avenir d'une offensive

 

Chronologie Tunisie

Samedi 18 décembre 2010 

A Sidi Bouzid (40 000 hab.), suite à l’immolation d’un jeune la veille (marchand de rue dont la marchandise a été confisquée par les flics), nouveau rassemblement (un premier a déjà eu lieu la veille au même endroit) de centaines en ce jour de souk hebdomadaire, devant le siège du gouvernorat, qui s’affrontent avec les flics, lacrymos contre jets de pierres, les troubles s’étendent à plusieurs secteurs de la ville, attaques de magasins et saccages des voitures ; 3 flics blessés ; « vague d’arrestations » (dizaines au moins)

Dimanche 19 décembre

A Sidi Bouzid, les affrontements durent la nuit et continuent jusqu’à ce jour, des centaines de « jeunes » manifestants s’affrontent avec les flics, possibles attaques de vitrines de commerces ainsi que de voitures ; ce jour ou la veille, attaque du siège du RCD ; arrivée de renforts policiers (forces de sécurité)

Lundi 20 et mardi 21 décembre

Les affrontements continueraient à Sidi Bouzid (ou plus exactement reprendraient dans la soirée du 20 et jusque dans la matinée du 21) malgré l’important quadrillage policier

Possibles manifestations de soutien à Meknassy, Menzel Bouzaiane et Sidi Ali Ben Aoun (petites villes du gouvernorat de Sidi Bouzid)

Mercredi 22 décembre 2010 

Suicide d’un autre jeune accroché à une ligne électrique lors d’une manifestation à Sidi Bouzid

Jeudi 23 décembre 

Descente d’un ministre à Sidi Bouzid pour appeler au calme et promettre des emplois ;

Radio Kalima mentionne des affrontements entre manifestants et flics à Meknassy (14 000 hab, gouv. de Sidi Bouzid) où l’on s’en prendrait aux locaux de la mairie et du RCD ;

Selon la même source l’émeute à Menzel Bouzaiane (6 000 hab, gouv. de Sidi Bouzid) commencerait ce jour avec l’incendie du bâtiment de la « délégation » (circonscription administrative) ;

Manifestation à Djelma

Vendredi 24 décembre

Affrontements à Menzel Bouzaiane à l’issue d’une « marche massive », 2 000 manifestants, attaque d’une ligne de chemin de fer et incendie d’une locomotive, incendie de quelques voitures de flics ainsi que du siège du RCD et celui des services de sécurité (garde nationale ?), fuite des forces de sécurité, tirs des flics (déclencheurs de l’émeute apparemment), 1 mort, 10 à 30 blessés ; renforts de flics dépêchés de Sidi Bouzid ;

« Manifestation » réprimée, arrestations et couvre-feu à Meknassy

Rassemblements à l’appel de l’UGTT à Sfax, Kairouan et Sousse ; autres rassemblements en signe de solidarité devant les sièges locaux de l’UGTT à Bizerte et Tunis

Samedi 25 décembre

Au cours de la nuit, affrontements à la suite de manifestations dans les localités de :

Regueb (7 800 hab, 37 km au sud-est de Sidi Bouzid) : 2 000 contre les flics durant 6 heures, « dégâts matériels importants »), Meknassy et Souk Jedid (19 000 hab, 15 km au sud de Sidi Bouzid) dispersion de la manif par des tirs de sommation de la garde nationale, siège du poste de la garde par les manifestants et incendie de la sous-préfecture ;

Premières manifestations dites de chômeurs à Tunis

Dimanche 26 décembre

Dans la nuit de ce jour au lendemain, affrontements à Kairouan (150 000 hab) entre protestataires et flics anti-émeute, des blessés (une seule source : Al Ahram) ; au même moment, répression à balles réelles d’un rassemblement à Mezouna (6 000 hab, près de Sidi Bouzid), riposte avec barricades et jets de pierres (un seul article : Radio Kalima) ; possibles affrontements à Al Itizaz (?) (un seul article : Radio Kalima) ; possible reprise des affrontements à Sidi Bouzid

Signalée durant les derniers jours, opération de répression avec pillage, fouille et saccage de maisons et commerces par flics et milices du RCD

Manifestations et sit-in de solidarité à Gafsa, Sousse, Ben Gardanne et peut-être Sfax, Kairouan, Siliana, Tunis, Kasserine

Lundi 27 décembre

Devant le siège de l’UGTT à Tunis, rassemblement de solidarité durant 3 heures de plusieurs centaines à l’appel des syndicats qui auraient également appelé à la grève dans certains secteurs pour ce jour (non suivie ?), apparemment dispersé à coups de matraque ; Rassemblement d’avocats à Sidi Bouzid ;

Mardi 28 décembre

Les autorités suspendent quatre responsables à Sidi Bouzid dont le gouverneur ;

Manif d’avocats réprimée à Tunis ;

Premier discours télévisé de Ben Ali (avec sa photographie au chevet du jeune immolé) : appelle au calme, promet des mesures pour l’emploi dans les régions de l’intérieur du pays, dénonce une « minorité d’extrémistes et de mercenaires », assure de la fermeté du maintien de l’ordre, s’en prend à Al Jazira

Mercredi 29 décembre

Remaniement ministériel partiel, Ben Ali vire surtout le ministre de la communication et annonce un « programme d’urgence pour l’emploi des diplômés »

Jeudi 30 décembre

Mort d’un des blessés du 24 décembre lors de la répression de l’émeute à Menzel Bouzaiane ; 3 gouverneurs seraient mutés ce jour (Sidi Bouzid, Jendouba, Zaghouan)

Dispersion et répression de manifestations à Monastir (avocats), Sbikha (gouv. de Kairouan), Djelma (gouv. de Sidi Bouzid) et Chebba (côte) ; autres manifestations rassemblant souvent syndicalistes ou avocats à Makthar, Siliana, Jbeniana et Sousse

Rassemblement de syndicalistes dans le gouvernorat de Sidi Bouzid en préparation d’une grève générale pour le 12 janvier, revendications : libération des détenus de la protestation, levée du siège des villes de la région, enquête sur les responsables de la répression

