, terminés à coup de machette ou de sabre : pendant l’absence de la police, les comités d’autodéfense des quartiers avaient amené la population à s’armer.
Dilemme : comment réinsérer la police dans un pays qui veut aujourd’hui repartir sur des bases saines ? Outre la méfiance de la population, des analystes s’interrogent sur l’intérêt que pourraient avoir certains anciens du système sécuritaire à entretenir le chaos pour sauver ce qui reste du régime. L’armée, elle, est dans une position délicate et doit désormais affronter la colère des révolutionnaires. Vendredi, les militaires ont pour la première fois utilisé la force, tasers et matraques, pour évacuer les manifestants qui réclamaient la démission du Premier ministre, le militaire Ahmed Chafik.
11-03-01 - Le Monde -- En Egypte, l'armée contrôle étroitement la transition
En Egypte, l'armée contrôle étroitement la transition
Le Conseil suprême des forces armées s'efforce d'imposer son agenda aux militants à l'origine de la révolution.
Par Sophie Shihab
Publié le 01 mars 2011 à 15h25, modifié le 01 mars 2011 à 15h25
La désormais célèbre place Tahrir, nettoyée par les révolutionnaires après la chute de Hosni Moubarak, est de nouveau, deux semaines plus tard, occupée par des manifestants. Une de leurs pancartes prévient que "les demi-révolutions creusent le tombeau des peuples". Ils n'étaient que quelques centaines, lundi 28 février, mais leur détermination à relancer la mobilisation semblait intacte.
Car l'Egypte entière est toujours en ébullition, même si les séismes qui ont suivi dans le monde arabe lui ont ravi l'attention des médias. Manifestations, grèves et affrontements sporadiques continuent dans tout le pays. Mais l'ancien régime, officiellement déchu, résiste. Il a fallu plus de deux semaines pour que le parquet ordonne le gel des avoirs en Egypte de l'ex-président et de sa famille - cloîtrée à Charm el-Cheikh - et interdise leur sortie du territoire. Chacun voit dans cette mesure tardive une décision des chefs de l'armée. Ils ont reçu les pleins pouvoirs, mais "leur grande terreur est d'être touchés eux-mêmes par la chasse aux corrompus qu'ils ont dû lancer dans le pays", assure Khaled Al-Fayyed, porte-parole de la "Coalition des jeunes de la révolution", qui fut le moteur du mouvement.
Le "Conseil suprême des forces armées" - une junte de vingt généraux tout au plus - agit a minima en réponse aux demandes populaires. Il a suspendu la Constitution et dissous le Parlement, mais il a reconduit le premier ministre Ahmed Chafic, officier de l'armée de l'air nommé juste avant sa chute par l'ex-dictateur. Un simulacre de remaniements a suivi, laissant en place les plus honnis, tels le ministre de la justice ou le nouveau ministre de l'intérieur, bras droit et clone de l'ancien, qui doit passer en jugement le 5 mars.
Le Conseil a aussi formé une commission de six juristes, dont un Frère musulman, qui a rédigé, par consensus, une dizaine d'amendements constitutionnels devant être soumis à référendum le 19 mars. Le mandat présidentiel renouvelable indéfiniment est remplacé par un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Les autres amendements libéralisent un peu le cadre des élections parlementaires et présidentielle à venir - dans six mois en théorie - et obligent le futur président à promulguer une nouvelle Constitution dans un autre délai de six mois.
L'approbation devrait être massive et "donnera à l'armée le mandat populaire qui lui manque", pronostique l'analyste et blogueur Issandr Al-Amrani. Car si les militaires ont été, au départ, salués par les foules comme les protecteurs de la révolution, le désamour menace. Ils furent partie prenante du "Vendredi de la victoire", avec leurs fanfares mêlées aux millions de présents place Tahrir, mais ils se sont bornés à aider au filtrage des participations au vendredi suivant, celui de la "Purification". Le nouveau mot d'ordre des manifestants, nettement moins nombreux, était le départ du gouvernement Chafic.
Encouragés par ce début de démobilisation, les militaires ont, une première, dispersé par la force les sit-in organisés, la nuit tombée, devant le siège du gouvernement et la place Tahrir. Ce qui a provoqué le retour de manifestants, le 26 février, sur la place emblématique, malgré le communiqué d'excuse publié par le Conseil militaire sur son site Internet.
Un retour pratiquement passé sous silence par les médias gouvernementaux, qui célèbrent pourtant avec emphase la "victoire de la révolution". Car la récupération par ces médias bat son plein, malgré les efforts des journalistes, encore infructueux dans l'ensemble, pour démettre leurs chefs aux vestes retournées sans vergogne.
"Nous n'avons pas encore eu le temps de nous occuper d'eux, mais je pense qu'ils démissionneront d'eux-mêmes", avait déclaré un des trois généraux du Comité qui ont décidé de répondre, trois heures durant, à des questions sur une chaîne privée - leur première apparition publique et unique jusqu'à présent. Leurs réponses furent dilatoires. Ils ont demandé que le peuple leur fasse confiance, cesse de manifester et de faire grève, pour qu'ils puissent "au plus vite" remettre leur pouvoir aux civils.
Cette précipitation inquiète l'opposition démocratique. Elle demande une transition d'un an et non de six mois, sous la férule d'un "Conseil présidentiel", dirigé par un militaire flanqué de civils. Afin que les partis laïques, laminés par trente ans de dictature, puissent se renforcer et que de nouvelles figures se fassent connaître. Car les deux seuls partis prêts aux élections sont, aujourd'hui, les Frères musulmans et l'ancien parti au pouvoir, le Parti national démocratique (PND). Les structures tentaculaires de ce dernier demeurent même si son siège central, et bien d'autres, a brûlé durant la nuit de fureur du 28 janvier, et même si des oligarques proches de l'ex-dauphin potentiel Gamal Moubarak - le clan honni des généraux - sont sous les verrous ou en voie de l'être.
