avenir d'une offensive

Dossier Tunisie 8

2011-01-31 - capitale-province

11-01-30 - Nawaat -- Les Tunisiens doivent rester unis pour l’avenir

Les Tunisiens doivent rester unis pour l’avenir

Opinions Vos Contributions › Jan 30, 11 › 6 comments

La Tunisie, carrefour de la méditerranée, se trouve à un tournant de son Histoire après avoir accomplie ce qui paraissait encore impensable il y a deux mois à peine. Prouvant sa maturité et son caractère pacifique, façonné par sa riche Histoire, le peuple Tunisien a mené de front une révolution engendrée par l’acte courageux du jeune Bouazizi, qui s’immola pour exprimer sa profonde désespérance. Cette irrésistible force du peuple, spontanée, unie et soutenue par l’armée nationale, a donc conduit à l’éviction de l’ancien Président Ben Ali, fuyant le pays avec une partie de sa famille le 14 janvier 2011. La « révolution du jasmin » avait aboutie, comme l’on nommé les commentateurs, en référence à l’emblématique fleur de la Tunisie, au parfum si doux et agréable. Un parfum si enivrant que les Tunisiens, détenteurs de la révolution, ont refusé le gouvernement d’union nationale qui leur était d’abord proposé, les postes clés étant attribués aux membres de l’ancien régime.

Union sacrée

L’extraordinaire union des Tunisiens, de toute génération, de tout âge et de toutes les régions, s’est poursuivie après la date historique du 14 janvier pour affronter les milices de l’ancienne garde présidentielle. L’armée nationale, très populaire depuis qu’elle a joué pleinement son rôle de garde-fou républicain en refusant de tirer sur les manifestants, reçoit le soutien de la population. Des comités de quartiers se sont organisés par des jeunes et moins jeunes, des contrôles de véhicules se sont opérés pour assurer la sécurité alors que la police nationale avait perdue toute forme de confiance. Et puis, le formidable élan de solidarité de la révolution de jasmin se traduisait par des actions civiques qui consistaient à nettoyer les rues de tout types de déchets, offrir du ravitaillement aux soldats et contacter l’armée dès qu’un véhicule ou un milicien étaient repérés. Cette union sacrée du peuple Tunisien et le sentiment patriotique, enfin restauré, n’a certainement jamais été aussi fort depuis la lutte pour l’indépendance du pays.

Les risques de la division

Désormais libérés de leur apathie politique forcée, les Tunisiens restent vigilants pour que l’on ne leur confisque par leur révolution, payée au prix du sang des nombreux martyrs tombés sous les balles de la police de Ben Ali, et veulent être des acteurs actifs de la construction d’une démocratie dans leur pays. Et un des préalables à cette noble édification, consiste à faire le ménage des membres influents du régime de Ben Ali ainsi que de ses proches. La chasse aux sorcières a donc été lancée dès le soir du 14 janvier, visant prioritairement les membres des anciennes familles régnantes, les Ben Ali et les Trabelsi, qui ont fuit le pays ou ont été arrêtés par l’armée. Cette traque vise également ceux qui ont pu constituer de près ou de loin, des rouages de l’appareil de l’Etat-Ben Ali, membres du RCD (l’ancien parti-Etat au pouvoir) et présents dans les différentes sphères de la société (entreprises, associations…). Plus généralement, c’est la structure même de parti-Etat qui est dans le collimateur, dont la fin de la logique clientéliste et corrompue ne serait rendue possible que par le démantèlement du RCD. Aussi, cette profonde aspiration à vouloir tourner la page de vingt trois années de benalisme, pousse un grand nombre de Tunisiens à souhaiter la purge de l’administration des membres de ce parti et à réclamer la fin de son existence.

C’est précisément sur ces points que des risques de division planent. La nature quasi-siamoise de parti-État doit effectivement être supprimée, par la séparation entre ces deux entités. Or réclamer « le nettoyage » de l’administration paraît invraisemblable. Tout d’abords parce que l’Etat Tunisien ne peut pour l’instant se passer de la force publique existante pour assurer les devoirs qui lui incombent. L’exemple au contexte certes bien différent, du général De Gaulle, Président du Gouvernement provisoire en 1944, qui fut contraint de s’appuyer sur une administration qui avait collaboré pour reconstruire la France, prouve cela. Par ailleurs, l’administration Tunisienne disposent de fonctionnaires compétents qui par la contrainte de l’ancien régime, n’ont pu exercer pleinement et librement leurs prérogatives, comme l’illustre le cas des avocats et des juges. Le président de l’association des magistrats de Tunisie, Hammadi Rahmouni et le juge Mokthar Yahiaoui, tout les deux non membres du RCD, ont récemment expliqué que bien que les postes clés de leur administration sont tenues par ceux qui ont manifesté une capacité aigüe à s’incliner et à servir le régime de Ben Ali, il serait injuste de souhaiter la proscription des autres membres du corps judiciaire. Un réaménagement des différentes institutions en prenant le soin d’écarter les « courbés » de l’ancien régime, serait plus sage.

Réclamer la fin du RCD peut être à l’origine de deux autres sources de division. Dans l’esprit de bâtir les bases solides d’une démocratie, il est capital de ne pas se poser en contradiction avec celui-là. En effet, refuser l’existence d’un parti, c’est ne pas accepter le jeu de la démocratie et c’est la porte ouverte à toutes les autres concessions. Aussi, bien que ce parti s’est pervertie, il est à l’origine le parti du Néo-Destour crée par Bourguiba et trois de ses camarades en 1934, œuvrant pour la libération des Tunisiens du protectorat Français. Bien des hommes de progrès ont ensuite intégré ce qui allait devenir le PSD (Parti Socialiste Destourien) et ont animé de riches débats sur les questions de sociétés et de développement, orientant la politique du Président Bourguiba.

Le RCD a certes hérité d’un parti unique, d’un parti-Etat ayant une histoire liée intimement à celle de la Nation mais s’est transformé en une structure servant les intérêts des clans. Car si la plupart des membres de ce parti ont ensuite servi Ben Ali, les membres les plus brillants et fidèles à leurs principes ont fait le choix de le quitter. Le parti de Ben Ali doit être dissous, les membres de son comité central, les cadres régionaux et les cadres locaux doivent être évincés. Cela peut être possible par un retour des figures authentiques du bourguibisme, capables de transformer le parti en profondeur, qui ne sera plus unique, ni lié à l’État et s’inscrivant dans le jeu de la démocratie.

Les yeux du monde sont tournés vers la Tunisie qui est montrée en exemple pour la maturité et la lucidité de son peuple. Son unité a permis de gagner de grandes batailles mais tant d’autres choses restent à accomplir. Désormais maîtres du destin de leur Nation, les Tunisiens doivent vivement exiger une réforme de la loi électorale et être attentifs au déroulement de celle là, dans un cadre institutionnel particulier où les deux chambres parlementaires sont acquises à plus de 90% aux membres du RCD. Pour que le jasmin puisse continuer à diffuser sa douce odeur de liberté, condition nécessaire à la démocratisation, ses pétales doivent restée unies, comme le peuple Tunisien.

Slim DALI

11-01-31 - HRW -- Tunisie Les agressions de manifestants par la police doivent cesser

Tunisie : Les agressions de manifestants par la police doivent cesser [1]
Les passages à tabac au vu et au su de tous démontrent l’urgente nécessité de contrôler les forces de sécurité

janvier 31, 2011

(Tunis, le 31 janvier 2011) - La violence dont a fait preuve la police envers les manifestants ces derniers temps à Tunis démontre la nécessité pour le gouvernement de transition tunisien d'abandonner les moyens de répression violents employés régulièrement par le précédent gouvernement, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Le 29 janvier Human Rights Watch a été témoin d'une scène où des agents en uniforme ont roué de coups de poing et de matraque un jeune homme derrière un fourgon de police, sur l'avenue principale de la capitale. Plus tard cette même journée, des membres de la police ont agressé un photographe français et ont détruit son appareil alors qu'il les photographiait en train de brutaliser un autre jeune homme à coups de pied et de matraque.

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Farhat Rahji, devrait donner des ordres clairs à toutes les forces de police exigeant que celles-ci respectent le droit à la liberté d'association et n'aient recours à la force qu'en dernier recours, a déclaré Human Rights Watch. Les autorités devraient sans délai enquêter sur les cas d'usage illégal de la force par des policiers envers les manifestants, et engager des poursuites contre ces policiers.

« Les Tunisiens, tout en se réjouissant de leur nouvelle liberté d'expression et de manifestation, sont également les témoins directs ou par le biais de la télévision de passages à tabac de leurs compatriotes par la police », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait clairement souligner que les policiers coupables de telles violences seront punis. »

À Tunis, la police a brutalisé de nombreux manifestants ces derniers jours. C'est ce qu'ont rapporté des juristes et militants tunisiens des droits humains, parmi lesquels Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Les violences policières de Tunis sont pour la plupart liées à l'occupation pendant plusieurs jours de la place de la Kasbah, devant le siège du gouvernement national, par des manifestants qui demandaient le départ immédiat de tous les ministres du gouvernement du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali. Les manœuvres policières pour contenir puis, le 28 janvier, pour évacuer la place ont donné lieu à des accrochages au cours desquels les manifestants ont jeté des pierres et les policiers ont utilisé du gaz lacrymogène, sur la place de la Kasbah et dans le centre ville.

« Cette brutalité attise les tensions et prouve que les forces de police agissent encore comme si elles se trouvaient toujours au-dessus des lois, malgré le départ de Ben Ali », a déclaré Mme Whitson.

Le 29 janvier à 17 heures, deux chercheurs de Human Rights Watch ont été témoins, sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, du passage à tabac d'un jeune homme par plusieurs agents en uniforme qui l'ont roué de coups de poings et de matraque à l'intérieur d'un fourgon de police.

Questionné sur ce qui était en train de se passer, un policier en uniforme qui se tenait près du véhicule a expliqué que le jeune avait « insulté la police ». Il s'est ensuite rapproché en montrant son poignet : « Vous leur donnez de la liberté jusqu'ici », avant de montrer son épaule, « et déjà ils veulent tout ça ! »

La portière du fourgon de police s'est ouverte après quelques minutes ; le jeune homme en est sorti en pleurant et le nez en sang, avant de s'enfuir.

Une heure plus tard, le photographe indépendant français Michel Monteaux a filmé des membres de la police en uniforme en train d'attraper un jeune et de le brutaliser alors qu'il était étendu sur le dos, dans la zone piétonne de l'avenue. Comme il l'a expliqué ensuite à Human Rights Watch, dès que des membres de la police ont remarqué qu'il prenait des photos, ils l'ont rattrapé en courant, l'ont frappé au niveau des jambes et ont saisi son appareil avant de le détruire. Michel Monteaux, qui effectuait un reportage pour le magazine hebdomadaire français La Vie, a réussi à récupérer la carte mémoire contenant plusieurs photos, dont celle qui figure sur cette page.

Au cours des deux incidents, la police a agressé une victime qui ne résistait pas physiquement : dans un cas la victime était entourée de policiers dans leur fourgon, et l'autre cas, la victime gisait sur son dos. Les deux hommes ont été relâchés après avoir été roués de coups, ce qui prouve que le but n'était pas de les arrêter mais de leur administrer une punition sommaire.

Conformément au droit international, les agents d'application de la loi ne devraient avoir recours à la force que dans la mesure exigée par l'accomplissement de leur devoir, comme l'énonce l'article 3 du Code de conduite pour les responsables de l'application des lois (adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies le 17 décembre 1979, résolution 34/169).

Le Code pénal de la Tunisie sanctionne, dans son article 101, de cinq ans d'emprisonnement « tout fonctionnaire public (...) qui, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions aura, sans motif légitime, usé ou fait user de violences envers les personnes ». L'article 101 bis prévoit une peine de huit ans de prison pour des actes assimilés à de la torture. Le pouvoir judiciaire de la Tunisie est donc en mesure d'enquêter sur de telles agressions et de lancer des poursuites si elles sont justifiées.

Pendant la présidence de Ben Ali, la police a rarement été incitée à maîtriser différents moyens de contrôle de manifestations de grande importance, car les autorités n'en autorisaient presque pas. La police se contentait de mettre fin à quasiment tout rassemblement extérieur organisé suite à des revendications sociales ou politiques. C'est seulement après le 17 décembre 2010, lorsque Mohamed Bouazizi, marchand ambulant, s'est immolé par le feu en signe de protestation, que les Tunisiens se sont massivement regroupés dans les rues, défiant ainsi l'interdiction de manifestation.

Alors que la contestation s'amplifiait dans le pays et gagnait en importance, la police a tiré sur les manifestants à balles réelles, entraînant la mort de nombreux civils, comme le décrit un rapport [2] publié le 29 janvier par Human Rights Watch.