Émission spéciale consacrée à la protestation sur la chaîne de télévision privée Nessma TV (soupape suite aux protestations journalistiques contre le black out médiatique imposé par l’État)

Vendredi 31 décembre

Manifestation d’avocats réprimée à Tunis

Manifestation réprimée et possibles affrontements à Jbeniana (près de Sfax)

Samedi 1er et dimanche 2 janvier

Attaque de sites gouvernementaux par des activistes du net en réponse au blocage de plusieurs sites (Wikileaks, Youtube…) par le pouvoir

Lundi 3 janvier 2011

Affrontements à Thala (gouv. de Kasserine, 14 000 hab.) entre manifestants (250, dont surtout des lycéens, en ce jour de rentrée scolaire après les « vacances d’hiver ») et flics, incendie du siège du RCD ; motif de la manifestation : solidarité avec Sidi Bouzid

Possibles manifestations étudiantes dans plusieurs régions, et possibles rassemblements à Hammamet et Kasserine

Mardi 4 janvier

Poursuite des affrontements à Thala, renforts de flics venus des régions environnantes, plusieurs blessés transférés à l’hôpital de Kasserine, « nombreuses » arrestations

Manifestations lycéenne et d’avocats à Tunis

Mort de Mohamed Bouazizi, le jeune immolé de Sidi Bouzid

Mercredi 5 janvier

A Sidi Bouzid, funérailles de Mohamed Bouazizi, 5 000 y participent ;

Dans la soirée et la nuit, probable reprise des affrontements dans plusieurs quartiers de Thala entre manifestants et police anti-émeute pourtant très nombreuse (BOP, équivalents des CRS)

Jeudi 6 janvier

Possibles « violences » à Sidi Bouzid (peu de précisions, seule évocation dans JDD du 9 janvier) ;

Possibles affrontements nocturnes à Thala (les saccages et incendies de bâtiments officiels pourraient commencer ce jour)

Grève nationale des avocats pour protester contre la répression de leur manifestation du 31 décembre ;

Nouvelle immolation à Metlaoui (région de Gafsa), Libération parle d’une immolation à Kasserine : Hassan Jerbi

Vendredi 7 janvier

À Saïda (dans la région de Sidi Bouzid, près de Regueb), manifestation de lycéens rejoints par des habitants, affrontements, caillassage d’un poste de sécurité, tirs des forces de sécurité, plusieurs blessés ;

Émeute à Thala : attaque et incendie de bâtiments officiels et d’une banque ;

Des blessés par balles lors de « heurts » à Regueb

Manifestation d’écoliers et de lycéens à Kasserine (chef-lieu du gouvernorat ; 76 000 hab), rejoints par des habitants, puis affrontements dans la soirée consécutifs apparemment à la mort de l’immolé de la veille et à l’arrivée des blessés de Thala à l’hôpital de la ville, les forces spéciales seraient dépêchées dans la ville (avec snipers notamment, associés aux brigades anti-émeutes) ; dans la cité Ennour, incendie de la municipalité, de deux sièges du RCD et d’un poste de police

Samedi 8 janvier

Kasserine, enterrement de l’immolé mort la veille, probables tirs policiers sur le cortège, affrontements dans plusieurs quartiers, cocktails molotov et pierres vs balles réelles, probables attaques de bâtiments officiels, forte répression (4 à 22 morts suivant les sources, étatiques ou d’opposition) ;

Dans la soirée et la nuit, affrontements entre manifestants et flics à Thala où l’armée s’est déployée, assaut des émeutiers contre la délégation (sous-préfecture), 4 à 16 morts parmi les assaillants, des flics blessés ;

Et Regueb, affrontements, plusieurs morts (8 d’après radio Kalima)

D’autres tentatives de suicides et d’immolation signalées comme déclencheurs des faits négatifs (un marchand ambulant de 50 ans s’immole à Sidi Bouzid ce jour, Metlaoui enterre le jeune immolé ce jour)

A Tunis, rassemblement public de l’UGTT au cours duquel la centrale syndicale apporte son soutien aux « revendications » des manifestants de Sidi Bouzid et d’ailleurs, centaines de participants

Dimanche 9 janvier

Poursuite des affrontements à Thala et Kasserine, entre 35 et 50 morts sur les deux jours (avec de nouveaux tirs policiers sur les cortèges funèbres) ; une trentaine de flics blessés ; mention d’affrontements et de nouveaux morts dans les localités de Fériana (24 000 hab, gouv. de Kasserine) et Meknassy également (un seul article : Radio Kalima) ;

« Echauffourées » dans la nuit du 9 au 10 dans les localités de Jendouba (44 000 hab, gouv. De Jendouba), où l’on détruit les locaux du RCD, Bouarada (12 000 hab, gouv. de Siliana), Chebba (20 000 hab., gouv. de Mahdia), Le Kef (45 000 hab, gouv. du Kef)

Premiers incidents signalés dans les villes côtières (Bizerte et Sousse)

Lundi 10 janvier

Au moins quatre nouveaux tués à Kasserine ce lundi où les funérailles des tués du week-end donnent lieu à des affrontements, nouvelle répression à balles réelles (d’après Libération, ce serait la journée la plus meurtrière à Kasserine), les forces anti-émeutes quitteraient la ville à la fin de la journée et seraient remplacées par l’armée, mention de pillages et de saccages de commerces avant ou à l’issue de la « libération » de la ville (attribués par certaines sources à des policiers en civil) ;

Les « affrontements » continuent également à Regueb et Thala ; déploiement de nouvelles unités anti-émeutes ( ?) ; à Regueb, 3 000 manifestent en l’honneur des tués du week-end, dispersion par les flics avec au moins des balles en caoutchouc, interposition de l’armée ; même méthode policière à Thala pour disperser la protestation contre les « arrestations massives » et les « perquisitions » ; pas de détails sur les « affrontements »

Le gouvernement ferme les universités et les écoles dans tout le pays après qu’une manifestation de lycéens et d’étudiants a été dispersée par les flics ce jour à Tunis, aux alentours d’une université ; Une manif « d’opposants » est également tuée dans l’œuf dans le centre de Tunis ; tentatives d’autres rassemblements dans d’autres quartiers de la capitale, grosse présence policière