Signe que tout est loin d'être joué, le Conseil militaire a rencontré, dimanche soir, six heures durant, et pour la troisième fois depuis le 16 février, des représentants de la Coalition des jeunes, dont ils reconnaissent la capacité à mobiliser même si l'unité de cette coalition, forte jusqu'à la chute de Moubarak, s'effrite depuis lors entre ses courants islamistes, de gauche, ou libéraux. Aucune des sept demandes présentées sous forme de calendrier par cette coalition n'ayant été clairement acceptée, elle a décidé d'appeler à nouveau à un grand rassemblement, vendredi. "Pour obtenir au moins", a précisé au Monde son porte-parole, la démission d'ici un mois du gouvernement Chafic, la libération des prisonniers politiques puis la condamnation des responsables de la répression.
Sophie Shihab
11-03-01 - Orthodox Christianity -- Monk, workers shot in monastery attack in Egypt
Monk, Workers Shot in Monastery Attack in Egypt
Cairo, Egypt, March 1, 2011
One monk and six church workers were shot and wounded last week when the Egyptian Army attacked a Coptic Orthodox monastery in order to destroy a wall monks had built to defend their property from raiders, sources said.
The attack with small arms, heavy machine guns and armored personnel carriers happened Wednesday afternoon (Feb. 23) at the Anba Bishoy Monastery in Wadi Al-Natroun, 110 kilometers (68 miles) north of Cairo. After a brief argument with monks and workers outside the monastery wall, soldiers opened fire on the crowd, sending them running for cover, sources said.
The soldiers then used armored personnel carriers to bulldoze the wall, they said, as the monks sang a prayer in unison, declaring, “God is merciful.”
A monk who witnessed the attack said on condition of anonymity that the scene resembled “a war zone.”
“It was a miracle nobody died,” the monk added.
Seven people today remained in the Anglo American Hospital in Cairo, two of them in critical condition. Reporters were unable to talk to the wounded because soldiers have been posted in their hospital rooms.
The attack took place in the wake of the political riots that swept through Egypt beginning Jan. 25, culminating in the resignation of President Hosni Mubarak on Feb. 11. As the army and other security officials from around the country either shifted to Cairo or simply abandoned their posts, the Anba Bishoy Monastery had come under increasing attacks from raiders and criminals set free from prisons.
When the monks had asked for protection, the military told them to fend for themselves, according to public statements made by the monastery leadership. The monks then built a brick wall with a metal gate to control access to the monastery grounds. The army later claimed the monastery had not acquired the proper permits and issued a deadline for the wall to be torn down. The monks refused to demolish the wall, and the army moved in.
At least two monks were arrested in the attack but have since been released, according to monastery leaders.
The army denied conducting the attack, despite a video widely circulated on the Internet in which Egyptian soldiers can be seen firing AK-47 assault rifles and .50-caliber machine guns from atop U.S.-supplied M-113 armored personnel carriers. The same armored personnel carrier, joined by one other, then demolished the wall and the gate. It was unclear if soldiers were using standard bullets or “Less-Than-Lethal” munitions, commonly known as rubber bullets.
On the same day, the army also attacked the Anba Makarious Al Sakandarie Monastery in Al Fayoum, 130 kilometers (80 miles) southwest from Cairo. In much the same fashion, the army knocked down a wall the monks had built during the national demonstrations. The monks said they built the wall also to protect themselves from attacks. The army claimed the wall was built on land set aside for a nature preserve.
There have been other scattered incidents throughout Egypt in which anti-Christian persecution has been, at minimum, a contributing factor in the attack. On Feb. 17, in the village of El-Hathatah near Minya, 231 kilometers (144 miles) south of Cairo, a group of townspeople angered about construction at the Church of St. Georges pelted the congregation with bricks and rocks.
Hany Malak, a lay leader at the church, said the attack was terrifying.
“It was very scary for everybody, for the Christians who were in the church, and the ones who were in their homes,” Malak said. “The ones in the church couldn’t leave, and the ones who were in their homes couldn’t get out. All were scared and tried to hide.”
For years the small church held services with a large part of the congregation forced to stand outside under a tarp. After the forced resignation of Mubarak, the leadership of the church saw an opportunity to build a roof to replace the tarp. They applied for and got permission from both the village elders and the village mayor to build the structure, but as church members placed support beams for the roof, a group of Muslims attacked, Malak said.
The attacks shifted back and forth from different streets surrounding the church as members of the mob tried to force their way into the church buildings. A group of congregants fought them off, Malak said.
After several hours the village mayor, along with the head of the Samalout police force and several officers, came to the church and with great effort were able to move the crowd away, Malak said. Christians in El-Hathatah were concerned that after Friday prayers new riots would break out, but they never materialized.
Finally, the governor of Minya Province, Ahmed Diaa Al Deen, pledged that the church would be allowed to finish the roof, as long as everything was done legally. It was uncertain exactly what his comment would mean.
Five days before the El-Hathatah attack, on the morning of Feb. 12, gunmen broke into and then looted The Virgin Mary Church in El-Arish, located in the northern Sinai Peninsula. The looters escaped, so the motivation behind the attack – to intimidate Christians, or simple larceny – was unknown.
The attack was the second church attack in the Sinai in less than two weeks. On Feb. 5 someone set a fire inside a church building in Rafah, located on the border between Egypt and the Palestinian-controlled Occupied Territories. The church sustained minor damage and a large cross was stolen, local media reported.
During the same time, a gas station in El-Arish was reportedly torched, and at least one other building in the area was attacked, No one was hurt in any of the attacks.