Le 14 janvier, alors que Ben Ali fuyait le pays, le photographe Lucas Mebrouk Dolega a été mortellement touché à l'œil par une grenade lacrymogène, apparemment lancée par un agent de police qui se trouvait à 20 mètres de lui, pendant qu'il faisait un reportage sur les manifestations ayant lieu sur l'avenue. M. Dolega travaillait à ce moment-là pour l'Agence européenne de photographie de presse (EPA).

Suite à la fuite de Ben Ali le 14 janvier, partout dans le pays des villes ont été le théâtre de rassemblements publics quasi quotidiens, et différents groupes aux revendications diverses ont ainsi défilé : pour ou contre le gouvernement de transition, pour l'égalité des femmes, pour le droit des femmes à porter des vêtements islamiques, pour la libération de prisonniers politiques et pour des poursuites judiciaires à l'encontre des agents de police ayant tué des manifestants ou tiré sur eux.

Certains de ces rassemblements ont été indisciplinés. Des participants à l'occupation de la place de la Kasbah ont déferlé à plusieurs reprises dans les artères principales du centre ville, en jetant parfois des pierres en direction de la police.

D'après les informations dont dispose Human Rights Watch, aucun policier n'a blessé ou tué par balle des manifestants depuis le départ de Ben Ali. Cependant, des témoignages sur des passages à tabac de manifestants par la police sont recueillis chaque jour et viennent jeter le discrédit sur les efforts du gouvernement de transition, qui voudrait convaincre les Tunisiens qu'il est en rupture avec les moyens de répression du passé.

« Les décès de nombreux manifestants abattus par les forces de police de Ben Ali n'ont fait que contribuer au succès de la révolte qui a fini par mener à sa fuite », a conclu Mme Whitson. « L'intensité de la violence policière a certes diminué, mais la crédibilité du gouvernement dépend de ses efforts pour la limiter davantage encore. »


11-01-31 - Le Monde -- la police disperse brutalement un rassemblement de jeunes

Tunisie : la police disperse brutalement un rassemblement de jeunes

LEMONDE.FR avec AFP | 31.01.11 | 17h05  •  Mis à jour le 31.01.11 | 18h23

De petits groupes de manifestants s'étaient retrouvés sur l'avenue Habib-Bourguiba, la grande artère du centre de Tunis. REUTERS/STR

Alors que le calme était revenu depuis deux jours à Tunis, la police tunisienne a brutalement dispersé, lundi 31 janvier après-midi, à coups de matraque et de grenades lacrymogènes quelques dizaines de jeunes rassemblés dans le centre de la capitale, aux abords du ministère de l'intérieur.

Des journalistes ont vu des policiers pourchasser des jeunes et les frapper violemment à plusieurs reprises à l'aide de matraques, alors qu'ils étaient à terre. Plusieurs personnes ont été interpellées et traînées sans ménagement vers des fourgons de police. Dans la matinée, de petits groupes de manifestants s'étaient retrouvés sur l'avenue Habib-Bourguiba, la grande artère du centre de Tunis, pour exiger le départ de tous les fonctionnaires du ministère de l'intérieur issus de l'ancien parti au pouvoir, le RCD de l'ex-président Ben Ali, certains exigeant même la démission du ministre récemment nommé dans l'équipe de transition.

INTERVENTION DE LA POLICE ANTI-ÉMEUTE

Dans l'après-midi, quelques dizaines de jeunes étaient restés sur l'avenue alors que la plupart des manifestants avaient quitté les lieux. La police anti-émeute est intervenue pour disperser les derniers contestataires, alors que certains jeunes s'attaquaient aux vitrines de magasins. L'intervention de la police a duré moins de dix minutes, et le calme est immédiatement revenu dans le centre.

En dépit de quelques heurts sporadiques, la capitale ne connaît plus de violences depuis l'évacuation musclée de la place de la Kasbah vendredi soir, épicentre de la contestation contre le gouvernement de transition qui gère le pays depuis la chute de Zine El-Abidine Ben Ali le 14 janvier.

Pillage à la sous-préfecture de Kasserine

La sous-préfecture de Kasserine, ville frondeuse du centre-ouest de la Tunisie, a été pillée et saccagée lundi par plusieurs centaines de personnes, selon plusieurs sources syndicales.

Selon ces mêmes sources, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues dans cette localité, qui a connu des affrontements violents entre la police et des manifestants lors des émeutes qui ont conduit à la chute du régime Ben Ali.

"Plusieurs centaines de personnes se sont attaquées à la sous-préfecture et la maison du sous-préfet ce matin. Ils ont tout pillé et saccagé", a déclaré Choukri Hayouni, un syndicaliste joint à Kasserine.

"Ils ont tout pris, des meubles, des ordinateurs, des montants de fenêtres, de la vaisselle. J'en ai même vu avec des petites cuillers", a affirmé un autre syndicaliste, Sadok Mahmoudi.

Ils ont en outre affirmé que les pillards étaient "encadrés par des gens du RCD", l'ancien parti au pouvoir du président déchu Ben Ali. Cette information n'avait pu être confirmée par d'autres sources.

11-01-31 - Le Point -- La sous-préfecture de Kasserine pillée et saccagée

Le Point.fr - Publié le 31/01/2011 à 18:17 - Modifié le 31/01/2011 à 18:18

TUNISIE - La sous-préfecture de Kasserine pillée et saccagée

Plusieurs centaines de personnes auraient attaqué la sous-préfecture et la maison du sous-préfet dans cette ville du centre-ouest.

Source AFP

La sous-préfecture de Kasserine, ville frondeuse du centre-ouest de la Tunisie, a été pillée et saccagée lundi par plusieurs centaines de personnes, selon des sources syndicales contactées par l'AFP et l'agence officielle TAP. Selon ces mêmes sources, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues dans cette localité, qui a connu des affrontements violents entre la police et des manifestants lors des émeutes qui ont conduit à la chute du régime Ben Ali. "Plusieurs centaines de personnes se sont attaquées à la sous-préfecture et à la maison du sous-préfet ce matin (lundi).

"Ils ont tout pillé et saccagé", a déclaré Choukri Hayouni, un syndicaliste joint à Kasserine. "Ils ont tout pris, des meubles, des ordinateurs, des montants de fenêtres, de la vaisselle. J'en ai même vu avec des petites cuillères", a affirmé un autre syndicaliste, Sadok Mahmoudi. Ils ont en outre affirmé que les pillards étaient "encadrés par des gens du RCD", l'ancien parti au pouvoir du président déchu Ben Ali. Cette information n'avait pu être confirmée par d'autres sources.

Selon l'agence officielle TAP, "le gouvernorat de Kasserine a été ces dernières heures le théâtre de troubles". "Des malfaiteurs ont attaqué des institutions et terrorisé les habitants", affirme la TAP, précisant qu'avaient été notamment visés les bâtiments de la sous-préfecture, la maison des jeunes et un lycée professionnel. Les deux syndicalistes de la puissante centrale UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) ont affirmé que l'armée, qui était présente, n'était pas intervenue pour mettre fin aux troubles.

11-01-31 - L'Express -- Kasserine à nouveau théâtre de troubles, la capitale au travail

Par AFP, publié le 31/01/2011 à 20:05, mis à jour le 31/01/2011 à 20:24

TUNIS

Tunisie: Kasserine à nouveau théâtre de troubles, la capitale au travail

TUNIS - Après un week-end calme et alors qu'une activité quasi-normale a repris lundi à Tunis, de nouveaux troubles ont éclaté à Kasserine, ville frondeuse du centre-ouest, où la sous-préfecture a été pillée et saccagée par des centaines de jeunes sans revendications affichées.

Selon des sources syndicales contactées par l'AFP à Kasserine et l'agence officielle TAP, la sous-préfecture, mais aussi un lycée, un local associatif et un cabinet de médecin ont été attaqués, sans que les forces de l'ordre n'interviennent.

Kasserine, un des bastions de la révolution tunisienne, avait connu des affrontements violents entre la police et des manifestants lors des émeutes qui ont conduit à la chute du régime Ben Ali. Au moins 21 personnes ont été tuées début janvier à Kasserine et dans la localité voisine de Thala, selon l'ONG Human Rights Watch.

"Plusieurs centaines de personnes se sont attaquées à la sous-préfecture et la maison du sous-préfet ce matin" (lundi), a déclaré à l'AFP Choukri Hayouni, un syndicaliste joint à Kasserine.

"Ils ont tout pris, des meubles, des ordinateurs, des montants de fenêtres, de la vaisselle. J'en ai même vu avec des petites cuillers", a affirmé un autre syndicaliste, Sadok Mahmoudi.

L'agence officielle TAP a confirmé que "le gouvernorat de Kasserine avait été ces dernières heures le théâtre de troubles". "Des malfaiteurs ont attaqué des institutions et terrorisé les habitants", a précisé la TAP, citant notamment la sous-préfecture.

Les deux syndicalistes de la puissante UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) ont affirmé que les pillards étaient "encadrés par des gens du RCD", le Rassemblement constitutionnel démocratique, l'ancien parti au pouvoir du prédisent déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Selon Choukri Hayouni, quatre jeunes arrêtés par des habitants de Kasserine alors qu'ils pillaient le cabinet d'un médecin ont "avoué avoir été payés par des gens du RCD pour semer des troubles".

"Il n'y a eu aucune activité aujourd'hui à Kasserine. Tout était fermé, écoles, administrations, commerces...", a poursuivi Choukri Hayouni, précisant qu'un "tract appelant à la grève générale lundi" avait circulé dans la ville la veille.

"Cet appel n'était pas signé. il ne s'agit en aucun cas d'un appel de l'UGTT", a précisé Sadok Mahmoudi.

Ni la TAP ni le gouvernement n'ont confirmé l'implication de membres du RCD dans ces violences.

Mais ces derniers jours, plusieurs sources syndicales et proches du gouvernement ont dénoncé des "tentatives de déstabilisation" des autorités de transition mises en place depuis le départ de Ben Ali le 14 janvier.

Un policier de Tunis a affirmé lundi à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que dans plusieurs villes, des jeunes désoeuvrés étaient "payés 25 dinars (environ 12 euros) pour participer à des pillages et faire peur aux gens".

Signe que la tension demeurait à Tunis, la police a brutalement dispersé lundi après-midi des dizaines de jeunes près du ministère de l'Intérieur, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans l'après-midi, des agents du personnel au sol de l'aéroport de Tunis (maintenance, enregistrement) se sont mis en grève, revendiquant une amélioration de leurs conditions de travail, entraînant des perturbations du trafic aérien, a-t-on appris de source aéroportuaire.

On ignorait lundi soir l'ampleur des perturbations. Un avion d'Air France a dû faire demi-tour et regagner Paris, selon un journaliste de l'AFP à bord.

Des blindés de l'armée étaient toujours positionnés près des grands axes du centre-ville et la capitale était encore soumise à un couvre-feu, dont la levée pourrait être examinée mardi en conseil des ministres.

Depuis Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères européens ont renouvelé lundi leur soutien aux autorités de transition et annoncé le gel des avoirs de l'ex-président et de son épouse.

11-01-31 - Nouvel Observateur -- des groupes de saboteurs s'attaquent à des établissements publics à Kasserine

31/01/11 21:23 14 réactions

Tunisie: des "groupes de saboteurs" s'attaquent à des établissements publics à Kasserine

TUNIS (AP) — Un climat de "grande insécurité" règne depuis lundi après-midi dans la région de Kasserine, dans le centre-ouest tunisien, à la suite d'actes de violence perpétrés par un "groupe de saboteurs" contre des établissements publics, a rapporté l'agence officielle tunisienne TAP.

L'agence ne donne aucune précision sur l'identité de ces "saboteurs" qui ont aussi "semé la terreur" parmi la population.

Les actes de destruction ont notamment ciblé le siège de la sous-préfecture de Kasserine-Nord, la maison de jeunes, les locaux de l'institut supérieur des études technologiques et l'office de l'élevage du cheptel.

La TAP qui cite son correspondant sur place, déplore "l'absence des agents de sécurité et l'incapacité de l'armée à maîtriser l'explosion de violence dans la région, ce qui a contribué davantage à la détérioration de la situation".

Un syndicaliste a déclaré à l'Associated Press que des membres de comités de quartiers mobilisés pour assurer leur propre protection ont arrêté deux de ces "saboteurs" qui ont avoué avoir été payés par des membres du RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique, l'ex-parti au pouvoir, "pour provoquer le désordre et le chaos".

Selon Chokri Hayouni, "ces gens du RCD craignent d'avoir des comptes à rendre pour leurs pratiques illicites sous l'ancien régime". Il s'est étonné "du vide laissé par la sécurité et de la passivité des quelques soldats présents devant les actes de pillage et de destruction des assaillants".

"C'est un complot ourdi contre la région de Kasserine qui a payé un lourd tribu lors du soulèvement populaire avec au moins 27 morts et un grand nombre de blessés", a-t-il ajouté.