Possibles manifestations dans les villes côtières de Sfax, Sousse et Nabeul ; possibles manifestations et d’affrontements au Kef, à Redeyef, Kairouan, Fériana ; « violentes manifestations » à Bizerte

Nouveau discours télévisé de Ben Ali qui s’engage à créer des centaines de milliers d’emplois et dénonce les « terroristes encagoulés » derrière les émeutes ; manifestations dispersées au Kef et à Gafsa après le discours

Mardi 11 janvier

Nouveau cas de suicide en public près de Sidi Bouzid

L’armée remplacerait les forces spéciales à Kasserine, pillage du magasin général parfois attribué à des miliciens ou policiers en civil

Appel lancé sur Internet à manifester dans le centre de la capitale, mais dispersion et dissuasion rapides et systématiques des rassemblements par le maillage policier

Grève générale à Kairouan et Tozeur ? (ou le lendemain ? A l’appel de l’UGTT en réaction à l’allocution de Ben Ali ?)

Au cours de la soirée, affrontements dans la banlieue ouest de Tunis, dans plusieurs quartiers de la Cité Ettadhamen (« plus pauvre et plus peuplée » banlieue de Tunis, 120 000 hab.), saccage de commerces et d’une banque, barrage d’une route (durée de 2 h) ; incendie du poste de police de la Cité 105, riposte des flics à balles réelles ; des incendies de commerces sont attribués aux flics ; Jeune Afrique est le seul média à parler d’une extension des affrontements à d’autres banlieues ou communes du gouvernorat de Tunis : Le Kram, La Manouba, Carthage (douteux, mais vidéos qui confirment pour le Kram et La Manouba)

Egalement dans la soirée, à Douz (27 000 hab, gouv. de Kebili, dans le sud), manifestation, puis attaques de « jeunes » contre la « sous-préfecture », le siège du RCD et le poste de police

Mercredi 12 janvier

1 à 2 nouveaux morts à Thala (balles réelles) puis départ de la police, « ville libérée », poursuite de l'auto-organisation ;

2 à 4 morts à Douz lors d’un nouveau rassemblement cette fois réprimé à balles réelles par les flics ; ces derniers se réfugient dans le siège de la sous-préfecture encerclée par une foule en colère après les tirs, l’armée s’interpose

1 tué par des tirs policiers à Hammamet

Affrontements signalés à Kebili (sud, 19 000 hab.), Gabès (côte sud, 116 000 hab) et Sfax (répression à balles réelles, peut-être 6 tués dans les deux premières ; un mort et plusieurs blessés à Sfax à l’issue d’une manifestation de 40 000 à 50 000 personnes au cours en cette journée de grève générale lancée par l’UGTT) ; grève générale également à Sousse, Tozeur et Kairouan

Reprise des affrontements à Ettadhamen  ; déploiement de l’armée dans la capitale et Ettadhamen

Manifestation dispersée dans le centre de Tunis, 2 heures après les annonces faites par Ghannouchi (voir ci-dessous), affrontements entre centaines de « jeunes » et flics, tirs de lacrymos, « nombreux blessés »

Instauration d’un couvre-feu nocturne à Tunis et dans sa périphérie ; limogeage du ministre de l’intérieur et libération de tous les arrêtés du mouvement « à l'exception de ceux qui sont impliqués dans des actes de vandalisme » (tout cela annoncé par le PM M. Ghannouchi) ; le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Ammar, serait également limogé et assigné à résidence (version des faits démentie ultérieurement) pour avoir refusé de faire tirer sur les émeutiers et « exprimé des réserves » sur l’usage excessif de la force ; des proches de Ben Ali quitteraient le pays, ses trois filles et son gendre notamment (Sakher El Materi) ; arrestation du chef du PC tunisien ;

Dans la nuit, les affrontements se poursuivent dans les quartiers de la Cité Ettadhamen, plus précisément à Ettadhamen et Intilaka, attaques de bâtiments publics, partiellement incendiés, attaques contre des commerces, tirs policiers ; ils se propagent également à la banlieue nord, dans la commune du Kram ; jeunes dans la rue à Hammam Lif (banlieue sud) ; « dégâts considérables », 8 morts au total

Dans la nuit, possibles pillages de commerces à Menzel Bourguiba et Bizerte (1 seul article)

Jeudi 13 janvier

Dans la matinée, une organisation des droits de l’homme donne le bilan de 66 morts depuis le début du mouvement

L’armée, ce jour, quitterait complètement le centre-ville de Tunis pour laisser le maintien de l’ordre aux forces de sécurité (« unités spéciales ») encore fidèles à Ben Ali

Pillages et saccages à travers le pays :

Hammamet (station balnéaire), à l’occasion de l’enterrement du tué de la veille, manifestation, puis émeute, destructions d’un poste de police, d’un siège du RCD, de résidences de proches du pouvoir, pillage de magasins, nombreux barrages dans les rues ; Gafsa (sud-ouest), pillages contre des magasins dont un Carrefour ; Nabeul (nord-est), pillages ; Gabès (sud-est), pillages ; Bizerte (nord-est), attaques d’un Monoprix, d’une banque, d’un bijoutier, plus de policiers dans la ville, constitution de groupes d’autodéfense ; Sfax, pillages par des milliers, Sousse (côte), possibles attaques de supermarchés et de la principale banque ; L’Ariana (banlieue nord de Tunis), incendie de la fourrière non réprimée par l’armée présente sur place, puis « vandalisme et pillage » ;Tunis (où ?), attaque de banques et de supermarchés « appartenant » aux Trabelsi ; en règle générale les pillages ciblent les enseignes appartenant à la famille Trabelsi où auxquelles elle est associée (Carrefour, Casino), mais pas seulement

Probables poursuites des affrontements dans la Cité Ettadhamen, saccage d’un poste de police au moins

Manifestation dans le centre de Tunis, près de l’avenue Bourguiba, « centaines de jeunes », « échaffourées », lacrymos puis tirs policiers, 1 à 2 morts