The Christian Post
3/2/2011
11-03-03 - Libération -- En Egypte, le Premier ministre Ahmad Chafic a démissionné
03/03/2011 à 11h38
En Egypte, le Premier ministre Ahmad Chafic a démissionné
Le Conseil suprême des forces armées qui gère le pays depuis le départ du président égyptien Hosni Moubarak a accepté la démission du Premier ministre Ahmad Chafic, a annoncé jeudi cette instance dans un communiqué.
Il sera remplacé par Essam Charaf, un ancien ministre, a ajouté le conseil militaire.
M. Charaf était ministre des Transports de 2002 à fin 2005, et avait été démis à la suite de divergences avec l’ancien Premier ministre Ahmad Nazif.
M. Charaf avait participé aux manifestations à la place Tahrir au Caire, épicentre de la contestation anti-Moubarak, et il est apprécié par les jeunes qui ont lancé l’appel à la révolte.
M. Chafic et son gouvernement avaient été nommés dans les derniers jours au pouvoir du président Hosni Moubarak, qui a démissionné le 11 février sous la pression de la révolte populaire.
Son gouvernement, remanié depuis, s’est attiré les foudr
es d’opposants, en particulier d’organisations de jeunes actives dans les manifestations contre M. Moubarak, en raison de la présence de nombreuses personnalités de l’époque de M. Moubarak en son sein.
M. Chafic, issu de l’armée, était lui-même ministre de l’Aviation sous l’ancien président.
L’opposant Mohamed ElBaradeï, dans un message diffusé sur le réseau twitter après l’annonce du départ de M. Chafic, déclare que «le régime déchu est tombé avec la chute de Moubarak et de son gouvernement, nous sommes sur la bonne voie» «J’exprime ma sincère appréciation au Conseil suprême des forces armées qui a accepté la demande du peuple», ajoute l’ancien chef de l’Agence internationale de l’Energie atomique.
La démission de M. Chafic survient alors que le pays est engagé dans une phase de transition politique délicate.
L’armée a, dans la foulée de la démission de M. Moubarak, suspendu la Constitution et dissout le Parlement.
Elle a également promis des réformes démocratiques, en particulier une révision de la constitution soumise à référendum puis des élections législatives et présidentielle, en principe d’ici la fin du mois d’août, avant un retour à un pouvoir civil.
(Source AFP)
11-03-04 - Khallej Times -- Egypt PM addresses crowds in Tahrir Square
Egypt PM addresses crowds in Tahrir Square
(AFP)
4 March 2011, 5:20 PM
Egypt’s new Prime Minister Essam Sharaf vowed on Friday to respond to demands for democratic change as he addressed thousands of protesters in Cairo’s Tahrir Square.
“I am here because I get my legitimacy from you... I will exert all my effort to respond to your demands,” Sharaf told the flag-waving supporters in the square, the centre of protests that toppled president Hosni Mubarak last month.
The premier was named by the country’s new military rulers on Thursday to replace Ahmed Shafiq, who was opposed by protesters because he had been appointed by Mubarak in the dying days of his regime.
Sharaf, who was born in 1952 and served briefly as a transport minister under Mubarak, had joined protesters in Tahrir Square during the uprising to demand political and economic change.
And in a rare move for an Egyptian official, he appeared in Tahrir Square Friday shortly before Muslim prayers, to be greeted by raucous cheers.
Some formed a human tunnel to allow him to walk through the crush of supporters.
Repeatedly interrupted by chants of “We are with you”, Sharaf pleaded with the crowd for patience as he began the work of heading a transitional caretaker government.
“I beg you, you did something great and together we will do more,” he said. “I have a heavy task and it will need patience.”
Sharaf’s appointment was likely to placate protesters, who had continued to rally in Tahrir Square to demand that the cabinet be purged of old regime elements including his predecessor Shafiq.
Mubarak, 82, stepped down on February 11 after three decades in power.
“This is a good step but we still have demands. We want the detainees to be released,” Omar Ahmed told AFP from Tahrir Square.
“We are ready to give him time, but we will keep pressing for our demands,” said Ahmed Adel, another protester.
Scores of people were detained during the deadly protests that led to the overthrow of Mubarak. At least 384 people were killed and more than 6,000 injured in 18 days of riots.
Sharaf paid tribute to all those who participated in the uprising and saluted “the martyrs of the revolution, the thousands who were injured and the families of the victims.”
The Supreme Council of the Armed Forces, which took power after Mubarak’s resignation, has pledged to oversee a transition to a free democratic system.
Friday’s protest, which had originally been organised to press for further change, turned into a massive celebration following news that Shafiq had resigned.
Sharaf’s speech was interrupted once more when protesters chanted in unison “The people want the end of the state security” in reference to a branch of the interior ministry long accused by rights groups of crushing dissent through torture.
“I pray that Egypt will be a free country and that its security apparatus will serve the citizens,” Sharaf said.
“Lift your head up high, you’re Egyptian,” he told the adoring crowd, the signature chant when Mubarak resigned.
11-03-04 - Libération -- Place Tahrir, l'Egypte acclame son nouveau Premier ministre
04/03/2011 à 16h38
Place Tahrir, l'Egypte acclame son nouveau Premier ministre
Egypte, Tunisie: dans les deux pays arabes qui ont déchu leur dictateur, les manifestants fêtent les avancées obtenues ces derniers jours concernant la transition démocratique.
Par LIBÃRATION.FR
Le tout nouveau Premier ministre égyptien Essam Charaf s'est rendu place Tahrir, ce vendredi, au moment de la grande prière. Les manifestants ont formé une haie humaine pour le laisser passer.