D'autres actes de violence étaient signalés dans plusieurs régions du pays, notamment à Sfax (sud) et Mahdia (centre-est) où, comme à Kasserine, les cours dans les établissements scolaires et l'activité économique ont été entravés, dans ce qui est perçu comme une tentative de déstabilisation du gouvernement transitoire mis en place après la chute du régime Ben Ali.

A Tunis, des groupes de manifestants ont été dispersés par des unités anti-émeutes qui ont eu recours aux gaz lacrymogènes. Les manifestants réclamaient le départ des cadres du ministère de l'Intérieur qui ont servi sous Ben Ali et sont encore en fonction, voire du nouveau ministre Farhat Rajhi. AP


11-02-01 - Le Soir -- Tunisie, la révolution n’est pas terminée

Tunisie, la révolution n’est pas terminée


De Tunis, Hassane Zerrouky
Des milliers de femmes dans la rue, partis de gauche et progressistes, artistes, société civile, syndicalistes se concertent, des walis limogés, d’autres ont fui, des responsables de la culture dégommés, des journalistes de la presse du RCD se révoltent. Les islamistes adoptent un profil bas.
Samedi matin, avenue Bourguiba, terrasses de cafés bondées, boutiques prises d’assaut (période des soldes) donnaient l’image d’un retour à la normale, quand vers dix heures, des centaines d’étudiants et de lycéens envahissent l’artère pour dénoncer la répression. «Don’t kill», lisait-on sur une pancarte brandie par une étudiante. Manifestation aussitôt suivie, moins d’une heure après, par une autre, autrement plus imposante, organisée par le «Front du 14 janvier » (regroupements de sept organisations de gauche (PCOT), de nationalistes arabes et des nassériens), scandant «Dissolution du RCD, Ghannouchi démission», «A bas la répression» devant le ministère de l’Intérieur protégé par des militaires. La veille en effet, la place de la Casbah, où des centaines de manifestants observaient un sit-in de jour et de nuit, avait été évacuée par la force par les forces anti-émeutes, et les tentes démontées, ce qui a donné lieu à de violents incidents, qui se sont prolongés sur l’avenue Bourguiba, jusqu’aux environs de 20 heures. En tout cas, des partis siégeant au gouvernement – Ettajdid (communiste) et PDP de Nejib Chebbi, des avocats, ont demandé l’ouverture d’une enquête. Le Premier ministre, toujours contesté par une partie de la population qui exige son départ et la dissolution du RCD, se défend et affirme que les autorités sont intervenues sur demande des riverains et des commerçants importunés par les manifestants !
Des milliers de femmes dans la rue
Dans l’après-midi, à l’appel de l’AFDT (Association des femmes démocrates tunisiennes) et d’autres associations, des milliers de femmes manifestaient avenue Bourguiba, scandant en arabe «Non aux idées rétrogrades », «Non à l’obscurantisme », «Liberté, égalité, dignité, à bas la réaction». Sur les pancartes écrites en arabe, «Ne me libérez pas, je m’en charge» ou «Pour une Tunisie laïque et démocratique» ! «On est là pour soutenir la révolution, pas de retour en arrière», dit Fatiha, jeune employée, allusion au statut accordé en 1956, sous l’ère de Habib Bourguiba, interdisant la polygamie, autorisant le droit au divorce et à l’avortement (bien avant la France et de nombreux pays développés). «C’est un message fort aux islamistes qui veulent remettre en cause nos droits», assure Selma, étudiante. Elle ne croyait pas si bien dire. Vers 17 heures, une dizaine de salafistes tente de casser la marche des femmes. «Sans Leila (épouse de Ben Ali) vous ne serez pas là», criaient-ils. Les femmes font face, scandent de plus belle et parviennent à les faire reculer. Leur marche se termine sans incidents. Elles exultent. «Il fallait qu’on nous entende », assure Amel, fonctionnaire. En soirée, nouveaux incidents dans le centre de Tunis avec intervention musclée de la police.
Grand déballage et retour de Rached Ghanouchi
A l’arrière-plan, le grand déballage, sur la mise à sac de la Tunisie par Ben Ali et son clan, se poursuit. Pas un jour sans que la presse ne rapporte des cas d’hommes d’affaires spoliés de force par les Trabelsi. Annonces de purges à venir afin de permettre à certains clans du RCD de se refaire une virginité et de se maintenir au pouvoir ? «On charge Ben Ali pour sauver les meubles», assure Djellal Zoghlami, avocat de gauche. Une chose est sûre, alors que des syndicalistes, artistes, partis continuent de se concerter en vue de donner une suite au mouvement, les autorités annoncent que 24 walis vont être limogés, que des actions en justice vont être intentées contre Ben Ali, son épouse et son clan. A Bejà, le wali a fui. Ailleurs, sans attendre, sur la scène culturelle, des responsables sont débarqués par les artistes. C’est le cas du directeur du Théâtre de Tunis, Mohamed Diss, chassé de son poste, ou de Mohamed Mokdad à Gafsa. Dans la presse du RCD, la révolte a également sonné. Non, la révolution n’est pas terminée. Les islamistes, qui n’ont joué aucun rôle moteur dans la révolte qui a emporté Ben Ali, adoptent un profil bas. Pas un seul slogan islamiste n’a été entendu, mais des mots d’ordre laïques et politiques. Peu ou pas de barbus dans les rangs des manifestants. Dimanche, ils étaient entre deux et trois mille personnes, au lieu du million annoncé par les «nahdhaouis», présents à l’aéroport de Tunis pour le retour de Rached Ghanouchi, le leader d’Ennahdha, lequel avait assuré dans la presse européenne que son modèle est le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie. Mieux, il a indiqué qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle.
H. Z.


11-02-01 - Libération -- l'ONU recense 219 morts et 510 blessés lors du soulèvement

01/02/2011 à 13h54

Tunisie: l'ONU recense 219 morts et 510 blessés lors du soulèvement

Un policier anti-émeute tunisien, le 28 janvier à Tunis. (Zohra Bensemra / Reuters)

Deux cent dix-neuf personnes sont mortes et 510 ont été blessées durant les violences ayant conduit à la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier, a annoncé mardi à Tunis le chef de la mission du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

Lors d'une conférence de presse, Bacre Ndiaye a précisé que 147 personnes avaient trouvé la mort depuis le début des troubles en Tunisie à la mi-décembre, ainsi que 72 personnes dans des prisons. "Selon les derniers chiffres retenus, il y a eu 147 personnes tuées et 510 blessées. Ces chiffres n'englobent pas les victimes des prisons", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.

M. Ndiaye a précisé que ces chiffres étaient encore "provisoires" et que l'ONU poursuivait ses enquêtes. Le précédent bilan de l'ONU faisait état le 19 janvier d'"au moins 100 morts", résultant "de tirs ainsi que de suicides de protestation et des émeutes dans les prisons".

Le gouvernement tunisien avait annoncé le 26 janvier que 74 détenus étaient morts au cours du mois de soulèvement populaire, dont 48 dans l'incendie de la prison de Monastir (centre-est).

La mission de l'ONU, arrivée le 27 janvier, a pu visiter deux prisons à Bizerte, au nord-ouest de Tunis, et a constaté "un retour à la normale" dans leur fonctionnement, après une période de trouble marquée par "des évasions, des incendies, des accrochages" meurtriers, a indiqué M.Ndiaye.

Ben Ali a «les mêmes droits que les autres Tunisiens»

"L'Etat tunisien était un Etat policier. Il y a eu des abus de l'appareil sécuritaire qui doit être réformé en profondeur. Le système sécuritaire doit travailler pour le peuple et pas contre lui", a insisté le représentant onusien.

Il a toutefois souligné que les membres de la famille du président déchu Zine El Abidine Ben Ali avaient "les mêmes droits que les autres Tunisiens". "Les enfants (du clan Ben Ali) ne doivent pas payer pour leurs parents. Leur nom ne doit pas être un crime", a-t-il insisté.

"Nous sommes convaincus que beaucoup de choses ont changé en Tunisie, notamment au niveau de la liberté d'expression", a aussi souligné M. Ndiaye, avant d'ajouter que le nouveau gouvernement de transition serait "jugé sur ses actes".

Le Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a réclamé à plusieurs reprises depuis le 12 janvier des enquêtes "indépendantes crédibles" sur les violences en Tunisie, faisant état d'informations sur un "recours excessif" à la force par les services de sécurité, y compris après le départ de Ben Ali.

Interrogé sur la présence de milices et/ou d'anciens membres du RCD, le parti de l'ex-président, parmi des groupes de jeunes se livrant à des pillages dans plusieurs villes du pays, il a répondu n'avoir "pas d'éléments concernant ces milices".

"Il y a des éléments qui ont essayé de semer le trouble. On sait seulement qu'il y a eu des arrestations et que des enquêtes sont en cours", a-t-il ajouté.

(Source AFP)


11-02-01 - Gnet -- Tunisie_ le ministre de l’Intérieur 'J’ai fui par miracle'

Tunisie/ le ministre de l’Intérieur : "J’ai fui par miracle"


Publié le Mardi 01 Février 2011 à 22:48

Dernière mise à jour, le Mercredi 02 Février 2011 14:16

Ce qui s’est passé lundi au ministère  de l’Intérieur est digne d’un film hollywoodien. Farhat Rajhi, ministre de l’Intérieur, en a parlé avec menus détails mardi soir sur Hannibal TV. "Hier, le Général et moi, avons fui par miracle, si ce n’étaient pas les unités anti-terroristes, ils nous auraient tués", a dit le ministre, qui s’est fait voler lors de cette attaque son manteau, ses lunettes et son portable.

Pour la petite histoire, un groupe de 2 à 3 mille personnes ont pris hier d’assaut le ministère de l’Intérieur. Le ministre a comparé ces personnes aux pirates de Somalie, seule différence : la couleur de peau. "Ils étaient armés, ivres et drogués". L’étonnant dans cette histoire hallucinante, est que ces assaillants ont été tous libérés, ce qui a mis la puce à l’oreille du ministre de l’Intérieur, qui a déduit des complicités évidentes parmi les responsables de l’appareil de sécurité intérieure. C’était l’une des raisons qui a incité le ministre à faire le ménage au sein de l’appareil sécuritaire. "42 responsables sécuritaires de la direction centrale ont été démis de leur fonctions ce mardi", a-t-il fait savoir.

Une dépêche de la TAP , citant une source  autorisée auprès du ministère de l'Intérieur indique à ce sujet, qu'il a été procédé, mardi à la mise à la retraite d'office de 27 responsables sécuritaires et de 7 autres à la retraite ainsi que la nomination de 7 nouveaux directeurs à la tête de plusieurs secteurs de la sûreté nationale.

"De nouveaux responsables ont été désignés à la tête des différentes directions de la sécurité publique, dont la Direction générale de la sûreté nationale, la Direction générale de la sécurité publique, la Direction générale des services spéciaux, la Direction générale des services techniques, la Direction générale des unités d'intervention, la Direction générale de la sécurité du chef de l'Etat et des personnalités officielles, l'Inspection générale de la sûreté nationale, la Direction générale de la formation, la Direction de l'Ecole supérieure des forces de sécurité intérieure, la mutuelle des fonctionnaires de la sûreté nationale des établissements pénitentiaires et la Direction centrale des opérations".

Farhat Rajhi a néanmoins indiqué que les mêmes personnes qui ont attaqué le ministère de l’Intérieur sont lâchées dans la nature, ont sévi aujourd’hui dans tout le pays et ont semé la panique. Il a reconnu l’existence d’une défaillance sécuritaire en Tunisie, en prévenant contre la propagation de l’intox, démentant des cas de kidnapping dans le pays. Une source du ministère, citée par la TAP, a démenti, à ce titre, "les rumeurs mensongères propagées au sujet de l'enlèvement d'enfants dans certains établissements éducatifs, des informations dénuées de tout fondement, à l'exception d'un cas unique d'un jeune âgé de 16 ans. Les investigations ont montré que ce jeune a été repéré dans l'une des villes côtières et qu'il est réputé pour ses absences répétées de l'école rendant plausible l'hypothèse de sa fugue et non de son kidnapping".

Pour revenir à la  défaillance sécuritaire, le ministre l’a expliquée par le fait que des postes de police ont été incendiés et d’autres ont été désertés. Par ailleurs, il existe actuellement 10 mille prisonniers qui ont fui les prisons, le problème c’est que ces prisonniers même s’ils sont ramenés, on n’a pas où les mettre, car la plupart des prisons ont été détruites, brûlées, a indiqué le ministre, qui ignorait que son collègue de la justice a appelé  les prisonniers qui se sont évadés pendant la révolution à  rejoindre la maison d'arrêt ou le poste de police le plus proche pour régulariser leur situation.

Farhat Rajhi  a affirmé que de nombreux responsables du ministère de l’Intérieur démis sont proches de l’ancien régime, annonçant que Rafik Haj Kacem, ancien ministre de l’Intérieur est actuellement en garde à vue, et est interrogé dans le cadre de la même affaire d’Ali Seriati, en l’occurrence, la conspiration contre la sûreté intérieure.