En fin d’après-midi, confirmation par Al-Jazira du supposé limogeage de deux conseillers de Ben Ali (peu sûr)

Dans la soirée, discours télévisé et promesses de Ben Ali : de ne pas se représenter en 2014, de déverrouiller Internet (ce qui est fait dans la soirée), que la police ne tirera plus sur les manifestants, de baisser les prix des produits de première nécessité, de mettre en place des commissions pour démocratiser le pays ;

Au moment de son discours, 2 tués par des tirs policiers lors d’affrontements à l’issue d’une manifestation à Kairouan où tous les sièges du pouvoir sont pillés et incendiés (au moins 3 postes de police, une « municipalité », une permanence du RCD), pillages de commerces

Malgré le couvre-feu, scènes de liesse dans le centre de Tunis (des « dizaines » aux cris de « Ben Ali, Ben Ali »), et dans les banlieues de Carthage et Sidi Bou Saïd, à l’issue du discours de Ben Ali, « milliers » dans les rues, klaxons et youyous, plutôt pro-Ben Ali donc ; affrontements dans la Cité El Ghazala (banlieue nord de Tunis) et ailleurs, dont Le Kram probablement (13 à 15 morts en tout pour Tunis et sa banlieue)

Dans la nuit, probable émeute (1 seul article, Nawaat) à Gabès, peut-être une dizaine de tués, à prendre avec des pincettes (manip ?), « Dans la nuit d’hier (du 13 au 14 janvier), deux commissariats ont été brulés, ainsi que deux palais de justice, la recette des finances, la douane, le siège du rcd (parti politique au pouvoir »

Vendredi 14 janvier

Dans la matinée, présence policière apparemment allégée dans la capitale (absence des forces de sécurité largement déployées les jours précédents), réouverture des commerces, reprise de la circulation automobile

Grève générale et grande manifestation dès le milieu de la matinée et durant plusieurs heures dans le centre de Tunis, répression à la matraque et la lacrymo, affrontements devant le ministère de l’intérieur en milieu d’après-midi alors que la police n’a pu contenir la foule et l’empêchait d’avancer jusque devant le bâtiment, des centaines voire milliers de jeunes furieux de la mort d’un des leurs la veille ont alors rejoint le rassemblement, renforts policiers, chaises et parasols de bar vs nombreux tirs de lacrymos ; déploiement des blindés de l’armée, course-poursuite entre flics et manifestants dans les rues alentours

En province, manif de milliers à : Regueb, où se tient un sit-in pour la cinquième journée consécutive avec campement ; Kairouan, Gafsa, Sidi Bouzid, Sfax, Mahdia, Monastir, Sousse, Bizerte…

En milieu d’après-midi, dans la banlieue chic de Gammarth (nord-est de Tunis), des centaines « d’émeutiers » adolescents attaquent et pillent des résidences qui appartiendraient pour la majorité à la famille Trabelsi

16 h 15 : annonce du limogeage du gouvernement (dont Ghannouchi qui l’annonce) et de la tenue de législatives anticipées

17 h : alors que les affrontements continuent à Tunis, déclaration de l’état d’urgence dans tout le pays, interdiction des rassemblements, autorisation donnée à l’armée et à la police de tirer sur tout suspect qui n’obtempérerait pas

17 h 30 : fermeture de l’espace aérien, l’armée prend le contrôle de l’aéroport de Tunis

17 h 40 : libération d’Hamma Hammami (PC)

Flics en difficulté à Tunis, qui tirent à balles réelles ; possible manifestation aux abords du palais présidentiel à Carthage

18h30 (annonce) Ben Ali quitte le pays pour l’Arabie Saoudite, intérim assuré par le PM Ghannouchi annoncé par lui-même à la TV quelques minutes après ; l’état d’urgence reste en vigueur

Dans la soirée, tirs d’armes automatiques dans la capitale, pas de détails ; rues de la capitale quasiment vides, pas de scènes de liesse, la répression policière paraît encore violente, ratissage des manifestants jusque dans les habitations, des hommes de la « pègre » accompagneraient les flics ; premières constitutions de groupes d’autodéfense dans certains quartiers de Tunis (les plus pauvres apparemment où des groupes armés de couteaux attaqueraient des domiciles)

Annonce dans la soirée de l’arrestation de plusieurs membres de la famille de Ben Ali

Dans la nuit, pillages, saccages et incendies dans plusieurs quartiers ; incendie de la gare de Tunis; pillages et incendies de maisons dans le quartier chic de La Marsa, dont celles des Trabelsi, ainsi que de commerces (supermarchés, stations-services, boutiques), présence de l’armée « qui paraît débordée », patrouilles d’hélicoptères, possibles tirs contre les pillards qui pourraient bien être les tirs entendus par des habitants et relayés sans précision par les journalistes ; « nuit de saccages et de pillages »

Une partie du désordre est attribué aux « loyalistes », « milices », notamment des attaques d’hôpitaux et de gares, à Sousse par exemple

« L’opposition » parle de 17 nouveaux morts pour cette journée à Tunis et sa banlieue

Samedi 15 janvier

Bilan officiel à ce jour : 66 à 80 tués

Alors que des manifestations contre Mohammed Ghannouchi se déroulent dans plusieurs villes de province, et que ce dernier condamne les pillages sur Al Jazira, le conseil constitutionnel nomme Foued Mebezza, le président de la Chambre des députés, chef de l’État par intérim jusqu’aux élections législatives prévues sous 60 jours (6 mois dans d’autres articles)

Centre-ville de Tunis bouclé par la police, fusillade entre militaires et hommes armés non identifiés devant le ministère de l’intérieur

Poursuite des pillages et saccages dans plusieurs quartiers, dans la banlieue chic de Tunis notamment (La Marsa surtout), des propriétés des Trabelsi mais aussi d’autres maisons (mention de « bandes armées », mais pas seulement), ainsi que des supermarchés et autres commerces, pillages également dans l’Ariana (nord de Tunis)

Poursuite de la formation de comités d’autodéfense du fait de l’absence de police dans les quartiers : deux types de pillage