S'adressant à la foule, Essam Charaf s'est engagé à satisfaire les demandes démocratiques et a plaidé pour la patience. «Je suis ici parce que je tire ma légitimité de vous (...). Je déploierai tous mes efforts pour répondre à vos revendications», a-t-il lancé à la foule, qui l'a constamment interrompu de «Nous sommes avec vous». «Ma tâche est lourde et cela nécessitera de la patience», a-t-il ajouté.
Essam Charaf a été nommé jeudi par le conseil suprême des forces armées, en remplacement d'Ahmad Chafik, très contesté par les manifestants. Cet ingénieur, ancien ministre des Transports, est très populaire parmi les manifestants pro-démocratie. Il avait même participé aux démonstrations anti-Moubarak.
Par ailleurs, les Egyptiens devraient se rendre aux urnes dès le 19 mars, pour un référendum sur les amendements à la Constitution. Une commission de juristes planche sur ces amendements depuis le 15 février. La tenue du référendum dépendra «de la situation sécuritaire dans le pays», indique une source militaire à l'AFP.
La justice égyptienne a également démenti que Hosni Moubarak ait quitté le pays. «L'ancien président et sa famille se trouvent à Charm el-Cheikh», affirme le porte-parole du parquet, Adel Saïd. Le quotidien al-Ahram avait écrit mercredi que Hosni Moubarak âgé de 82 ans, se trouvait sur une base militaire à Tabouk, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, pour un traitement contre un cancer du colon et du pancréas.
En Tunisie, la Casbah fête l'annonce de l'élection d'une constituante
Place de la Casbah, à Tunis, les manifestants célèbrent aussi leur victoire: jeudi soir, le président par intérim Foued Mebaaza a annoncé l'élection d'une assemblée constituante le 24 juillet. Elle sera chargée d'élaborer une nouvelle Constitution. C'était l'une des revendications des contestataires, qui ont donc décidé de suspendre leur sit-in, entamé il y a deux semaines.
«C'est une victoire du peuple et de la révolution», a déclaré à l'AFP Hamma Hammami, chef du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT). «Place au travail. Le programme est clair, il n'y a plus de flou», a réagi Ali Ben Romdhane, secrétaire général adjoint de l'UGTT.
Les élections, qui devaient initialement se tenir d'ici la mi-juillet, sont, elles, reculées. On ne sait pas s'il s'agira de présidentielles, de législatives, ou les deux.
De son côté, le nouveau Premier ministre Béji Caid Essebsi, nommé dimanche en remplacement de Mohamed Ghannouchi, cacique du régime Ben Ali, a tenu un discours à poigne, ce vendredi. «Notre priorité sera de rétablir l'autorité de l'Etat, tombée à un niveau insupportable, ce qui passe par le rétablissement de la sécurité pour tous les citoyens, les régions et les institutions», a-t-il déclaré lors de sa première conférence de presse.
Outre la sécurité, la priorité du Premier ministre est la remise sur les rails de l'économie. Le taux de croissance en Tunisie, en moyenne de 5% par an ces dernières années, «s'approche de zéro», a-t-il déploré. Il a fustigé les vingt années de règne de Ben Ali: «Ce fut une bande de corrompus qui ont sucé le sang du peuple, avalé son argent et ses acquis».
Il a également accusé le dictateur déchu: «Je n'ai aucun doute que l'ancien président s'est rendu coupable de haute trahison pour avoir renoncé à assumer sa responsabilité d'assurer la sécurité et la stabilité» et pour «avoir quitté» le pays alors qu'il est «le commandant en chef des forces armées». La haute trahison étant passible de la peine de mort, a-t-il rappelé.
Par ailleurs, on a appris que douze partis politiques, en plus des neuf autorisés sous Ben Ali, ont été légalisés depuis le 14 janvier.
11-03-04 - Libération -- Egypte le Premier ministre débarqué par l'armée
04/03/2011 à 00h00
Egypte : le Premier ministre débarqué par l’armée
Démission . Nommé par Moubarak, l’ex-militaire Ahmed Chafik était trop proche de l’ancien régime. Son successeur fait consensus.
Par CLAUDE GUIBAL Le Caire, de notre correspondante
Elle ne sait plus que faire. Plusieurs nuits qu’elle dort sous les tentes qui ont fait leur réapparition place Tahrir pour réclamer le départ d’Ahmed Chafik, le Premier ministre issu de l’armée nommé par Moubarak aux premiers jours du soulèvement. Aujourd’hui, Samar Enan, 22 ans, comptait participer au sit-in auquel appelaient les mouvements contestataires pour faire partir le Premier ministre mais aussi pour obtenir la levée de la loi d’urgence et la libération des prisonniers politiques.
Une journée qui s’annonçait difficile tant la tension était montée cette semaine entre les révolutionnaires et l’armée, intervenue vendredi dernier pour les disperser. Mardi, un tribunal militaire a aussi condamné à cinq ans de prison un activiste arrêté le vendredi précédent lors des altercations avec l’armée.
Mais hier matin, les militaires ont eux aussi fait leur révolution, numérique, en annonçant sur Facebook la démission du Premier ministre. Il a été remplacé par Essam Charaf, ancien ministre des Transports, homme de l’ancien régime mais dont la nomination a été saluée y compris par les protestataires : il avait quitté son ministère il y a six ans, s’indignant contre la corruption, et avait participé à de nombreuses manifestations depuis le début de la révolution, le 25 janvier. Son nom avait été suggéré par les jeunes lors d’une rencontre avec des militaires, dimanche. «On est en bonne voie. Ma considération au Conseil supérieur des forces armées pour avoir écouté le peuple», a aussitôt tweeté l’opposant Mohamed el-Baradei.