Le ministre de l’Intérieur a reconnu les débordements sécuritaires lors de l’assaut contre les manifestants en sit-in à l’esplanade de la Kasbah, du fait que les ordres ont été mal appliqués. Il a réitéré que des excuses seront présentées, si ces débordements sont confirmés par l'enquête.

Ceci étant, le ministre de l’Intérieur a annoncé que les 24 gouverneurs du pays seront remplacés.


11-02-02 - Arrêt sur images -- Tunisie le ministre de l'Intérieur attaqué dans son bureau

Tunisie : le ministre de l'Intérieur attaqué dans son bureau

Par la rédaction le 02/02/2011 - 18h12 - pas vu

Depuis le début du soulèvement égyptien, la Tunisie semble passer au second plan dans les rubriques internationales. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, s'est fait attaquer dans son propre bureau lundi. Il le raconte sur la chaîne privée Hannibal TV mardi soir, en mettant en cause des complicités au sein même de la police. L'AFP en fait une dépêche ce mercredi, à 12h51 (dépêche titrée sur le limogeage de plusieurs hauts responsables policiers). Il se sera donc écoulé 48 heures entre l'attaque et le moment où l'information est mentionnée en France.

Mardi soir, à la télévision nationale, le nouveau ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi a livré un étonnant témoignage sur les forces puissantes qui seraient encore à l'oeuvre au coeur de l'Etat, écrit l'AFP. "Lundi soir, entre 2.000 et 3.000 personnes ont attaqué mon ministère. Grâce au général Rachid Ammar (figure de l'armée qui a promis d'être le garant de la révolution, ndlr) et aux forces anti-terroristes, j'ai pu m'enfuir, mais on m'a volé mon manteau, mes lunettes et mon téléphone portable", raconte le ministre. "Cinquante envahisseurs, dont plusieurs étaient armés, ont été arrêtés avant d'être relâchés, ce qui montre une défaillance sécuritaire et une complicité entre les agresseurs et les services d'ordre", affirme-t-il. Le ministre a même dénoncé un "complot de l'Etat".

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Avant l'AFP, seul le site Kapitalis, "portail de l'information sur la Tunisie et le Maghreb arabe", rapportait l'information ce mercredi matin, en citant la chaîne de télévision.

L'AFP a axé sa dépêche sur le limogeage de hauts gradés de la police et sur l'arrestation et la garde à vue de l'ancien ministre de l'Intérieur de Ben Ali, en résidence surveillée depuis le 13 janvier. Selon Kapitalis, il s'agirait de 42 hauts responsables du ministère de l'Intérieur limogés, "soupçonnés de complicité avec les forces contre-révolutionnaires." "Ces fonctionnaires se seraient entre autre mal comportés avec les prisonniers", ajoute le site de RFI, "L’un d’entre eux serait même recherché par Interpol pour mauvais traitements." Parmi les responsables remplacés, figurent le chef de la sûreté nationale, le chef de la sécurité générale et le chef de la sécurité présidentielle, postes clés sous Ben Ali.

 


11-02-02 - Jeune Afrique -- Tunisie le ministre de l'Intérieur déjoue une tentative de déstabilisation de l'État

Tunisie : le ministre de l'Intérieur déjoue une tentative de déstabilisation de l'État

02/02/2011 à 12:00 Par Frida Dahmani, à Tunis

Farhat Rajhi (d.) avec des ministres et le Premier ministre, Mohammed Ghannouchi (c.). © Fethi Belaid / AFP

Les dernières quarante-huit heures ont été particulièrement tendues à Tunis. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a dû procéder à un grand ménage au sein de ses services pour remédier à plusieurs actes d'insubordination. Et à une tentative particulièrement violente de coup de force des éléments pro-Ben Ali. Récit de deux jours d'angoisse.

La révolution du 14 janvier traverse ses premières turbulences post-Ben Ali. Alors que la reprise de l’activité était visible et que la confiance dans l'exécutif s'était installée à la suite du remaniement du 27 janvier, la capitale tunisienne a été l'objet d'une très forte tension mêlée d'une extrême confusion, lundi et mardi.

Aux questions restées sans réponses après l’évacuation violente, vendredi 28 janvier, des manifestants pacifistes de la place de la Kasbah (qui en a donné l'ordre, dans quel but ?), s’ajoutaient des rumeurs sur des agressions, des enlèvements, des pillages et des attaques d'établissements scolaires un peu partout en Tunisie. Qui diffusait ces fausses nouvelles – y compris celle de l'incendie d'une synagogue près de Gabès ? Mystère...

Un vent de panique s’est emparé de Tunis, où les hélicoptères réinvestissaient le ciel à basse altitude tandis que les militaires étaient en alerte. Un climat délétère encore renforcé par des vidéos circulant sur internet et montrant le tabassage de manifestants par les Bops (policiers anti-émeutes tunisiens) sur l’avenue Bourguiba.

Tentative de coup de force

En outre, le silence du gouvernement est venu accentuer le sentiment de malaise de la population. On s’interrogeait notamment sur l’absence des forces de l’ordre dans les rues, et beaucoup réclamaient le retour de la police alors que Tunis était paralysée par des embouteillages monstres. Jouant finalement la transparence, Farhat Rajhi, le nouveau ministre de l’Intérieur du gouvernement d’Union nationale, a levé le voile sur la situation lors d’un entretien diffusé mardi soir sur Hannibal TV.

Selon lui, des forces internes au ministère de l’Intérieur ont tenté un coup de force lundi. Entre 2 000 et 3 000 personnes, dont des membres de la police politique, des miliciens et des évadés de prison ont assailli les locaux du ministère, s'attaquant à lui ainsi qu'au général Rachid Ammar qui était présent (le chef de l’état-major de l'armée de terre et héros de la révolution du 14 janvier).

Un État dans l'État

Malgré la violence de l’attaque, aucune arrestation n’a pu être effectuée sur le coup. Farhat Rajhi, qui a été exfiltré de justesse avec le général par les unités antiterroristes, a affirmé que ce complot contre le gouvernement de transition était bien une tentative de coup d'État orchestrée par certains dirigeants du ministère, ceux-là mêmes qui avaient donné l’ordre de charger les manifestants de la Kasbah. Le ministère de l'Intérieur se comportait donc comme un État dans l'État, indépendant et incontrôlable. 

Pour remédier à cette situation, des mesures ont été immédiatement prises : 42 hauts responsables de l'Intérieur, dont le directeur général de la Sûreté nationale, ont été démis de leurs fonctions et l’ex-ministre de l’Intérieur, Rafik Haj Kacem, a été arrêté. Une enquête est en cours pour identifier les donneurs d’ordre des actes d’insubordination et de complot contre la sécurité de l'État. Parallèlement, les différents corps de la police ont reçu l'ordre formel de reprendre leurs activités avec la promesse d'une amélioration de leurs conditions de travail et de leurs revenus.

L'intervention de Farhat Rajhi, qui s'exprimait en arabe dialectal, a permis de détendre l'atmosphère tout en faisant grimper en flèche sa cote de popularité. Inconnu du grand public, le nouveau ministre était encore magistrat la semaine dernière.


11-02-04 – Jeune Afrique -- La 'débénalification' s'étend à l'administration tunisienne

La "débénalification" s'étend à l'administration tunisienne

04/02/2011 à 12:44 Par Jeune Afrique avec F. Dahmani à Tunis

Un policier tunisien règle la circulation à Tunis, le 2 février. © AFP

Après l’exclusion des ministres trop liés au régime de Zine el-Abidine Ben Ali, les purges se poursuivent dans l’administration et l’économie tunisiennes. Une forte pression pèse contre les anciens adhérents au parti dominant, qui représentaient près de la moitié de la population adulte...

En Tunisie, les ex-premiers se retrouvent brutalement derniers. L’éviction des ministres trop liés au régime de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, la semaine dernière, n’a été que la partie la plus visible d’un mouvement bien plus massif de « débénalification ». Le pays s’est lancé dans des purges de grande ampleur qui n’épargnent aucun secteur.

Au ministère de l’Intérieur, la découverte d’un complot qui aurait pu déstabiliser le tout jeune gouvernement tunisien, semble avoir encore échaudé des Tunisiens déjà bouillonnants. 42 hauts responsables du ministère ont été immédiatement relevés de leurs fonctions en début de semaine tandis que l’ensemble des 24 gouverneurs régionaux (équivalents des préfets) ont été remplacés. Les régions déshéritées de Tunisie comme celles de Kasserine et Sidi Bouzid, d’où est parti le mouvement de contestation, se sont longtemps sentis floués par le pouvoir. Leurs habitants inspectent désormais avec attention les CV des nouveaux gouverneurs...

La diplomatie tunisienne va aussi être touchée : un grand mouvement diplomatique a déjà été annoncé mais aucune liste nominative n’a pour le moment été diffusée.

Les entreprises publiques ont presque toutes été décapitées. Dès le 15 janvier, les journalistes du quotidien du régime, La Presse, avaient pris le contrôle de la partie éditoriale, intimant l’ordre à la direction de ne plus s’en occuper. Rapidement, les PDG de la Société tunisienne d’assurance et de réassurance (Star), Abdelkarim Merdassi, et de la Banque de Tunisie, Alia Abdallah, avaient dû démissionner sous la pression.

Revendications sociales

Le chef de la compagnie aérienne Tunisair, Nabil Chettaoui, soupçonné d’avoir été trop proche du clan Ben Ali - Trabelsi, a lui aussi été évincé. Mais les revendications sont aussi sociales, notamment pour les salariés de la filiale de Catering de la compagnie qui réclament les mêmes avantages que ceux de la maison mère. Dans des circonstances similaires, la direction de l’opérateur Tunisie Télécom a elle aussi été écartée. À la Banque nationale agricole, l’ex-PDG a été mis en congé, et c’est une délégation d’administrateurs qui assure la direction de manière transitoire.

La puissante Union générale tunisienne du travail (UGTT) joue souvent un rôle moteur dans ces mobilisations. Parfois critiquée pour s’être trop mêlée de politique dans les premiers jours suivant la chute de Ben Ali et désormais confrontée à la concurrence d’un second syndicat, elle s’est replacée sur le terrain économique social et bénéficie de la poussée populaire. Tunis, où l’ambiance était au retour au travail jeudi après l’appel du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, la reprise a été très perturbée par les grandes grèves dans les transports jeudi.


11-02-05 - Rue89 -- l’ombre de Ben Ali plane encore

Published on Rue89 (http://www.rue89.com)

Violences en Tunisie : l’ombre de Ben Ali plane encore

By Marie Kostrz

Created 02/05/2011 - 15:22

Entête large: 

Le regain de violence survenu ces derniers jours en Tunisie [1] rappelle que malgré le départ de Ben Ali [2], les hommes de l'ancien despote ne sont pas prêts à quitter le pouvoir.

Meziane est encore sous le choc. Ce propriétaire de café à Kasserine [2], à l'est du pays, n'est pas prêt d'oublier la journée de dimanche. « Cinq jeunes âgés de 15 à 18 ans sont venus me menacer », se désole-t-il. « Ils m'ont dit que si je ne fermais pas mon café lundi, ils reviendraient le brûler, avec moi à l'intérieur. »

La mort dans l'âme, Meziane a donc mis la clé sous la porte le temps d'une journée, comme l'ensemble des commerçants de Kasserine. Dans les rues de la ville désertée par ses habitants, un curieux cortège a défilé : « Des jeunes armées de couteaux ou de haches hurlaient », ajoute l'homme d'âge mur.

Originaire de Kasserine, Meziane est catégorique : il n'a reconnu aucun visage. « A leur allure, on pouvait voir que c'était des vagabonds. » Des bâtiments publics ont été incendiés, la bibliothèque pillée.

Des bandes de jeunes sèment la terreur

Kasserine n'est pas un cas isolé. Partout en Tunisie, des bandes de jeunes sèment la terreur depuis la fuite de Ben Ali le 14 janvier. Le vide sécuritaire dénoncé par les habitants a en outre été renforcé par la grève menée par les policiers. « Il y a un énorme sentiment d'insécurité ici », confirme de Tunis Fouad Boukari journaliste
à Radio France. Après la promesse du gouvernement d'augmenter leur salaire, les policiers ont repris leur service.

Rabhi Samir, professeur à Kasserine et militant des droits de l'homme, dénonce un coup monté. « Ces jeunes sont des mercenaires payés par les grosses têtes des sections régionales du RCD [3], le parti de Ben Ali », assure-t-il. « Ils ont pour mission de rependre le chaos pour que le RCD soit perçu comme le seul parti capable de maintenir l'ordre. »

Preuve de l'implication du l'ex-parti unique selon le militant : le tract distribué hier aux habitants de Kasserine. Rabhi Samir lit le texte à haute voix : « Nous allons annoncer la guerre contre tous les gens qui propagent des rumeurs contre les hommes intègres de Kasserine. »

Dans les noms évoqués sur le tract se trouve celui de Kamel Hamzaoui. « Même s'il n'est plus au comité central du RCD depuis quatre ans, tout le monde ici sait qu'il agit dans l'ombre du parti, qu'il décide tout grâce à son pouvoir de financement », clame le professeur.