Dans plusieurs localités de province, des prisons sont attaquées ou sont le théâtre de mutineries : Kasserine qui est prise d’assaut par la population et où les détenus se soulèvent (l’armée qui s’interpose fera ouvrir les portes), attaques armés de la prison à Mornagia, idem à Fejja, attaque de la prison à Mahdia (5 morts) ; 42 morts dans l’incendie de celle de Monastir où a éclaté une mutinerie ; par ailleurs des prisons pourraient aussi avoir été ouverte par le pouvoir défait (rumeurs ?) ; Al Jazira parle de 1 000 évadés à l’occasion de ces troubles - qui pourraient bien être les seuls évadés de Mahdia - une semaine plus tard, le chiffre passera à 9 500

Toujours en province, des manifestations contre Ghannouchi ont lieu en dépit de l’état d’urgence

Dans la soirée à Tunis, des hommes encagoulés et armés circulant en voiture tirent sur des habitations, bâtiments et attroupements (ex-forces de sécurité ?) ; autres « exactions contre la population » un peu partout depuis la veille, incendies de bâtiments ; à la télévision nationale, l’UGTT appelle dans la soirée à la création de comités de vigiles pour se défendre contre de telles attaques

Diminution des pillages et « exactions » au fil de la nuit

Dimanche 16 janvier

L’information parle d’un début de pénurie de nourriture dans la capitale du fait des pillages des dépôts les jours précédents et de la restriction de la circulation, centre-ville quasi-désert, déploiement de l’armée devant tous les lieux stratégiques et sensibles dont le siège du RCD, léger allègement du couvre-feu

L’UGTT met ses structures au service des comités de vigilance qui sont désormais présents dans la plupart des quartiers (rondes, barricades, armes de fortune) dans la capitale comme en province ; présence de comités de quartiers en amont. Collaboration avec l’armée à laquelle sont livrés les suspects arrêtés

Un neveu de Ben Ali est arrêté dans la nuit alors qu’il participait à des virées armées en province ;

Fin d’après-midi à Carthage : fusillades entre milices loyalistes (éléments de la garde présidentielle) et armée ; les militaires prennent d’assaut le palais présidentiel refuge des premiers, 2 morts; autres fusillades plus tôt dans la journée aux abords du ministère de l’intérieur et devant le siège d’un parti « d’opposition »

Dans la soirée, Ghannouchi annonce l’arrestation d’un grand nombre de « bandes criminelles », importante présence militaire dans la capitale, check-points

Lundi 17 janvier

Matin : manifestations de centaines dans le centre de Tunis (dispersion « prudente » à la lacrymo et canon à eau), à Sidi Bouzid et Regueb : exigence de la dissolution du RCD notamment ;

Poursuite des fusillades entre l’armée et des « snipers » dans certains quartiers

Annonce du nouveau gouvernement, « provisoire », « d’union nationale », avec 6 ou 8 membres de l’ancien à des postes clés (dénoncé par l’opposant Marzouki qui a annoncé plus tôt sa candidature à la présidentielle, et officieusement par l’UGTT qui dira le lendemain ne pas reconnaitre « le nouveau cabinet ») ; suppression du ministère de l’information ; annonces d’élections générales « à brève échéance », de la libération des prisonniers politiques, de la légalisation des partis politiques et de la liberté de la presse

Mardi 18 janvier

Matin 

Appels à manifester contre la formation du gouvernement lancés sur Internet

Manifestations contre le gouvernement, plusieurs centaines voire 1 millier à Tunis, plus violemment dispersés que la veille, et en province : Sfax (5 000) ; Tataouine et Sousse où les locaux RCD sont pris d’assaut et occupés, milliers à Sidi Bouzid ; 1 000 à Regueb ; 500 plutôt syndicalistes et avocats à Kasserine ; Monastir ; Bizerte ; Médenine

Les trois ministres émanant de l’UGTT démissionnent du gouvernement, les députés de l’UGTT au parlement et à la chambre des conseillers démissionnent également plus tard (quand ?) démission d’un ministre issu de l’opposition (ou suspension de sa participation au gouvernement)

Après-midi

Président, PM et tous les ministres y appartenant démissionnent du RCD (peut-être seulement le 20 pour les ministres) dont est radié Ben Ali et qui dissout son bureau politique ;

Retour de Moncef Marzouki dans le pays

Mercredi 19 janvier

Manifestations contre le gouvernement de transition à Tunis (400 à un millier), Sidi Bouzid, Regueb, Ben Guedane, Kasserine et dans « d’autres régions

Plusieurs cas de limogeages de patrons benalistes par leurs employés (Libé du 22, Monde du 21) »

Allégement du couvre-feu mais maintien de l’état d’urgence

Jeudi 20 janvier

Manifestation de 1 000 à 2 000 commencée dès la matinée à Tunis pour la démission du gouvernement et contre le RCD, les manifestants atteignent pour la première fois le ministère de l’intérieur, malgré les tirs de sommation de l’armée, puis le siège du RCD dont l’enseigne est déboulonnée ; espèce de communion avec l’armée d’après journalistes, après la prise de parole d’un colonel, police « à l’écart »

Autres rassemblements dans plusieurs villes du pays, Gafsa (3 000 à 4 000), Le Kef

Démission d’un ministre issu de l’ancien gouvernement

Annonces du gouvernement : trois jours de deuil national en « mémoire des victimes des événements récents », amnistie générale pour tous les « prisonniers politiques », mise en place de commissions d’enquête sur la réforme politique, la corruption, la répression ; et arrestations de 33 membres de la famille Ben Ali

Vendredi 21 janvier

Manifestation à Tunis sur la place de la Kasbah, où se trouve notamment les bureaux du premier ministre, rejointe par des policiers (500 à 2 000 devant les locaux de Ghannouchi criant à sa démission), flics qui demandent pardon et seraient ovationnés par la foule, un ministre pris à parti et conspué ; manifs dans des villes de province avec flics également

Poursuite des protestations dans les entreprises des employés contre leur direction RCDistes

L’UGTT demande la dissolution du gouvernement et la formation d’un cabinet sans ministre de l’ancien régime