Estocade.«C’est un signe très positif, une marque d’écoute qui donne confiance en l’armée» : l’écrivain Alaa el-Aswany est radieux. Et épuisé. Mercredi dans la nuit, c’est lui qui a porté l’estocade à Ahmed Chafik, lors d’un débat en direct improvisé sur la chaîne privée OTV, propriété du magnat des télécoms Naguib Sawiris. Tétanisant les spectateurs, scotchés jusqu’à 2 heures du matin devant leur écran. Un débat d’une virulence inouïe, inimaginable en Egypte où aucune personnalité du pouvoir n’avait jamais été bousculée de la sorte. «Je me suis senti responsable de porter la parole des jeunes, et je ne devais pas y faillir, sous prétexte que je m’adressais au Premier ministre», explique El-Aswany. Un duel pendant lequel l’écrivain a poussé l’ancien militaire dans ses retranchements, l’accusant de mensonges et d’avoir «fait partie de la dictature». Proche de Moubarak, qui dit-on, considérait ce général d’aviation comme un fils, Ahmed Chafik s’est vu reprocher la lenteur de l’enquête sur la mort de centaines de manifestants pendant la révolution. «Combien de temps faudra-t-il encore ? Si c’était votre enfant qui avait été tué? Si c’était Hosni Moubarak qu’on avait tenté d’assassiner ?»
De quoi renforcer la détermination des protestataires qui dans la foulée, sur Facebook et Twitter, survoltés, ont commencé à activer leurs réseaux en prévision de la mobilisation prévue aujourd’hui. Signal entendu par l’armée, qui, depuis le début de la révolution, évite à tout prix d’entrer en conflit avec la population.
Ralenti. Cette démission devrait signer le départ du gouvernement d’anciens proches de l’ex-raïs, tels les ministres des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, de la Justice Mamdouh Marei, et de l’Intérieur Mahmoud Wagdy, dont les protestataires exigeaient la tête. «Mais cela ne suffit pas», s’inquiète Samar Enan, qui entend maintenir la pression pour obtenir la satisfaction de toutes les autres demandes révolutionnaires.
Au sein de la contestation, le débat s’intensifiait donc hier soir sur l’opportunité de la poursuite des manifs, de moins en moins populaires parmi la population qui attend enfin un retour à la normale. Le pays fonctionne toujours au ralenti, la situation sécuritaire est chaotique et la Bourse n’a toujours pas rouvert.
11-03-04 - Seattle Times -- Egypt protesters attack police building; new PM named
Originally published Friday, March 4, 2011 at 10:03 PM
Egypt protesters attack police building; new PM named
Hundreds of Egyptian protesters attempted to storm a building belonging to the internal security service in Alexandria on Friday in an outpouring of anger at the agency blamed for some of the worst human rights violations during ousted President Hosni Mubarak's rule.
By SARAH EL DEEB
The Associated Press
CAIRO — Hundreds of Egyptian protesters attempted to storm a building belonging to the internal security service in Alexandria on Friday in an outpouring of anger at the agency blamed for some of the worst human-rights violations during ousted President Hosni Mubarak's rule.
Officers inside the building opened fire on the crowd, injuring three demonstrators, according to a medic and one of the protesters.
Tensions remain high even as Egypt's military, which took control of the country after Mubarak stepped down Feb. 11, takes steps to meet the protesters' demands before a promised return to civilian rule. One of the protesters' key remaining demands is for the dismantling of Egypt's State Security Agency.
Earlier Friday, crowds in Cairo's Tahrir Square celebrated the military's choice of a new prime minister to replace the one Mubarak had appointed. The new premier, Essam Sharaf, was carried on the shoulders of demonstrators to a podium in the square from which he promised the estimated 10,000 people gathered that he would do his best to meet their demands.
In Alexandria, where some of the uprising's worst violence occurred, about 1,000 protesters encircled the State Security Agency building after nightfall and demanded the officers inside come out or they would storm the building. Several fire bombs were hurled and four police cars were set ablaze, although one protester insisted they were not to blame and only threw rocks.
Shots were fired at the crowd and three people were injured, said an ambulance medic who spoke on condition of anonymity because he was not authorized to release information to journalists.
Protesters then stormed into the building and scuffled with riot police inside before military forces intervened and took control of the building. El-Masri said they found shredded documents and files inside.
The Interior Ministry denied that officers fired on protesters, and it accused the crowds that entered the building of seizing weapons and holding guards hostage.
A smaller crowd also marched toward a State Security building in Cairo but was prevented from getting close by soldiers.
Egypt's internal-security services and police forces, which were given a free hand by emergency laws under Mubarak to suppress dissent, are some of the most powerful symbols of his regime.
Since Mubarak's ouster, Egypt's military rulers have been trying to quell the anger.
It announced Friday that a referendum on constitutional changes to allow for competitive parliamentary and presidential elections will be held March 19.
A day earlier, the army picked Sharaf to become prime minister and form a new Cabinet. He replaces Ahmed Shafiq, the last premier to be named by Mubarak. Shafiq's resignation was among the major opposition demands.
A former transport minister, Sharaf endeared himself to the protesters when he joined the demonstrations that forced Mubarak to resign.
"I draw will and determination from here," Sharaf told the crowd in Cairo's Tahrir Square on Friday. "I will do my utmost to realize your demands," he said, pledging to step down if he fails.
Sharaf, a U.S.-educated civil engineer, served in the Cabinet for 18 months between 2004 and 2005.
His government will serve in a caretaker capacity until elections are held.
Sharaf is faced with the daunting task of restoring a sense of normalcy in the country, where police forces largely have disappeared from the streets and there is a growing sense of insecurity. The country' stock market has been closed for more than a month, and since Mubarak left, there have been countless labor and other strikes. Eleven universities were set to reopen Saturday.
The constitutional changes to be voted on would open presidential elections to competition and impose a two-term limit on future presidents — a dramatic shift from a system that allowed Mubarak to rule for three decades.