La dictature est encore debout

Avec ses débordements, une évidence s'impose aux yeux de Selim Ben Hassen, leader du mouvement d'opposition Byrsa : même si le despote est tombé, la dictature, elle, est toujours debout. Malgré le changement de gouvernement opéré le 27 janvier, les fidèles de Ben Ali ne sont pas encore tous partis.

La tension est montée à son comble lundi quand 2 000 à 3 000 jeunes ont envahi le ministère de l'intérieur [4]. Farhat Rahji, à sa tête, et Rachid Ammar, chef d'état-major de l'armée de terre, ont échappé de peu à la mort.

Interviewé par la chaîne privée Hannibal TV mardi, le ministre a dénoncé un coup de force d'une partie du ministère de l'Intérieur suite à sa promesse de juger les coupables de pillages. Selim Ben Hassen est persuadé que beaucoup de responsables des forces de sécurité roulent encore pour l'ancien système :

« Si certains déstabilisent le pays en espérant encore que cela fasse revenir Ben Ali, d'autres, coupables d'exactions en tout genre, ont conscience que de nombreuses archives sont empilées dans les administrations et les commissariats.

Quand on a torturé quelqu'un, on n'a pas forcément envie que cela devienne public. »

Difficile de se débarrasser des pros-Ben Ali

Pour Eric Gobe, chargé de recherche au CNRS spécialiste du Maghreb, la résistance d'une partie de la classe politique est une évidence :

« L'appareil de sécurité a été mis en place par Ben Ali, qui avant d'être président a été ministre de l'intérieur. Il a mis en place des hommes qui lui font totalement allégeance. Il va donc être difficile de se débarrasser d'eux, il ne vont pas partir comme ça. »

L'intervention télévisée de Farhat Rahji a été très appréciée en Tunisie. L'annonce du limogeage de 42 hauts responsables de l'Intérieur [5] a été perçue comme une volonté de tirer un trait sur l'ère Ben Ali. Rabhi Samir, militant de Kasserine, reste cependant prudent : « On a de l'espoir de voir la situation s'améliorer, mais il reste beaucoup à
faire. »

Photo : un étudiant crie un slogan lors d'une manifestation à Tunis le 1er février (Louafi Larbi/Reuters)

11-02-06 - Le Parisien -- quatres morts dans une manifestation à Kef

Tunisie : quatres morts dans une manifestation à Kef

Publié le 06.02.2011, 09h02 | Mise à jour : 09h21

ARCHIVES. Le gouvernement tunisien pariait samedi sur une amélioration de la situation sécuritaire, en allégeant une nouvelle fois le couvre-feu, mais reste vigilant face à une situation sécuritaire et sociale encore incertaine, trois semaines seulement après la chute de Ben Ali. | Fethi Belaid

Alors que le gouvernement tunisien a parié sur une amélioration de la situation sécuritaire, en allégeant une nouvelle fois le couvre-feu samedi, des dérapages ont encore eu lieu hier, trois semaines seulement après la chute de Ben Ali.

Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des manifestants et des policiers dans la ville de Kef (nord-ouest du pays), selon une source au ministère de l'Intérieur. Selon des sources syndicales jointes à Kef, 200 à 300 personnes s'étaient rassemblées pour réclamer le départ du chef de la police locale.

La manifestation a dégénéré en affrontements lorsque ce dernier a giflé une manifestante, provoquant la colère de la foule qui a incendié le poste de police. La police a alors répliqué en tirant. Quatre personnes s'écroulent : deux manifestants de 19 ans et 49 ans meurent sur le coup, tandis que deux autres, grièvement blessés, succombent à leurs blessures.

Deux morts vendredi à Sidi Bouzid


La veille, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté devant un commissariat à Sidi Bouzid (centre) après la mort de deux personnes qui y étaient détenues. Trois voitures de police ont été incendiées, selon un témoin.  Deux agents de sécurité suspectés d'être impliqués ont été arrêtés samedi, a indiqué l'agence officielle TAP. Pour le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, il s'agit d'un crime qui pourrait être l'oeuvre de partisans de l'ancien régime.

Les autorités avaient annoncé vendredi soir une réduction de deux heures du couvre-feu, appliqué depuis samedi, de minuit à 4 heures locales, «en raison de l'amélioration de la sécurité dans le pays». La Grande-Bretagne avait d'ailleurs levé vendredi sa mise en garde sur les voyages en Tunisie. Vital pour le pays, le tourisme devrait retrouver au printemps son niveau d'avant les troubles qui ont fait fuir des milliers d'étrangers, assurait vendredi le ministre du Tourisme Mahdi Houas. Le PDG de Fram, 2e tour opérateur français, a affirmé samedi à Tunis que son groupe était «entièrement disposé à soutenir la relance du tourisme».

LeParisien.fr

11-02-06 - Le Figaro -- Tunisie retour au calme à Kef

Tunisie: retour au calme à Kef

Le calme est revenu aujourd'hui dans la ville de Kef, dans le nord-ouest de la Tunisie, après la mort de quatre personnes samedi au cours d'affrontements entre des habitants et des policiers, selon des témoins et des sources syndicales.

"C'est calme ce matin (dimanche). D'après les témoignages d'habitants et des informations de source médicale, au moins quatre personnes ont été tuées et il y a une quinzaine de blessés", a déclaré à l'AFP Abdelatif Bouguera, syndicaliste joint à Kef par téléphone.

Il a affirmé avoir vu samedi soir deux manifestants tomber sous les balles du chef de la police locale, Khaled Ghazouani.

Les manifestants, des centaines d'habitants de Kef qui réclamaient le départ de Khaled Ghazouani accusé d'abus de pouvoir, ont "incendié le commissariat" et "saccagé" le siège local du RCD (ex-parti au pouvoir), la maison des jeunes et la résidence du commissaire Ghazouani, selon plusieurs témoins joints par l'AFP.

AFP


11-02-06 - Libération -- nouvelles flambées de violences dans plusieurs villes

06/02/2011 à 14h10

Tunisie: nouvelles flambées de violences dans plusieurs villes

Actualisé

La Tunisie a replonglé ce weekend dans la violence, avec plusieurs attaques menées par des bandes de jeunes contre des postes de police ou administrations au Kef (nord-ouest), à Kébili (sud) et à Gafsa (centre-ouest), a-t-on appris de sources syndicales et officielles.

Après de premiers affrontements qui s’étaient soldés samedi par la mort de deux manifestants selon le ministère de l’Intérieur, quatre de sources syndicales, de nouveaux heurts ont éclaté dimanche au Kef.

L’immeuble abritant le siège de la police, déjà en partie incendié samedi, était de nouveau en feu dimanche après-midi, selon des sources syndicales, qui ont précisé que l’armée avait été déployée dans la ville après des attaques menées par des «bandes de jeunes».

«C’est la panique en ville. L’immeuble (des) forces de sécurité du district est en feu. L’armée cherche à faciliter le travail des secours», a affirmé à l’AFP Raouf Hadaoui, un syndicaliste joint par téléphone. «La situation est explosive avec des tirs à balles réelles et des incendies dans plusieurs endroits», selon un autre témoin.

«Ils sont payés par le RCD»

Des bandes de jeunes ont tenté d’attaquer la prison du Kef pour libérer des détenus et ont été repoussés par l’armée, ont aussi affirmé à l’AFP Raouf Hadaoui et un autre syndicaliste, Abdelatif Bouguera.

Tous deux ont affirmé que les jeunes, organisés en bandes mobiles, parcouraient la ville en pillant des habitations. «Ils sont payés par le RCD (ex-parti au pouvoir) pour semer le trouble», a déclaré M. Hadaoui.

De son côté, l’agence officielle TAP a confirmé l’incendie ainsi que le déploiement de l’armée.

Dans la nuit de samedi et dimanche, les troubles ont gagné la ville de Kébili, où un jeune est mort après avoir reçu une grenade lacrymogène en pleine tête lors de heurts avec les forces de l’ordre, selon la TAP.

Selon l’agence, un «groupe de jeunes» avait tenté d’attaquer et incendier un poste de la garde nationale à la sortie nord de la ville, avant d’être repoussé par les forces de l’ordre.

Le groupe a ensuite tenté d’attaquer un autre poste de la garde nationale puis s’est dirigé vers la résidence du gouverneur. L’armée s’est interposée, précise l’agence, qui rapporte que des sit-in avaient eu lieu samedi pour dénoncer la nomination du nouveau gouverneur.

Fuite du gouverneur

Dans le bassin minier du centre-ouest, le nouveau gouverneur de Gafsa, Mohamed Gouider, a été contraint dimanche de quitter ses bureaux à bord d’un véhicule de l’armée, sous la pression de nombreux manifestants qui demandaient sa démission, toujours selon la TAP.

Trois semaines après la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, la situation reste très tendue en Tunisie. Le gouvernement a dénoncé à plusieurs reprises «un complot» des partisans du président déchu, affirmant que les attaques menées dans certaines villes étaient l’oeuvre de jeunes payés par son parti, le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique).

Après un grand coup de balai dans la police et le remplacement des gouverneurs des 24 provinces du pays, le gouvernement de transition avait pourtant parié sur une amélioration de la sécurité et annoncé un allègement samedi du couvre-feu en vigueur depuis le 12 janvier.

Mais ces derniers jours les habitants de plusieurs villes et des partis politiques ont contesté les nominations de gouverneurs et réclamé un nettoyage en profondeur de toutes les administrations.

Le parti d’opposition Ettajdid (ex-communistes) a notamment dénoncé la nomination «sans concertation» de gouverneurs «issus pour la plupart du RCD».

A Tunis, José Ignacio Salafranca, le chef d’une délégation du Parlement européen en visite depuis quatre jours, a fait part de sa «vive préoccupation» après les morts du Kef et réclamé «une enquête pour identifier les coupables» afin de les traduire en justice.

(Source AFP)

11-02-06 - Webdo -- Mais que s’est-il passe hier au Kef ?

Mais que s’est-il passe hier au Kef ?

Par Lila Ben Youssef - 6 février 2011


C’est ce que voudraient bien comprendre les tunisiens mais aussi le ministère de l’intérieur. Selon ce dernier, une enquête serait ouverte et un appel à témoins a été lancé pour recueillir le maximum d’informations.

L’agence Tunis Afrique Presse écrit que selon une source officielle du ministère, 1000 manifestants se sont rendus samedi 5 février au poste de police du Kef armés de cocktails Molotov et de pierres. Les forces de police ne disposant plus d’assez de munitions anti émeutes auraient envoyé des tirs de sommation dans un premier temps puis commencé à tirer sur les manifestants. Cette attaque serait survenue suite à l’acharnement de ces derniers. Le bilan fait état de 4 morts dont deux seraient morts sur le champ et 2 autres auraient succombé à leurs blessures dans la soirée, et d’une quinzaine de blessés dont 4 agents de la sécurité. Une voiture de police ainsi que des voitures de particuliers auraient également été incendiées.

Selon la chaine El Jazira, les manifestants étaient venus réclamer la démission du chef de police, Khaled Ghazouani. Cette demande avait été motivée par les agissements de la police du Kef qui ces derniers jours avaient frappé des femmes.

« Ghazouani a été pourchassé par des habitants et il s’est mis à tirer », aurait expliqué à l’AFP Jamii El Rabhi, un syndicaliste.

Selon la TAP, « le ministère de l’Intérieur, en coordination avec les unités de l’armée nationale, ont immédiatement procédé à l’arrestation du chef du commissariat de police du Kef et l’ont conduit au siège du ministère de l’Intérieur pour l’interroger concernant les circonstances de cet incident. »

« Des armes ont été saisies dans sa maison et aussi une grande quantité d’alcool », probablement destinée à la « contrebande », a affirmé a l’AFP M. Bouguera, un autre syndicaliste.

Ces incidents surviennent immédiatement après la nomination des gouverneurs par le ministre de l’Intérieur. Une polémique avait déjà été soulevée sur l’appartenance de ces derniers au RCD. Cette manifestation témoigne non seulement de l’inquiétude du peuple face au plan de réorganisation des gouvernorats mais malheureusement, renforce ce sentiment. Le ministère de l’Intérieur devra, en toute transparence, rendre un rapport détaillé sur les agissements de ces nominés et répondre par des sanctions à leur encontre.


11-02-06 - Siasiat -- Two killed as protesters, police clash in Tunisia

Two killed as protesters, police clash in Tunisia

Sunday, 6 February 2011



Tunis, February 06: Two people were killed and at least 17 injured in a clash between protesters and police in Tunisia's Kef city, a media report said.