Ghannouchi assure qu’il quittera la vie politique après la période de transition

Samedi 22 janvier

Début d’une marche de centaines (300 au départ, 800 dans la soirée, voire 2 500 d’après un participant) sur Tunis au départ de Menzel Bouzaïane (« Caravane de la libération ») ; participants plutôt jeunes mais encadrés par syndicalistes et défenseurs des droits de l’homme (ou plus probablement rejointe par ces derniers), but : faire tomber le gouvernement, marche au début puis transports

Nouvelle manif de plusieurs centaines à plusieurs milliers à Tunis, avec peut-être 2 000 flics et membres de la garde nationale qui bloquent un instant la voiture du président devant le siège du gouvernement (deux manifs distinctes ? flics d’un côté réclamant notamment un syndicat, et 1500 m sur la place de la Kasbah) ; les manifestants s’en prendraient aux barrières devant le bâtiment, flics anti-émeute à la peine

Manif d’une centaine de flics à Sidi Bouzid

Dimanche 23 janvier

A Tunis toute la journée, manifestation de milliers (peut-être 3 000) devant le palais du premier ministre, menée par les centaines de la Caravane de la Libération aux cris de « le peuple vient faire tomber le gouvernement »

Lundi 24 janvier

Autour du palais de la Kasbah, manifestation de 3 000 à 5 000 dont les centaines de la Caravane de la Libération qui ont passé pour certains la nuit sur la place, pour exiger la démission du gouvernement, brèves échauffourées : pierres vs lacrymos, saccage d’une voiture de flics, interposition de l’armée

Prise de parole du général Ammar devant les manifestants pour assurer que l’armée « se porte garante » de la révolution, et pour demander surtout la levée du siège des bureaux du premier ministre

Autres manifestations dans la capitale, dont une avenue Bourguiba

Grève nationale et illimitée des enseignants pour la même revendication (démission du gouvernement), très suivie

Poursuite des annonces d’arrestations de cadres benalistes et de membres de la famille Trabelsi ; annonce gouvernementale d’un remaniement ministériel à venir

Mardi 25 janvier

Maintien de la présence de milliers devant le siège du PM (campements au mépris du couvre-feu toujours en place)

Des centaines de jeunes dispersent une manifestation pro-gouvernementale à Tunis ; le récupérateur Marzouki est insulté et pourchassé par les manifestants

« Incidents » à Monastir, Sousse et Gafsa (attaques de sièges syndicaux par des miliciens et hommes « d’ancien régime » ?)

Le syndicat des enseignants appelle à la fin de la grève ; à Sfax, l’UGTT appelle à la grève générale pour le 26

Mercredi 26 janvier

Dans la matinée, jets de pierres contre lacrymos sur la place tenue par les manifestants ; sécurité renforcée autour des bâtiments (barbelés), fermeture policière des principaux accès à la place empêchant le ravitaillement du campement

Grève générale et manifestation de milliers à Sfax

Dans plusieurs villes, l’UGTT dénonce l’attaque de ses sièges par des « miliciens »

Le gouvernement appelle à la reddition les 9 500 évadés des prisons toujours en liberté sur les 11 000 depuis la chute de Ben Ali

Jeudi 27 janvier

Après une 4ème nuit à enfreindre le couvre-feu et malgré la pluie, les manifestants protestent devant les bureaux du PM

Manifestation de milliers et grève générale à Sidi Bouzid à l’appel de l’UGTT

Annonce du nouveau gouvernement, sans les 7 ministres Ben Ali, mais avec Ghannouchi (toléré par l’UGTT dont le rôle dans les négociations aurait été important)

Vendredi 28 janvier

Evacuation policière de la place de la Kasbah, affrontements qui se poursuivent dans les rues alentour (flics alors aidés par des commerçants), peut-être 1 mort (1 seule source), quinzaine de blessés

A la suite de ces jours de protestation devant son siège, Ghannouchi déplacerait ses bureaux au palais présidentiel de Carthage

Dans la soirée à Tajerouine (nord-ouest) : 200 « jeunes manifestants » incendient le « siège de la sécurité intérieure » et se battent avec flics et militaires, tentative d’attaques de commerces également

Samedi 29 janvier

A Tunis, important dispositif de milliers de policiers autour de l’avenue Bourguiba et de la place de la Kasbah ; manifestation de « lycéens et d’étudiants » sur l’avenue dans la matinée pour « dénoncer la répression » ; plus tard manifestation au même endroit et pour le même motif d’une coalition de partis de gauche ; dans l’après-midi, toujours sur l’avenue, manifestation de femmes à l’appel d’une organisation féministe ; possibles « incidents » dans la soirée, intervention policière, mention de tabassages policiers dans la journée

Dimanche 30 janvier

Retour au pays de Rached Ghanouchi, leader d’Ennahdha

Lundi 31 janvier

A Tunis, dispersion brutale de centaines de jeunes manifestants pour exiger d’autres démissions d’hommes de l’ancien régime, notamment les cadres du ministère de l’intérieur, attaque de vitrines en fin de manif ; dans la soirée, 2 000 à 3 000 « personnes » prennent d’assaut le ministère de l’intérieur pillé et saccagé, réchappé in extremis, le ministre de l’intérieur dénonce un « complot de l’Etat » !

A Kasserine, plusieurs centaines saccagent et pillent la sous-préfecture et la maison du sous-préfet, ainsi qu’un lycée et un local associatif, autres cibles possibles : les locaux de l'institut supérieur des études technologiques et l'office de l'élevage du cheptel ; l’UGTT locale accuse d’anciens du RCD et des jeunes payés ; les militaires n’interviennent pas ; autres actes du même type signalés à Mahdia et Sfax

Mardi 1er février

Nouveau bilan de l’insurrection : 219 M, 510 b

Mercredi 2 février

Nomination des 24 nouveaux gouverneurs

Vendredi 4 février

A Sidi Bouzid, protestation de plusieurs centaines après la mort de deux personnes dans le commissariat, incendies de 3 voitures de flics

Samedi 5 février

Le Kef : Manifestation de centaines (voire mille) pour réclamer le départ du chef de la police locale, affrontements, incendie du poste de police, tirs des flics, 2 à 4 morts ; tentative ce jour ou le lendemain d’une attaque de la prison (mis mensongèrement sur le compte du RCD comme les autres troubles)