11-03-05 - CBC -- Egyptians storm state security HQ
Egyptians storm state security HQ
The Associated Press
Posted: Mar 5, 2011 8:42 PM ET
Last Updated: Mar 5, 2011 8:42 PM ET
Egyptians stormed the state security agency's main headquarters and other offices in Egypt, seizing documents to keep them from being destroyed to hide evidence of human rights abuses.
What to do with Egypt's tainted security agencies remains one of the most contentious issues facing the military rulers who took charge after President Hosni Mubarak was forced to step down on Feb. 11 after an 18-day popular uprising.
The 500,000-strong internal security services are accused of some of the worst human rights abuses in the suppression of dissent against Mubarak's nearly 30-year rule. The protesters are demanding the agency be dismantled and its leaders face a reckoning.
The ruling military council's bind was evident on Friday and Saturday when thousands of protesters — including some people who said they were victims of abuse by security agents — marched on several state security buildings in Alexandria, Cairo and other cities.
Protesters stormed inside at least six of the buildings, including the agency's main headquarters in Cairo's northern Nasr City neighbourhood, confronting officers face-to-face and attacking some in a surreal reversal of roles.
"We are inside, hundreds of us," Mohammed Abdel-Fattah, one of the protesters who barged into the Nasr City compound on Saturday, said in a telephone interview. "We are fetching documents and we are looking for detainees."
Cries of "Allahu akbar," or "God is great," could be heard in the background, as one of the protesters found a file with Mubarak's name on it.
Around 2,500 people swept into the compound, according to the state news agency.
Abdel-Fattah said they barged in from the back doors, and the military, which had cordoned off the building, couldn't stop them. They scoured the building for official documents, many of which were already shredded in huge piles in what they believe was an attempt to hide evidence incriminating senior officials in abuses.
Some also searched the building for secret detention rooms. Others prayed in the compound's mosque.
Army officers tried to get protesters out of the compound, but did not use force. One army officer rescued a state security officer from the hands of angry protesters and ushered him into a tank.
Activists posted photos on social networking sites of some the purported finds from inside the buildings. They showed underground prison cells, burned documents, men sifting through files while sitting on piles of shredded paper, videos labeled as sex tapes and entire shelves of documents on Islamists. One man posed with a bazooka.
One blogger called it Egypt's "Bastille Day."
Agency remains active
Egypt's state security services, which were given a free hand by emergency laws under Mubarak to suppress dissent, are some of the most powerful symbols of his regime. Many protest leaders say despite the fall of Mubarak and his government, the agency remains active in protecting the old regime and trying to sabotage the revolution.
The agency was the most pervasive security force, collecting intelligence on regime opponents and supporters alike, said Ammar Ali Hassan, a political analyst.
"It was the planning brain behind everything during Mubarak's reign.…Mubarak only trusted the state security."
Hassan said after Mubarak's fall, the agency has continued to play the role of main provider of intelligence to the current military rulers of Egypt, who have no recent experience in running civil affairs.
"It seems that the agency has realized that the military council is being responsive to the demands of the revolutionaries, and may start to consider their calls" to dissolve the agency.
The military council has replaced the head of the agency, but it is not yet clear if it is considering restructuring it or redefining its mission as it charts Egypt's path toward a freer political system and an eventual return to civilian rule.
Hassan said it should be turned into a force to protect the people, and not be dissolved altogether.
"It must be an agency of state security, not regime security," he said.
Other agency buildings targeted
Among the other buildings targeted by demonstrators Saturday, fire poured out of the agency's offices in the Nile Delta town of Sharqia, the north coast city of Matrouh and the oasis city of Fayoum south of the capital.
It was not clear if protesters set the fires or if they were started by security officers burning documents, said a military official who spoke on condition of anonymity because he was not authorized to release the information.
Egypt's chief prosecutor ordered a team to recover and hold the seized documents and asked the military to take control of the main headquarters until an investigation is completed.
The targeting of the agency's buildings began Friday night in Alexandria. More than 1,000 people stormed the building there after officers opened fire on the crowd from inside. Four protesters were wounded and more than 20 security officers were badly beaten, witnesses and security officials said.
Former interior minister appears in court
Meanwhile, the former interior minister Habib el-Adly, who was long in charge of those agencies and the regular police forces, appeared in court Saturday for the first time. He was forced out along with Mubarak and is facing charges of money laundering and abuse of authority.
El-Adly has been widely blamed for the deadly brutality used by riot police against demonstrators in massive protests that began Jan. 25.
Crowds numbering a few hundred, including families of more than 300 protesters killed in the uprising, waited for him outside the Cairo courthouse.
"The death sentence awaits you, el-Adly," they shouted. An effigy was hanging outside the courthouse with el-Adly's name stuck on it.
The former minister arrived in an armored car and wore a white prison jumpsuit. He denied the charges and told the court: "I am Habib el-Adly. I gave Egypt a lot, and I fought terrorism."
The next hearing is scheduled for April 2
11-03-05 - Libération -- Egypte des bâtiments de la sécurité d'Etat pris d'assaut
05/03/2011 à 11h34
Egypte: des bâtiments de la sécurité d'Etat pris d'assaut
Dans le monde arabe
... Et aussi: En Algérie, l'opposition a été bloquée par des contre-manifestants. En Arabie Saoudite, le pouvoir rappelle l'interdiction de manifester.
Des bâtiments de la sécurité d'Etat ont été pris d'assaut samedi à Cheikh Zayed, dans la banlieue du Caire, par des centaines de manifestants à la recherche de preuves d'abus commis par cette puissante institution dépendant du ministère de l'Intérieur.