Protesters in Kef, 220 km west of the Tunisian capital, called for the dismissal of the city's police chief, Khaled Ghazouani, due to his relationship with ousted president Zine el-Abidine Ben Ali's powerful Constitutional Democratic Rally party or, RCD party and for abuse of power, Xinuha quoted a state TV report as saying Saturday.

The clash Saturday night flared up after Ghazouani slapped a woman during a demonstration.

Dozens of people gathered at the government building demanding Ghazouani's dismissal, witnesses said.

Police opened fire at the protesters, which killed two people.

The incident in Kef is among the most serious in the past few weeks, following the suicide of Mohamed Bouazizi who set himself ablaze last December, sparking nationwide protests that led to the ouster of Tunisian president and his regime's collapse.

According to the UN, at least 219 people died during and in the immediate aftermath of Tunisia's month-long uprising, which culminated in the ouster of autocratic leader Ben Ali.

The figure stated by Bacre Waly Ndiaye, the head of a visiting UN human rights team, included 72 people who died during prison riots that erupted directly after Ben Ali fled to Saudi Arabia Jan 14.


11-02-07 - Le Figaro -- plus de 40 blessés hier

Tunisie/Le Kef: plus de 40 blessés hier

AFP
07/02/2011 | Mise à jour : 10:28 Réagir

Plus de 40 personnes ont été blessées hier dont un homme grièvement brûlé lors de l'incendie du siège de la police, dans la ville du Kef, a-t-on appris aujourd'hui dans cette ville du nord-ouest de la Tunisie. "Il y a plus de 40 blessés, dont un homme grièvement brûlé qui a été transféré à l'hôpital de Ben Arous (spécialisé dans les soins aux grands brûlés) à Tunis", a déclaré une source hospitalière jointe à l'hôpital régional du Kef.

"Presque tous les autres blessés ont été admis pour des cas d'asphyxies légères et des difficultés respiratoires. Il y a aussi quelques cas de fractures. Ils ont tous pu quitter l'hôpital dimanche soir", a ajouté cette source. La plupart avaient été blessés lors de l'incendie du siège local de la police par des bandes de jeunes pillards.

Ce matin, la situation était "calme" au Kef, où l'armée est toujours déployée aux carrefours stratégiques de la ville et devant les principaux bâtiments publics, a déclaré Raouf Hadaoui, un syndicaliste joint par téléphone depuis Tunis. L'activité n'avait toutefois pas repris, les écoles et de nombreux commerces étaient encore fermés vers 10h (9h GMT).

Tout le week-end, cette ville d'environ 50.000 habitants a été secouée par de violents affrontements et la proie de pillards. L'immeuble de la police avait déjà été en partie incendié samedi par des manifestants qui exigeaient le départ du chef de la police locale, accusé d'abus de pouvoir. Hier, le bâtiment a été à nouveau pris pour cible, cette fois par des bandes de jeunes qui se sont ensuite livrés à des pillages à travers la ville, selon des témoins et des sources syndicales.

Les heurts de samedi ont fait deux morts, selon le ministère de l'Intérieur, qui a démenti le bilan de quatre morts donné de sources syndicales.

11-02-08 - Libération -- La rue encore remontée

La rue encore remontée

1 réaction

Par CATHERINE COROLLER

Le gouvernement multiplie les gestes censés illustrer la bataille qu’il mène contre le RCD, l’ex-parti de Ben Ali. Mais la rue n’y croit pas. Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a appelé hier les députés (réunis pour la première fois depuis la fuite du raïs) à voter un projet de loi permettant au président de gouverner par décrets-lois, contournant ainsi un Parlement dominé à 80 % par le RCD. A l’extérieur de l’Assemblée, des centaines de manifestants s’étaient regroupés pour réclamer la «dissolution du Parlement». La veille, le ministre de l’Intérieur avait annoncé la «suspension» du RCD, avant sa «dissolution» prochaine. Malgré cet affichage de bonne volonté, la contestation reste forte. Les nominations de 24 gouverneurs de provinces ont du mal à passer. Dans plusieurs régions, des manifestants ont réclamé leur départ pour cause de «RCDisme». Le gouverneur de Gafsa (centre-ouest) a même dû quitter dimanche ses bureaux sous protection militaire. Plus au nord, la ville du Kef a connu un week-end d’émeutes, que des habitants attribuent à des provocations orchestrées par le RCD.

11-02-08 - TUNISIA Watch -- Tunisie Poursuite, dans les régions, des mouvements de protestation contre les nouveaux gouverneurs

Tunisie: Poursuite, dans les régions, des mouvements de protestation contre les nouveaux gouverneurs

Des citoyens à travers plusieurs régions du pays, observent des sit-in pour exiger le départ des gouverneurs qui viennent d’être nommés, en raison de leur appartenance au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).

A Bizerte, les manifestants ont scandé des slogans appelant à rompre avec l’ancien régime et ses symboles. Ils demandent le départ du nouveau gouverneur et de tous les agents corrompus du RCD. Des agents et cadres du gouvernorat ont observé un sit-in et tenté d’empêcher le gouverneur de prendre ses fonctions avant que l’armée nationale n’intervienne.

Mais le gouverneur a fini par rejoindre son bureau où il a nié son appartenance au RCD et exprimé sa disposition à servir la région et à être à l’écoute des préoccupations des citoyens. Les manifestants ont, toutefois, poursuivi leur sit-in pour exiger son remplacement.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Kairouan. La route principale menant au centre ville a été coupée. Les manifestants ont brûlé des pneus et saccagé une partie de la station d’essence à proximité du siège du gouvernorat. L’armée nationale à effectué des tirs de sommation pour disperser la foule. Ces protestations ont eu lieu avant que le nouveau gouverneur ne prenne ses fonctions.

A Gabès, les habitants de la région ont organisé une marche populaire revendiquant le départ du nouveau gouverneur pour son appartenance au RCD. Ils ont aussi exprimé leur fidélité aux martyrs de la révolution populaire et leur engagement à défendre ses principes. Le nouveau gouverneur de Gabès a été obligé de quitter le gouvernorat sous la protection des agents de l’armée nationale.

A Kébili, les manifestants ont réclamé l’éloignement des symboles de l’ancien régime et des constitutionnels démocrates ainsi que le départ du nouveau gouverneur. Ils ont appelé à nommer à sa place un autre gouverneur intègre et n’appartenant à aucun parti politique. Un haut responsable de l’armée a rassuré les manifestants que le gouverneur qui vient d’être nommé a quitté la région.

La famille du martyr de la révolution Rami El Abed, tombé à Kébili, ont organisé un sit-in devant le siège du gouvernorat, revendiquant d’inscrire le nom de leur fils unique sur la liste des martyrs de la révolution.

Dans le gouvernorat de La Manouba, les protestations professionnelles des agents temporaires et contractuels ainsi que des agents des chantiers et des cadres des différentes délégations de la région se sont poursuivies. Les revendications des employés du siège du gouvernorat, des agents contractuels et des ouvriers des chantiers des diverses délégations s’articulent autour de la titularisation, de la régularisation de leur situation et de la création d’un syndicat.

D’autre part, le gouverneur de La Manouba s’est réuni avec les cadres et agents du gouvernorat. Il a, à cette occasion, pris connaissance de leurs préoccupations et leur a promis de les examiner et de les résoudre dans les plus brefs délais, conformément aux nouvelles mesures annoncées par le gouvernement provisoire dans le domaine de la fonction publique. Il a appelé les agents et les cadres à rejoindre leurs postes de travail, à accueillir les citoyens et à être attentifs à leurs suggestions et préoccupations.

A Zaghouan, le nouveau gouverneur a quitté son poste, répondant ainsi aux appels des citoyens et des élèves de la ville. Des élèves du lycée Slimane Ben Slimane et du lycée de la cité Ennouzha se sont rassemblés depuis le matin devant le siège du gouvernorat, revendiquant le départ du gouverneur en raison de son appartenance au RCD. Des agents de la municipalité de Zaghouan ont, ensuite, rejoint le rassemblement des élèves.

Le gouvernorat de Siliana qui a trouvé pendant quelques jours une certaine accalmie, a connu, lundi des protestations formulées par un grand nombre de citoyens qui se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat pour revendiquer l’amélioration de leurs situations sociales, la garantie des commodités de vie nécessaires et le droit des titulaires de diplômes supérieurs au travail. Ils ont, également, appelé à un développement économique équitable entre toutes les régions.

Le gouverneur dont la foule de manifestants revendiquait le départ pour son appartenance au parti du président déchu, a tenté, sous le regard de l’armée, de rassurer les Citoyens et de leur faire part de sa détermination à n’épargner aucun effort pour répondre à leurs attentes et pour résoudre leurs problèmes dans la mesure du possible.

A Nabeul, la manifestation organisée par la commission régionale de la protection de la révolution a obligé le nouveau gouverneur à quitter son bureau, en présence de l’armée nationale. La ville a connu, depuis dimanche, plusieurs mouvements de protestation, revendiquant la régularisation de la situation socioprofessionnelle des habitants de la région.

A Tozeur, le gouverneur a pris ses fonctions sur fond de protestations et de revendications de la part de plusieurs citoyens rassemblés devant le siège du gouvernorat. Le gouverneur a indiqué que dans l’objectif d’éviter l’encombrement et de répondre au mieux aux attentes des habitants, une journée sera consacrée à chaque délégation pour examiner toutes les revendications.

A Medenine, plusieurs citoyens ont observé un sit-in pour demander le départ du nouveau gouverneur. Le gouverneur de la région, qui s’est entretenu avec des diplômés du supérieur et des demandeurs d’emploi, a souligné, au correspondant de la TAP, son engagement à être proche des citoyens, à écouter leurs préoccupations et à établir un calendrier pour l’examen de tous les dossiers cas par cas.

A Béja, le nouveau gouverneur a quitté son poste après un sit-in devant le siège du gouvernorat réclamant son départ. Les manifestants revendiquent la nomination, dans les régions, de responsables indépendants et technocrates. (Babnet – Mardi 08 Février 2011)


11-02-08 - Libération -- En Tunisie, des réservistes de l'armée appelés à la rescousse

08/02/2011 à 12h06

En Tunisie, des réservistes de l'armée appelés à la rescousse

Un soldat tunisien posté près du gouvernemental à Tunis, le 5 février 2011. (AFP Fethi Belaid)

Le ministère tunisien de la Défense a décidé lundi soir de rappeler des réservistes partis à la retraite depuis cinq ans ainsi que des conscrits, signe d'une tension persistante dans le pays.

Selon un communiqué officiel, relayé par l'agence de presse TAP, le ministère a appelé les militaires partis en retraite entre 2006 et 2010 et les conscrits de fin 2008 et tout 2009 à se présenter "dans les centres régionaux de conscription et de mobilisation les plus proches de leurs lieux de résidence, à partir du 16 février".

L'armée tunisienne compte environ 45.000 hommes, des effectifs sans commune mesure avec ceux des forces de sécurité et de police du temps de Ben Ali, estimés à au moins 100.000 hommes.

Depuis la chute du président Ben Ali le 14 janvier, le gouvernement de transition de Mohammed Ghannouchi est confronté à de fortes tensions et contestations, d'abord à Tunis puis un peu partout en province.

Plusieurs membres du gouvernement ont évoqué ces derniers jours un "complot" contre la révolution qui, selon eux, serait l'oeuvre de partisans ou hommes de main du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de l'ex-président, parti qui a été suspendu dimanche.

"L'armée nationale se porte garante de la Révolution"

Lors d'un débat lundi à l'Assemblée nationale pour autoriser le président par interim à gouverner par décret, Mohammed Ghannouchi a à nouveau insisté sur les "dangers" qui menacent le pays. "Il y a des personnes qui veulent faire revenir la Tunisie en arrière mais nous devons honorer nos martyrs qui se sont battus pour la liberté", a-t-il averti.

Durant les derniers incidents dans plusieurs régions, la police était totalement absente, et le rétablissement ainsi que le maintien de l'ordre, par exemple à Kasserine (centre), au Kef (nord-ouest) ou Gafsa (centre sud), a été le fait de l'armée.

Depuis la révolte qui a emporté le régime de Ben Ali, l'armée est adulée pour avoir refusé de tirer sur les manifestants.

Lors du siège fin janvier des bureaux du Premier ministre dans le centre de Tunis par des milliers de manifestants qui réclamaient le départ de ministres trop associés au régime précédent, c'est le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Rachid Ammar, qui est venu se mêler aux manifestants pour "garantir" la révolution.

"L'armée nationale se porte garante de la Révolution. L'armée a protégé et protège le peuple et le pays", avait-il lancé au mégaphone, acclamé par les protestataires.

(Source AFP)

11-02-08 - Nawaat -- Tunisie À quel jeu joue le nouveau gouvernement

Tunisie : À quel jeu joue le nouveau gouvernement ?