Kebili : affrontements entre flics et jeunes qui tenteraient de prendre d’assaut et d’incendier des postes de la garde nationale ainsi que la résidence du nouveau gouverneur dont la nomination avait donné lieu à des sit-in, 1 mort tué par une bombe lacrymo en pleine tête

Dimanche 6 février

Au Kef, le poste de police est à nouveau en feu (plus de 40 blessés) ; déploiement de l’armée

A Gafsa, des centaines manifestent contre le nouveau gouverneur le contraignant à la fuite

« Après un grand coup de balai dans la police et le remplacement des gouverneurs des 24 provinces du pays, le gouvernement de transition avait pourtant parié sur une amélioration de la sécurité et annoncé un allègement samedi du couvre-feu en vigueur depuis le 12 janvier. Mais ces derniers jours les habitants de plusieurs villes et des partis politiques ont contesté les nominations de gouverneurs et réclamé un nettoyage en profondeur de toutes les administrations. »

« Durant les derniers incidents dans plusieurs régions, la police était totalement absente, et le rétablissement ainsi que le maintien de l'ordre, par exemple à Kasserine (centre), au Kef (nord-ouest) ou Gafsa (centre sud), a été le fait de l'armée. »

« Suspension » du RCD

Lundi 7 février

Tunis : centaines de manifestants devant l’assemblée pour exiger la dissolution du parlement constitué à 80 % de membres du RCD

En province, poursuite de la contestation des nouveaux gouverneurs, anciens membres du RCD : sit-in et manifestations à Bizerte (intervention de l’armée), Kairouan (coupure d’une route, saccage d’une station-service à proximité du gouvernorat, tirs de sommation de l’armée), Gabès (le gouverneur quitte le gouvernorat sous la protection de l’armée), Kébili, Zaghouan (le nouveau gouverneur quitte son poste), Siliana, Nabeul (le nouveau gouverneur quitte son bureau sous la protection de l’armée), Tozeur, Medenine, Béja (le nouveau gouverneur quitte son poste), Gafsa (nouveau gouverneur exfiltré par l’armée)

Le Kef : retour au calme dans la nuit de ce jour au lendemain, avec un déploiement « intensif » de l’armée

« La sécurité dans la ville du Kef a été, en effet, consolidée par l'arrivée, lundi soir, de plusieurs unités antiterroristes et d'un important renfort militaire. Des unités mobiles de l'armée nationale ont procédé au ratissage des quartiers, à la poursuite des malfaiteurs. De leurs côtés, les services de la garde nationale ont arrêté un groupe de personnes recherchées. Les cours ont, également, repris dans les différents établissements éducatifs qui ont tous été placés sous surveillance militaire. Les comités locaux continuent, de leurs côtés à garder les résidences et à contrôler les véhicules suspects en vue de prévenir d'éventuelles attaques de groupes armées. »

Tozeur : dans la soirée, incendie d’un siège du RCD par un « groupe d’inconnus »

Mardi 8 février

Hichria (près de Sidi Bouzid) : dispersion d’une « marche pacifique » par la garde nationale qui tire en l’air, colère des manifestants, attaque et incendie du siège de la garde nationale, de la maison du chef de poste et du siège de « l’association d’intérêt commun » ; intervention de l’armée pour évacuer le chef de poste ; grève générale dans la foulée

Sousse (ce jour ou le lendemain ?) : face à la contestation, le nouveau gouverneur quitte son poste, un « groupe de personnes armé de couteaux et de massues » vandalisent et pillent plusieurs commerces (dépôts du port commercial et commerces environnants)

Monastir : manifestation contre le nouveau gouverneur

Ariana (banlieue de Tunis) : manifestation devant le gouvernorat, un groupe de « jeunes » prend d’assaut le bâtiment, intervention de l’armée

Accord entre l’UGTT et le gouvernement sur la nomination des nouveaux gouverneurs

Mercredi 9 février

« Après avoir nettoyé la police héritée du président déchu, le gouvernement avait poursuivi mercredi dernier la purge de l'appareil de l'État en remplaçant les 24 gouverneurs provinciaux. Ces nominations ont rapidement été contestées, 19 des personnes choisies étant des adhérents ou des proches du Rassemblement constitutionnel démocratique. »

Mardi 15 février

Levée du couvre-feu, mais prolongation de l’état d’urgence

Vendredi 18 février

Assassinat d’un prêtre par « des extrémistes » dans la région de Manouba

Tunis : manifestation d’islamistes contre la prostitution

Le gouvernement annonce une série de mesures sociales

Dimanche 20 février

Tunis : manifestation de 4 000 à 5 000 pour réclamer la démission du gouvernement de transition au cri de « gouvernement de Ghannouchi dégage », quelques-uns campent sur place

« « Démission du Premier ministre, Assemblée constituante, Indépendance de la justice », « Dissolution du Parlement », « Dissolution des commissions » (l’une des commissions est chargée de la réforme électorale), pouvait-on lire sur des pancartes.

« Ils nous prennent pour des dupes. Tous les membres du Parlement et des conseils de région ont été élus par l’ancien régime, la Constitution a été réformée par l’ancien régime », a déclaré Sami Ben Moumen, médecin de 30 ans. »

Vendredi 25 février

Tunis : mobilisation via Facebook, plus grande manifestation depuis la chute de Ben Ali, 100 000 manifestent devant la Kasbah pour réclamer la démission du gouvernement de transition qui annonce dans la journée la tenue d’élections « au plus tard mi-juillet » ; en fin de journée, tirs de sommation pour disperser les manifestants aux alentours du ministère de l’intérieur dans lequel des centaines d’« irréductibles » tentent à plusieurs reprises de pénétrer, puis course-poursuite durant plusieurs heures entre ceux-ci et militaires et flics anti-émeutes et en civil (affrontements, lacrymos, matraques, possibles tirs à balles réelles), auparavant incendie de quelques parasols et chaises de café sur l’avenue Bourguiba, ensuite incendie de plusieurs véhicules de flics, saccage et incendie d’un monoprix, attaque contre 3 commissariats (brûlés ou saccagés), 88 arrestations