Des employés ont tiré des coups de feu en l'air avant que l'armée ne s'interpose pour empêcher que le bâtiment soit pris. La dissolution de ces services, accusés par des organisations de défense des droits de l'Homme d'abus et de torture, est l'une des principales revendications des militants pro-démocratie. L'un des manifestants a affirmé à l'AFP que le but était de s'emparer des dossiers de la sécurité d'Etat «de crainte que les preuves de violations ne soient détruites». «On pouvait voir la police à l'intérieur en train de brûler des papiers», dit-il.
Deux morts et une église incendiée au nord du Caire dans des violences confessionnelles
Deux hommes ont été tués, vendredi, dans des violences entre musulmans et chrétiens dans le village de Soul, près du Caire, et une église y a été incendiée samedi, selon l'agence officielle égyptienne Mena.
Les violences ont été provoquées par une relation amoureuse entre un chrétien et une musulmane du gouvernorat de Helwan, au sud du Caire, qui a suscité l'ire de leurs familles. Dans ces violences, ce sont le père du chrétien et celui de la musulmane qui ont été tués, selon un responsable de la sécurité. Après les funérailles du père de l'Egyptienne, un groupe de musulmans s'est rendu à l'église du village et y a mis le feu.
Le mariage entre un chrétien et une musulmane est illégal en Egypte, à moins qu'il ne se convertisse à l'islam.
L'opposition bloquée par des contre-manifestants à Alger
Le rendez-vous de l'opposition, samedi à Alger en trois endroits, pour marcher en faveur d'un changement du système a de nouveau tourné court, les manifestants étant bloqués par la police et des militants pro-Bouteflika.
Une tendance de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) avait fixé ce rendez-vous à Alger, bravant l'interdit de manifestation. Mais les dizaines de contestataires ont été rapidement ceinturés par la police alors que des contre-manifestants occupaient le terrain, aux cris de «Bouteflika n'est pas Moubarak». Les contre-manifestants s'en sont pris au chef du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD, 19 députés) Said Sadi, de la CNCD, contraint de repartir face à une cinquantaine de jeunes déterminés «à le lyncher».
Les marches de samedi sont la cinquième tentative depuis le 22 janvier. Face à eux, la police dotée d'un dispositif léger s'est rapidement renforcée avec des éléments munis de matraques et gaz lacrymogènes pour boucler le secteur et disperser la foule.
A Oran, une marche prévue a été interdite et la CNCD a fait état d'une centaine d'interpellations.
Interdiction de manifester en Arabie Saoudite
Les autorités saoudiennes rappellent que les manifestations sont interdites dans le royaume et que la police est autorisée à intervenir pour faire respecter la loi.
Ce rappel du ministère de l'Intérieur intervient alors que des petites manifestations ont eu lieu ces derniers jours dans le royaume, gouverné par une dynastie conservatrice sunnite. Elles se sont déroulées notamment dans l'est du pays, où vit une forte communauté chiite.
Oman: le sultan renvoie deux ministres
Le souverain d'Oman, le sultan Qabous, a renvoyé deux de ses ministres, après des manifestations populaires contre la corruption dans ce petit pays réputé calme à l'embouchure du Golfe. Cette décision concerne le ministre du cabinet royal, Ali ben Majid al-Maamari, et le ministre des affaires du palais, Ali ben Humud al-Bousaidi.
Dans la deuxième ville du pays, Sohar, à 200 km au nord de Mascate, un manifestant a été tué le 28 février par des tirs de la police. Des manifestants à Mascate ont aussi demandé la mise à l'écart de ministres qu'ils soupçonnaient de corruption. Mais ces rassemblements n'ont pas remis en cause le soutien populaire au sultan, qui règne depuis 1970.
Ouverture du procès de l'ex-ministre égyptien de l'Intérieur
Le procès pour malversations financières de l'ancien ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli, le premier d'un haut responsable du régime Moubarak, s'est ouvert brièvement samedi devant un tribunal du Caire.
L'ex-ministre de l'Intérieur est honni par une grande partie de la population égyptienne et son départ avait été réclamé avec insistance par les manifestants dès le début de la révolte contre le régime, le 25 janvier.
Il a plaidé non coupable des accusations de blanchiment d'argent et de détournement de fonds publics retenues contre lui. Le procès a été ajourné au 2 avril après de vifs échanges entre des représentants de la société civile présents dans le tribunal et la défense, qui a demandé plus de temps.
Plusieurs autres ministres de Moubarak et hommes d'affaires proches de l'ancien pouvoir ont aussi été arrêtés, interdits de quitter le territoire ou ont vu leurs avoirs gelés, ces derniers
11-03-05 - Métro Montréal -- Égypte trois blessés à Alexandrie
LE CAIRE, Égypte - Des centaines de manifestants égyptiens ont tenté de prendre d'assaut, vendredi, un édifice appartenant au service de la sécurité intérieure à Alexandrie, dans une explosion de colère contre l'agence blâmée pour certains des pires abus contre les droits de la personne commis sous le règne du président égyptien Hosni Moubarak.
Des agents postés à l'intérieur de l'édifice ont ouvert le feu sur la foule, blessant trois manifestants, selon un ambulancier et une manifestante.
Les tensions restent vives en Égypte alors que l'armée, qui a pris le contrôle du pays après la démission de Moubarak, tente de répondre aux demandes des manifestants en attendant le transfert du pouvoir à un gouvernement civil. L'une des principales demandes des manifestants auxquelles l'armée n'a pas encore répondu est le démantèlement de l'Agence de sécurité d'État.
Plus tôt dans la journée, une imposante foule s'était réunie sur la place Tahrir, dans la capitale, pour célébrer la nomination par l'armée d'un nouveau premier ministre pour remplacer celui choisi par Moubarak. Le nouveau chef du gouvernement, Essam Sharaf, a promis aux quelque 10 000 personnes présentes qu'il ferait de son mieux pour répondre à leurs exigences.