Opinions Vos Contributions › Feb 8, 11 › 5 comments

D’abord, je tiens à dire que je n’appelle aucunement au loup contre le nouveau gouvernement, du moins pas encore… Je soutiens à 100% le maintien au pouvoir du gouvernement transitoire actuel, encore une fois pour l’instant… Cependant, je me pose certaines questions et je reste méfiant comme beaucoup d’entre nous.

Le nouveau gouvernement, ou plus précisément le nouveau ministre de l’Intérieur, car c’est lui qui est sous le feu de l’action, n’agit toujours pas, mais réagit.

Toutes les décisions majeures ont été prises sur l’appel de la rue, le chaos et les meurtres de la police sur la population (éviction des cadres au ministère et des ouali après la Kassbah, annonce de dissolution du RCD après le chaos actuel à Gafsa, Kef, Sfax…)

La nomination des nouveaux Ouali (gouverneurs) a même été un échec, car membres du RCD et sans consultation des régions et des locaux…

Le nouveau gouvernement ne s’est pas exprimé à ce jour sur un plan précis d’intervention, mais il agit au coup par coup, selon les événements dictés par « la rue », par le peuple.

Pourtant, un programme honnête, simple et clair pour couper avec l’ancien régime pourrait avoir les grandes lignes suivantes :

RCD en tant qu’organisation aux ramifications mafieuses ayant soutenu un cartel aux activités criminelles :

1- Arrêt des activités du RCD avec mise sous enquête immédiate

2- Séquestre de ses locaux et mise à l’abri des documents en attente d’une enquête

3- Gel effectif et transparent de ses avoirs

4- Dissolution du RCD en raison de son échec, ses alliances intimes et dirigeantes avec une organisation criminelle et les intérêts suprêmes pour le maintien de l’unité de l’état

La dissolution seule est inutile, car c’est une modification sur papier. Ses membres n’ont qu’à se retéléphoner, se réunir dans d’autres locaux et former une demande pour un autre parti…

La dissolution doit donc être obligatoirement associée aux autres points ci-dessus.

Ensuite, comme toute organisation mafieuse, celle du RCD ne dépend pas seulement de dirigeants, mais de tout un réseau :

– Économique, pourvoyeur de fonds

– Médiatique, pourvoyeur de la propagande nécessaire

– Légal, pour la complicité nécessaire dans l’appareil judiciaire : avocats, juges…

– Exécutif, ou la main sale de l’organisation criminelle. Ici, hélas, c’est la police officielle

Il faut donc obligatoirement s’attaquer à cet appareil :

5- Changement des cadres affiliés au sein des entreprises et administration

6- Restructuration profonde des médias (journaux et TV) ayant servi à la propagande sous le régime criminel en écartant les cadres et en les obligeant à une information neutre et ouverte à tous les partis et opposants

7- En poursuivant avocats et juges corrompus sous l’ancien régime criminel.

8- La restructuration profonde de la police qui doit être abordée au plus vite

En utilisant le terme organisation criminelle, un cadre légal pourrait être légiféré à l’encontre du RCD. Après tout, au final, leur parti était dirigé par les chefs de cette organisation criminelle et toutes leurs actions médiatiques, policières, financières et politiques servaient ces chefs mafieux. Où est donc la difficulté à leur octroyer le statut d’organisation criminelle ? Un juge aux clés du ministère de l’Intérieur devrait être à même de légiférer sur grand nombre de ces points, notamment le point ?

Alors, ma question est celle de tous les Tunisiens : qu’est-ce que le gouvernement attend pour aspirer aux demandes du peuple ?

En attendant, les rumeurs les plus folles vont bon train :

1- Il est corrompu et gagne du temps pour la destruction des preuves

2- Il est incompétent

3- Il est impuissant, car ceux qui mènent le bal sont ailleurs !

En attendant, hélas, il semble que seuls les soulèvements populaires avec le chaos et les exactions meurtrières de la police qui se poursuivent, font prendre des décisions à ce gouvernement.

Ahmed Jabri


11-02-09 - Jura libertaire -- Delenda est Carthago - 9 février

Mercredi 9 février 2011

Delenda est Carthago - 9 février

Tunisie/tirs de sommation : un blessé

Un jeune Tunisien a été blessé par le ricochet d'une balle mercredi matin à Tunis, après des tirs de sommation par un militaire qui tentait de faire revenir le calme devant un bureau d'aide sociale où se pressait une foule de chômeurs, a-t-on appris auprès de témoins. «Un militaire a tiré vers le sol et une balle a atteint un jeune au pied. Il a été évacué vers un hôpital», a déclaré à l'AFP Rim Rabihi, une chômeuse de 22 ans venue réclamer une aide. Le jeune homme blessé, Lotfi Safra, âgé de 26 ans, est originaire de Bab Souika, un des quartiers populaires de Tunis.

 

Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, une foule compacte s'était formée dans la matinée devant des bureaux du ministère des Affaires sociales, qui avait commencé la veille à distribuer des aides aux chômeurs et handicapés. Les bureaux n'avaient pas encore ouvert et la foule manifestait son impatience, refusant de s'organiser en rangs comme le leur demandaient les militaires en faction devant le bâtiment. Un militaire a effectué des tirs de sommation alors que la foule menaçait d'entrer de force, toujours selon des témoins.

 

Dans plusieurs régions, le gouvernement distribue une aide de 30 dinars (15,5 euros) par chômeur et de 150 dinars (78 euros) par handicapé, sur présentation de la carte d'identité et/ou du certificat d'invalidité. La situation sociale et sécuritaire reste très tendue en Tunisie où le gouvernement a allégé le couvre-feu mais a fait appel aux réservistes de l'armée à partir du 16 février. La police, bras armé du régime répressif de Ben Ali, ayant pratiquement disparu des rues depuis le départ du président déchu le 14 janvier, c'est l'armée qui assure la sécurisation des ministères et bâtiments stratégiques.

 

En fin de matinée, quelques dizaines de personnes manifestaient sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, pour dénoncer l'usage des armes par les militaires et réclamer le départ du gouvernement de transition.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 9 février 2011.

 

 

 

 

Tunisie : des gouverneurs chahutés

 

Le nouveau gouverneur de la région de Sousse (150 km au sud de Tunis) en Tunisie a été contraint aujourd'hui de quitter ses bureaux par une foule en colère qui réclamait son départ en raison de son appartenance au parti de l'ex-président Ben Ali, le RCD, a rapporté l'agence TAP. Dans la journée, plusieurs commerces de la localité ont été vandalisés et pillés «par un groupe de personnes armés de couteaux et de massues», a précisé l'agence tunisienne.

 

Dans la ville touristique voisine de Monastir, des manifestants ont également réclamé la démission pour les mêmes raisons du gouverneur récemment nommé par les autorités de transition tunisiennes. La même scène s'est reproduite à Medenine (sud) où des centaines de personnes se sont massées devant le gouvernorat.

 

Dans le bassin minier du centre-ouest, le gouverneur de Gafsa fraîchement nommé, Mohamed Gouider, avait déjà connu le même sort dimanche et avait été exfiltré de ses bureaux à bord d'une voiture de l'armée.

 

Après avoir nettoyé la police héritée du président déchu, le gouvernement avait poursuivi mercredi dernier la purge de l'appareil de l'État en remplaçant les 24 gouverneurs provinciaux. Ces nominations ont rapidement été contestées, 19 des personnes choisies étant des adhérents ou des proches du Rassemblement constitutionnel démocratique. «Le peuple sait lire les CV», commentait ironiquement mardi le quotidien La Presse de Tunisie dans un éditorial.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 8 février.

 

 

Insécurité dans la localité de Hichria à Sidi Bouzid

 

La localité de Hichria relevant de la délégation de Sidi Bouzid Est a connu, mardi matin, des troubles et une situation d'insécurité.

 

En effet, le poste de la garde nationale, la demeure du chef du poste et sa voiture ainsi que le siège de l'association d'intérêt commun ont été incendiés.

 

Des témoins ont affirmé que ces agissements ont été provoqués par l'attitude du chef du poste de la garde nationale qui s'est opposé à une marche pacifique.

 

Le correspondant de l'agence TAP a rapporté que des agents de la garde nationale ont tiré en l'air provoquant la colère des manifestants qui ont commis des actes de pillage et de destruction de biens publics.

 

Les forces de l'armée nationale sont intervenues pour faire évacuer le chef du poste de la garde nationale, ce qui a permis un retour au calme relatif.

 

Une grève générale est observée actuellement dans la localité de Hichria.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Manifestation devant le siège du gouvernorat de Monastir pour demander le départ du nouveau gouverneur

 

Une marche a été organisée, mardi, devant le siège du gouvernorat de Monastir, pour demander le départ du nouveau gouverneur.

 

Une délégation composée de représentants du syndicat des avocats tunisiens, de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, du mouvement Ettajdid et de l'Union régionale du travail a rencontré le nouveau gouverneur de la région, M. Hichem Fourati, pour demander le rétablissement de la sécurité et la démission de ce dernier, dans la mesure où il représente un symbole du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), a indiqué M. Rachid Chemli, représetnant du mouvement Ettajdid.

 

D'autre part, des citoyens se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat pour demander l'amélioration de leurs conditions sociales, faisant part de leur rejet de l'appel lancé par certains à la démission du nouveau gouverneur.

 

Parmi ces derniers, le père d'une fillette handicapée au nom de Chayma venu demander une autorisation de taxi collectif, et Jamila Gaddour de Ouerdanine, mère d'un garçon handicapé qui a été reçue par le gouverneur, lundi, et qui a déclaré que depuis 10 ans personne ne s'est préoccupé de son cas.

 

La dame a expliqué que le gouverneur s'est engagé à lui trouver une solution à ses problèmes dans les plus brefs délais.

 

Selon des témoins, les participants à la manifestation devant le gouvernorat de Monastir ne seraient pas originaires de la région.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Le nouveau gouverneur de Sousse se retire 

 

Plusieurs locaux de commerce dans la ville de Sousse ont été, la cible, mardi après-midi, d'actes de vandalisme et de pillage commis par un groupe de personnes armées de couteaux et de massues.

 

Les agresseurs ont, également, attaqués les dépôts du port commercial de Sousse et les commerces avoisinants, ce qui a nécessité l'intervention des forces de la sécurité et de l'armée nationale qui ont rapidement pris le contrôle de la situation et arrêté plusieurs malfaiteurs.

 

Le nouveau gouverneur, M. Khémais Argoubi a été contraint de quitter le siège du gouvernorat, sous la pression d'un grand nombre de citoyens rassemblés pour revendiquer son départ, en raison de son appartenance au RCD.

 

Les manifestants ont scandé des slogans réclamant la rupture totale avec les symboles de l'ancien régime et la nomination d'un autre gouverneur neutre et compétent.

 

D'un autre côté, les employés de l'hôtel «El Ksar» à Sousse, ont organisé mardi, un sit in ouvert, réclamant la régularisation de leur situation sociale ainsi que leur droit à la titularisation.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Rétablissement de la situation sécuritaire et reprise des cours au Kef

 

La ville du Kef a connu un retour au calme, dans la nuit de lundi au mardi, après les actes de vandalisme et de pillage qui ont semé la terreur auprès des habitants de la région.

 

Le rythme de vie semble ainsi avoir repris son cours normal, mardi matin, à la faveur du déploiement intensif des forces de l'armée dans toute la ville.

 

La sécurité dans la ville du Kef a été, en effet, consolidée par l'arrivée, lundi soir, de plusieurs unités antiterroristes et d'un important renfort militaire.

 

Des unités mobiles de l'armée nationale ont procédé au ratissage des quartiers, à la poursuite des malfaiteurs.

 

De leurs côtés, les services de la garde nationale ont arrêté un groupe de personnes recherchées.

 

Les cours ont, également, repris dans les différents établissements éducatifs qui ont tous été placés sous surveillance militaire.

 

Les comités locaux continuent, de leurs côtés à garder les résidences et à contrôler les véhicules suspects en vue de prévenir d'éventuelles attaques de groupes armées.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Un groupe de jeunes prennent d'assaut le siège du gouvernorat de l'Ariana

 

Un groupe de jeunes ont pris d'assaut, mardi, le siège du gouvernorat de l'Ariana, profitant du rassemblement d'un grand nombre de citoyens devant le bâtiment et du désordre qui y régnait, ce qui a obligé le gouverneur à demander la protection des locaux et des employés.

 

Les jeunes agitateurs se sont infiltrés dans les rangs des manifestants qui étaient rassemblés devant le gouvernorat pour revendiquer l'amélioration de leurs conditions sociales.

 

Les unités de l'armée nationale sont parvenues à maîtriser les éléments qui tentaient de semer le trouble, à travers des tirs en l'air et en utilisant les hauts parleurs appelant les agitateurs qui ont défoncé la porte principale du gouvernorat à se disperser.



Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Les employés du gouvernorat de Ben Arous protestent

 

Les employés du gouvernorat de Ben Arous ont manifesté, mardi, pour revendiquer la titularisation des ouvriers des chantiers et des contractuels et pour dénoncer certains responsables administratifs impliqués dans des malversations et abus de pouvoir.