« "Ils (manifestants) étaient nombreux, environ 200 ou plus, à vouloir s'introduire dans le bâtiment, ils ont mis tout d'abord le feu à deux voitures de police garées près du poste. J'avais peur pour ma vie surtout quand ils ont essayé de m'attraper après avoir menacé de me brûler vif", raconte un policier, Saleh, 30 ans, encore sous le choc. "+Allah Akbar, Allah Akbar+, c'est votre jour, nous allons vous tuer bande d'abrutis" nous lançaient ces manifestants alors que "nous étions retranchés dans le bâtiment en attendant des secours", dit-il. Ces "terroristes" ont "mené une action coordonnée", selon un autre policier, "ils nous disaient: +Vous avez été augmentés, vous les soldats de Ben Ali mais vous saurez toujours des minables+".  Deux carcasses de voitures de police et deux motos fument encore à proximité. "J'ai vraiment cru que c'était mon dernier jour, il y avait tellement de haine dans leur regards et leur paroles", ajoute un autre policier, matraque en main. Plus loin encore, alors que résonnent encore des détonations, un Monoprix situé près de l'ambassade de France, saccagé, finit de se consumer. »

Samedi 26 février

Tunis : rassemblement dans la matinée, les flics anti-émeute barrent la route des manifestants, affrontements (« bataille rangée ») durant « plus de 4 heures », jets de pierres contre lacrymos et tirs à balles réelles « de sommation », barricades rudimentaires contre fourgons de police, arrestations « musclées », 3 à 6 morts, 100 arrestations

« Des Tunisiens, pour la plupart âgés de moins de 20 ans, encagoulés ou portant des masques, ont harcelé et nargué les forces de l'ordre depuis 14h 00. Dispersés une première fois devant le ministère de l'Intérieur, les manifestants s'étaient regroupés dans l'avenue Habib-Bourguiba et les rues adjacentes pour attaquer de nouveau les policiers avec des pierres et des barres de fer. Aux cris de «Nous voulons faire tomber le régime», ces jeunes se présentent comme «les lionceaux de la révolution». Ils ont lancé au moins deux attaques contre la police, contraignant cette dernière à se replier vers le ministère de l'Intérieur. D'autres manifestants scandaient : «Les policiers ont réprimé, violé, torturé nos proches et maintenant on augmente leurs salaires.» Auparavant, des policiers des unités anti-émeutes et d'autres en civil, la plupart encagoulés, ont tenté de faire barrage à des manifestants, qui continuaient de leur jeter des pierres à la hauteur de l'avenue de Paris, perpendiculaire à l'avenue centrale Habib Bourguiba. La police avait déjà procédé en début d'après-midi à de nombreuses arrestations musclées et demandé des renforts. »

Dimanche 27 février

Tunis : affrontements entre « jeunes » et flics sur l’avenue Bourguiba, les émeutiers tentent d’avancer vers le ministère de l’intérieur ; bilan officieux du week-end : 6 tués

Kasserine (quel jour ?) : « Tandis qu’à Kasserine, dans le centre du pays, l’armée a tiré à balles réelles dans les jambes de manifestants pour les empêcher d’investir les bâtiments publics et a procédé à de nombreuses arrestations parmi les jeunes de cette ville déshéritée et en ébullition depuis des semaines. »

Ghannouchi démissionne, Béji Caïd Essebsi, octogénaire et ancien ministre de Bourguiba, le remplace

« Le départ de M. Ghannouchi ne semblait pas avoir convaincu les protestataires. "Nous maintenons notre sit-in jusqu'à la formation d'une Assemblée constituante et la reconnaissance du conseil de protection de la révolution", a déclaré lundi le coordinateur du sit-in, Mohamed Fadhel, en référence à un collectif de l'opposition en cours de formation. »

Lundi 28 février

Campement des protestataires, qui se tient depuis le 20, se maintient sur la place de la Kasbah

Démissions de deux ministres (deux anciens du gouvernement sous Ben Ali)

Ben Arous (banlieue sud de Tunis) : ce jour ou la veille, pillage de commerces, 1 tué

Mardi 1er mars

Démissions de deux nouveaux ministres (ceux dits de l’opposition) ? Confirmation pour celui des « réformes économiques et sociales »

Jeudi 3 mars

Ksar Hellal (Sahel, gouvernorat de Monastir) : émeute durant les deux dernières nuits, attaque contre des usines, affrontements entre cités ? 184 blessés

Dans la soirée, discours télévisé du président par intérim, annonce de l’élection d’une assemblée constituante le 24 juillet

 «Place au travail et à l’arrêt des sit-in, y compris à la Kasbah» (le quartier gouvernemental au coeur de Tunis), a réagi Ali Ben Romdhane, le secrétaire général adjoint de la puissante centrale syndicale UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) qui avait largement contribué aux manifestations qui ont fait tomber Ben Ali. «Nous allons travailler avec les autres forces politiques pour aider l’autorité publique à réaliser sa mission. Le programme est clair, il n’y a plus de flou», a-t-il déclaré à l’AFP. «C’est une victoire du peuple et de la révolution», a déclaré à l’AFP Hamma Hammami, chef du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT), tout en émettant des réserves notamment sur le délai «trop court de quatre mois et demi» selon lui pour l’élection de l’ANC. »

« Le président par intérim a exhorté les Tunisiens à «se remettre au travail» au moment où l’économie subit les incidences des troubles ayant émaillé le soulèvement populaire qui a conduit à la fuite de Ben Ali. 

Lundi 7 mars

Annonce de la composition du nouveau gouvernement provisoire (avec 5 nouveaux ministres et aucun sur les 22 n’appartenant à un parti politique) et de la dissolution de la direction de la sûreté de l’Etat

Vendredi 11 mars

Metlaoui (sud) : rumeur de quotas tribaux pris en compte pour l’embauche dans une entreprise de phosphate, « riot », 1 000 manifestants, pour certains armés de fusils de chasse, intervention de l’armée, 2 morts

 

 

Hiver 2011, le commencement d'une époque