À Alexandrie, où ont eu lieu certaines des violences les plus graves durant le soulèvement anti-Moubarak, environ 1000 personnes ont encerclé l'édifice de l'Agence de sécurité d'État à la tombée de la nuit. Les manifestants ont demandé aux agents qui se trouvaient à l'intérieur de sortir et ont menacé de prendre l'édifice d'assaut s'ils ne le faisaient pas.
Plusieurs bombes incendiaires ont été lancées et quatre véhicules de police ont été incendiés. Un manifestant a toutefois affirmé que les protestataires n'étaient pas responsables de ces incidents et qu'ils n'avaient fait que lancer des pierres.
Des tirs ont retenti dans la foule et trois personnes ont été blessées, a dit un ambulancier qui a requis l'anonymat.
Les tirs «provenaient de l'intérieur de l'édifice», a dit Mahinour El-Masri, une manifestante. Elle a affirmé que l'un de ses amis faisait partie des blessés et qu'il avait été touché par un tir à l'abdomen.
Les manifestants ont ensuite pris l'édifice d'assaut et ont affronté la police anti-émeute à l'intérieur avant que les forces militaires n'interviennent et reprennent le contrôle du bâtiment. Mme El-Masri a déclaré que les manifestants avaient trouvé des documents déchiquetés et des dossiers dans l'édifice.
Le ministère de l'Intérieur a nié que des agents aient tiré sur la foule. Il a accusé les manifestants qui sont entrées dans l'édifice d'avoir saisi des armes et d'avoir pris des agents en otages.
Un foule moins imposante a aussi manifesté vendredi devant un édifice de l'Agence de sécurité d'État au Caire, mais des soldats les ont empêchés de s'en approcher.
Les services de sécurité intérieure et les forces de police égyptiennes, qui avaient carte blanche sous Moubarak en vertu de l'état d'urgence en vigueur, sont parmi les plus puissants symboles du régime du président déchu.
Depuis la démission du président, les nouveaux dirigeants militaires de l'Égypte multiplient les gestes pour tenter de calmer la colère des manifestants.
L'armée a annoncé vendredi qu'un référendum sur des changements constitutionnels, qui permettront la tenue d'élections compétitives, aurait lieu le 19 mars.
La veille, l'armée a nommé Essam Sharaf au poste de premier ministre et l'a chargé de former un nouveau gouvernement. Il remplace Ahmed Shafiq, le dernier chef de gouvernement nommé par Moubarak, dont la démission était réclamée par les manifestants.
M. Sharaf, un ancien ministre des Transports, est apprécié par les manifestants depuis qu'il s'est joint à eux pour réclamer la démission de Moubarak.
«Je suis ici parce que j'ai obtenu ma légitimité de vous», a-t-il dit vendredi à la foule réunie sur la place Tahrir. «Je ferai tout mon possible pour répondre à vos demandes», a-t-il ajouté, en promettant de démissionner s'il ne réussissait pas.
M. Shafiq, un ingénieur civil qui a fait ses études aux États-Unis, a été membre du gouvernement pendant 18 mois, en 2004 et 2005.
Son gouvernement gérera les affaires de l'État de façon intérimaire jusqu'à la tenue des élections générales. L'armée égyptienne a promis de remettre le pouvoir à un gouvernement civil d'ici six mois.
11-03-06 - Cris d'Egypte -- Egypte L'armée torture
Egypte: L'armée torture. Vidéo.
Le Caire, 6 février 2011. Depuis quelques jours, des images-choc circulent sur la toile, mais elles se font curieusement oublier par d'autres actualités plus étourdissantes encore: la forteresse de la "Sécurité d'Etat", la STASI égyptienne, est tombée hier soir aux mains d'un millier de manifestants. Nous venons, hier soir, de pénétrer en son sein pour y trouver des montagnes de documents broyés, et des centaines de mètres de rayonnages sur lesquels reposaient les fiches soigneusement rédigées sur des millions de citoyens.
L'armée, qui gardait les lieux comme elle garde tous les bâtiments administratifs, était pour le moins complaisante et s'est gentiment tenue à l'écart tandis que nous nous précipitions à l'intérieur, le sang glacé par ce temple du mal.
A l'arrivée du procureur général, et après avoir rempli nos yeux et nos appareils photos des mille scandales susceptibles de disparaître, nous avons laissé la justice prendre le relais.
La nouvelle est fracassante. La chute de la Sécurité d'Etat est plus importante encore que celle de Moubarak qui, et c'est un manifestant qui l'a hurlé en ouvrant un dossier par hasard, était fiché lui aussi.
Il est cependant essentiel de revenir sur ces images sordides qui confirment que l'armée égyptienne a bel et bien deux visages.
Ces images ont été montées sur une chanson que j'ai écrite et enregistrée. Elle sera diffusée demain dans la blogosphère égyptienne.
Traduction française des paroles
De qui se moque l'armée égyptienne?
Des Égyptiens, bien sûr.
Des martyrs, nous en avons assez.
Laissez-nous donc vivre en paix.
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple…" c'est ça, ouais.
Dis moi Salma, l'armée défend qui?
Ses confrères hommes d'affaires… ah! j'oubliais!
Casse-toi Maréchal Tantawi!
Et sauve-nous Major Shoman! (*)
C'est que le Maréchal, vois-tu, torture nos amis.
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple"… c'est ça, ouais.
L'armée-Vodafone (**), on n'en veut plus
Trouvez-nous des gens dignes de nous
Ceux qui nous attaquent au Taser
Nous leur tiendrons tête jusqu'au bout
Jeunes officiers il est temps de faire un "coup"
Fiers officiers, braves soldats, la justice n'attend pas
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple, une seule main"
Ah ben voilà, c'est mieux comme ça…
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple, une seule main"
Paroles, musique et chant: Aalam Wassef. Chanson libre de droits.