 

Le nouveau gouverneur, M. Kamel Charaabi a reçu un groupe de manifestants qui ont formulé un ensemble de revendications socio-professionnelles et politiques.

 

Ils ont fait part de leur disposition à soutenir le gouverneur pour qu'il puisse s'acquitter au mieux de sa nouvelle mission.

 

Le gouverneur a, pour sa part, indiqué qu'il n'épargnera aucun effort pour régulariser la situation de plusieurs employés du gouvernorat et satisfaire les doléances dans la mesures des moyens disponibles.

 

Il a déclaré à la TAP que le dossier de l'emploi figurera au premier rang de ses préoccupations.



Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Amélioration notable de la situation sécuritaire dans la région de Kébili

 

La situation sécuritaire dans la plupart des villes, de la région de Kébili, a connu, mardi, une nette amélioration.

 

La vie a repris son cours normal malgré l'absence des agents de la police et de la garde nationale dans la plupart des zones.

 

C'est l'armée nationale qui s'est chargée du rétablissement de la sécurité dans les villes et de l'organisation de la circulation dans les principaux carrefours.

 

Au cours de la nuit de lundi-mardi, la région n'a pas enregistré d'actes de vandalisme ni de trouble et ce, à la faveur de la collaboration entre l'armée et les comités de quartier qui s'étaient formés pour défendre leurs villes.

 

Par ailleurs, des témoins oculaires ont déclaré, au correspondant régional de la TAP, que quelques établissements éducatifs dans la région ont été, partiellement, endommagés lors des derniers événements survenus dans la région.

 

Les dégâts occasionnés n'ont pas empêché le déroulement normal des cours.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Poursuite des manifestations à Tozeur

 

Des demandeurs d'emploi, diplômés du supérieur, poursuivent leur sit-in pour la septième journée consécutive dans la localité de Tamaghza à Tozeur.

 

Ils se sont rassemblés, mardi, devant le collège de la ville, le siège de la délégation étant fermé depuis près d'une semaine suite aux troubles qui ont eu lieu dans la région.

 

Des citoyens de la zone frontalière Ain Karma de la délégation de Tamaghza se sont, également, manifestés pour protester contre leurs conditions de vie difficiles et l'absence d'un interlocuteur pour lui transmettre leurs doléances, puisqu'ils habitent loin du siège du gouvernorat.

 

Devant le siège du commissariat régional de l'Éducation de Tozeur, un grand nombre de diplômés du supérieur se sont aussi rassemblés pour revendiquer leur droit à l'emploi.

 

Ils ont appelé à un traitement égal lors des recrutements et ont condamné le favoritisme et les pratiques déloyales en matière d'embauche.

 

Dans la délégation de Nafta, des citoyens ont, dans une déclaration au correspondant régional de la TAP, désapprouvé la perturbation enregistrée au niveau des services administratifs fournis, notamment, par la municipalité de la ville en raison de l'absence des employés de l'établissement malgré le rétablissement de l'ordre.

 

Par ailleurs, le siège du comité de coordination du RCD de Tozeur a été incendié lundi soir par un groupe d'inconnus. L'incendie s'est propagé au premier étage du bâtiment qui comporte les bureaux administratifs et des équipements.

 

Les structures du RCD dans les autres délégations de la région n'ont pas subi de dommages.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Sit-in et grève d'une journée des enseignants du secondaire de Sfax

 

Les professeurs de l'enseignement secondaire de Sfax ont observé, mardi, un sit-in d'une heure devant le siège provisoire des deux commissariats régionaux de l'éducation. Ils ont, également, organisé une grève d'une journée.

 

Dans un communiqué publié par le syndicat régional de l'enseignement secondaire, les manifestants protestent contre ce qu'ils qualifient d'«atteinte volontaire» au corps éducatif, porté par le ministre de l'Éducation lors d'un débat télévisé organisé, récemment, avec un groupe d'élèves.

 

Le ministre avait, estiment-ils, mis en cause la représentativité des élèves.

 

Les enseignants se sont indignés du contenu du débat qui a incité certains élèves des lycées Mongi Slim, Habib Thamer, 9 avril, Majida Boulila et autres, à manquer de respect à l'égard de leurs professeurs, allant jusqu'à commettre des agressions verbales et physiques.

 

Les commissaires régionaux ont quitté leurs bureaux suite à ces protestations. M. Abdelwaheb Kamoun, commissaire régional de l'éducation à Sfax 2 a souligné au correspondant régional de la TAP, que cette réaction vient répondre aux revendications des manifestants.

 

Une source du syndicat des professeurs et de l'Union régionale du travail a affirmé que ces deux responsables ont, effectivement, démissionné.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Grève des chauffeurs et receveurs de la Société régionale de transport de Bizerte

 

Les chauffeurs et receveurs de la Société régionale de transport de Bizerte (SRTB) observent, mardi et pour la deuxième journée consécutive, une grève générale, revendiquant des promotions professionnelles, l'ouverture des perspectives, la revalorisation de la rémunération des heures de travail supplémentaires nocturnes, la priorité aux enfants du personnel dans les recrutements et l'organisation du secteur en général.

 

Environ 400 personnes, chauffeurs et receveurs, se sont rassemblés, devant le siège de la direction générale de la société, réclamant la satisfaction de leurs revendications légitimes.

 

Plusieurs agents ont fermé l'accès du dépôt central de la société à Jarzouna et formé un comité de surveillance pour empêcher la sortie des bus.

 

Cette grève a paralysé le trafic du transport public à l'intérieur des villes du gouvernorat et au niveau des lignes suburbaines et interurbaines, à partir de Bizerte.

 

Le parc de la SRTB rénové en grande partie, se compose de 215 bus dont 186 destinés au transport scolaire et universitaire. La société emploie plus de 500 personnes : environ 400 chauffeurs et receveurs, 70 fonctionnaires et 40 contrôleurs.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Accord entre l'UGTT et le Gouvernement tunisien pour la nomination de nouveaux gouverneurs

 

L'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et le gouvernement provisoire ont convenu de la nomination de nouveaux gouverneurs connus pour leur aptitude et leur compétence et n'ayant pas appartenu au Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) ou été impliqués dans des pratiques contraires aux intérêts du peuple.

 

Dans un communiqué qu'elle a publié, mardi après-midi, l'UGTT indique que cet accord est intervenu suite à deux séances de négociations entre le Bureau exécutif de la centrale syndicale et une délégation ministérielle du gouvernement provisoire, au cours desquelles le Bureau exécutif de l'UGTT a mis l'accent sur la nécessité de créer un conseil de protection de la révolution et de la transition démocratique, conformément à une décision de la commission administrative nationale de l'UGTT et des composantes de la société politique et civile.

 

Il a été convenu, également, que toute personne susceptible d'être impliquée dans des pratiques contraires à l'intérêt du peuple, ne siégerait pas dans aucune des trois commissions nationales et de s'ouvrir sur l'ensemble des composantes de la scène nationale.

 

Les deux parties sont convenues, en outre, d'œuvrer pour rétablir la sécurité, en faisant face aux forces anti-révolutionnaires qui tentent de déstabiliser le peuple, d'entraver le fonctionnement normal des établissements éducatifs et d'influencer négativement le climat social. Elles ont, aussi, appelé à se pencher immédiatement et systématiquement sur les problèmes et préoccupations des salariés.

 

Au plan social, les deux parties sont tombés d'accord pour poursuivre l'insertion des employés du secteur de la sous-traitance dans les entreprises bénéficiaires de leurs services, à travers l'engagement de négociations avec l'UGTT et ses structures syndicales et la mise en place de mécanismes appropriés pour entamer immédiatement des négociations au sujet des volets réglementaire et financier, de manière à favoriser la promotion des législations dans le sens du renforcement du travail permanent et de garantir la liberté effective de l'action syndicale dans tous les secteurs sans exception.

 

Elles sont, également, convenues d'améliorer le pouvoir d'achat du citoyen, à la lumière de la hausse excessive des prix et de la détérioration de la situation dans le contexte de la corruption financière et administrative durant de nombreuses années.

 

Les deux séances ont abouti, également, selon le communiqué, à l'approbation de la ratification d'une série de conventions arabes et internationales, fondées sur les principes de la liberté, de la justice et des droits de l'Homme, des principes de la révolution tunisienne.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

11-02-09 - Jeune Afrique -- Le Parlement tunisien confie ses pouvoirs à Fouad Mebazaa

Le Parlement tunisien confie ses pouvoirs à Fouad Mebazaa

09/02/2011 à 16:34 Par Jeune Afrique

Le président par intérim Fouad Mebazaa, peut désormais gouverner par décrets-lois. © Mohamed Hammi

La Chambre tunisienne des conseillers (Sénat) a adopté une loi autorisant le président tunisien par intérim Fouad Mebazaa à gouverner par décrets-lois. La légitimité du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, qui fait face à une "explosion sociale" selon ses propres termes, a été remise en cause par un sénateur au cours de la séance.

L’exécutif tunisien a les coudées franches pour mener la transition vers la démocratie comme bon lui semble. Le président par intérim, Fouad Mebazaa, président de l’Assemblée nationale sous Zine el-Abidine Ben Ali, peut désormais gouverner par décrets-lois.

Mercredi, à l’unanimité, les 86 conseillers (sénateurs) tunisiens présents (sur 126) lui ont confié ce pouvoir en votant une loi, qui avait déjà été adoptée par l’Assemblée nationale.

Dos au mur

Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi (lui aussi en poste sous Ben Ali) les avait exhortés à voter oui « pour permettre au gouvernement de travailler ». Celui-ci est en effet dos au mur. Les Tunisiens perdent patience et en plus des revendications politiques (certains réclament toujours la démission de tous les anciens membres de l’ancien part-État, le Rassemblement constitutionnel démocratique, dont Mohamed Ghannouchi et Fouad Mebazaa), les demandes sociales sont de plus en plus pressantes.

Mardi, entre 400 et 500 personnes ont envahi le gouvernorat au cœur de la capitale pour réclamer du travail et des aides. Mercredi, dans le centre de Tunis, un homme a été blessé par une balle. Des militaires, présents devant un bureau d’aide sociale, tentaient de canaliser des centaines de personnes, dont des handicapés, qui revendiquaient des aides sociales allant de 30 à 150 dinars (15,5 à 78 euros) .

Parlant d’« explosion sociale », Mohamed Ghannouchi a demandé aux Tunisiens d’être plus patients. « Nous sommes soumis à des pressions sociales à cause des revendications du peuple, a-t-il déclaré. Nous les comprenons. Mais il faut prendre en considération le fait que l'État n'est pas encore en capacité pour le moment de répondre à toutes ces demandes. Nous n'avons pas de baguette magique. »

De fait, les mesures sociales ne font pas partie du programme des réformes annoncées par l’exécutif, qui entend se concentrer sur le système politique, afin d’aller aux élections au plus vite. Le délai de six mois, plusieurs fois évoqué par les autorités qui n’ont toutefois pas donné de date précise, est jugé intenable par plusieurs observateurs. Fouad Mebazaa devrait rapidement légiférer sur l'amnistie générale, les textes internationaux relatifs aux droits de l'homme, le code électoral ainsi que l'organisation des partis politiques.

Sur ce dernier point Mohamed Ghannouchi a annoncé la légalisation « dans quelques jours » des formations politiques, interdites sous Ben Ali, qui en ont fait la demande. Le mouvement islamiste Ennahda de Rached Ghannouchi et le Congrès pour la République (CPR, gauche) de Moncef Marzouki ont déjà déposé leur dossier en ce sens.

"Chasse aux sorcières"

Mais la position de Mohamed Ghannouchi, qui avait dirigé le gouvernement de Ben Ali pendant onze ans, est toujours aussi délicate. Déjà demandé par la rue, son départ aussi a été réclamé par le conseiller indépendant Ridha Mallouli pendant la séance. « Vous ne pouvez pas être dans le gouvernement de la révolution, a-t-il lancé. Ne me dites pas que vous n'étiez pas au courant de tout ce qui s'est passé. »

« La chasse aux sorcières est un danger qui menace notre pays », a répliqué le Premier ministre copieusement applaudi par l’hémicycle.

Certains des 24 nouveaux gouverneurs (préfets) nommés la semaine dernière pour remplacer ceux en poste sous Ben Ali, sont déjà très contestés. Parmi eux, 19 étaient des adhérents ou des proches du RCD, qui comptait près de la moitié de la population tunisienne adulte selon les chiffres officiels.

Le nouveau gouverneur de la région de Sousse (sud de Tunis) a été contraint de quitter ses bureaux sous la pression d’une foule en colère. Les fonctionnaires en poste à Monastir et Medenine ont eux aussi été contestés par les manifestants sous leurs fenêtres.

Même le quotidien La Presse de Tunisie, journal d’État verrouillé sous l’ancien régime, ironise : « Le peuple sait lire les CV », écrit-il dans son édition de mardi. (avec AFP)